Intissar (droite), Yousra (centre) et Soumaya. Les trois filles de Ghannouchi à Tunis au lendemain du premier scrutin libre de l'histoire de la Tunisie. Lionel Bonaventure/AFP
Après les élections de dimanche, premier scrutin libre de l’histoire de la Tunisie, elles ont laissé les photographes les mitrailler. Sur le visage de chacune des trois sœurs, un sourire. Normal. Ennahda, le parti de leur père, Rached Ghannouchi, était déjà donné gagnant.
Intissar, Yousra et Soumaya étaient en première ligne dimanche dernier, après le premier scrutin libre de l'histoire de la Tunisie. Comme un message pour ceux qui voient dans la victoire du parti islamiste de leur père, Ennahda, une menace pour la femme tunisienne…
Intissar, Yousra et Soumaya ont grandi au gré des aléas de la vie de leur père, opposant au régime de l’ancien président Ben Ali. Parmi ces aléas, l’exil en Grande-Bretagne.
Un exil que Soumaya et Intissar ont mis à profit pour étudier.
Dans une enquête publiée en juin dernier, le portail d’informations tunisien Kapitalis rapporte qu’Intissar, 26 ans, a choisi de poursuivre des études de droit à Cambridge et de se spécialiser dans la défense des droits de l’Homme à la London School of Economics (LSE). Entre deux années scolaires, la jeune femme a enchaîné les stages d’étude à la Chambre des Lords, aux Nations-Unis à New York et au Parlement européen à Bruxelles.
La jeune fille est décrite comme une « activiste, parfaitement trilingue, charmante et dynamique ».
Soumaya, quant à elle, s’est spécialisée en philosophie politique à la School of Oriental and African Studies (SOAS), avant d’y travailler en tant que chercheur. Soumaya écrit également régulièrement des tribunes pour le quotidien britannique « The Guardian ».
Des jeunes filles qui ont des choses à dire et les disent.
Devenue porte-parole de son père, Intissar tente de rassurer. « La source d’inspiration de nos valeurs est l’islam », déclare-t-elle à un journaliste de la BBC après l'élection de dimanche dernier. Mais elle s’empresse d’ajouter que la priorité du parti est néanmoins de gérer « les problèmes quotidiens des Tunisiens », « dans le contexte de la culture moderne ». « Nous sommes un parti politique et non un parti religieux, martèle-t-elle. Comme les Chrétiens Démocrates en Allemagne ».
Alors que le journaliste lui demande si une victoire d’Ennahda impliquera que les Tunisiennes soient contraintes de porter le voile, elle répond poliment, mais en laissant entendre que la question est légèrement absurde : « Personne ne sera forcé à faire quoi que ce soit. Elles sont libres de le porter ou non ». Et quand le journaliste lui rapporte les rumeurs selon lesquelles les Tunisiennes pourraient être contraintes de travailler à temps partiel, elle répond : « Non. En fait, l’égalité des sexes sur le lieu de travail, qui implique une égalité des salaires, fait partie de notre programme ».
Sa sœur Soumaya ne dit pas autre chose dans les colonnes du Guardian. Dans un article intitulé « Perceptions of Arab Women have been revolutionised » publié le 11 mars denier, la jeune chercheuse souligne le rôle important joué par les femmes dans les révolutions qui agitent le monde arabe depuis décembre 2010. Pour la chercheuse, les femmes n’ont pas uniquement participé à ces révolutions, elles y ont aussi joué un rôle majeur.
Les révolutions arabes ont par ailleurs, affirme-t-elle, fondamentalement changé la perception que le monde occidental avait des femmes arabes. Une vision, selon elle, d’une femme « faible », « esclave », « contrainte au silence et à l’invisibilité ». « Ce n’est pas le type de femmes qui a émergé de Tunisie et d’Egypte ces dernières semaines », écrit Soumaya.
« Les champs de bataille réels et virtuels ont été des incubateurs pour le leadership féminin. Les femmes arabes ont fait leurs preuves à travers une action continue sur le terrain, et non par des polémiques sans fin derrière des portes closes », poursuit Soumaya, militante au sein d’Ennahda.
Autre stéréotype démantelé : l’association du voile avec la passivité, la soumission et la ségrégation. « Aussi surprenant que cela puisse paraître, de nombreuses militantes arabes ont choisi de porter le hijab. Et pourtant, elles ne sont pas moins sûres d’elles mêmes, actives et charismatiques que leurs sœurs non voilées », souligne la fille du fondateur d’Ennahda.
Et d’ajouter que ces nouvelles meneuses sont un défi à deux préjugés majeurs : « celui, dominant dans les cercles musulmans conservateurs », qui condamne les femmes à la maternité et au confinement, et celui « adopté par les néolibéraux euro-américains, qui considère les femmes arabes et musulmanes, via le prisme du modèle taliban, comme de misérables objets de pitié ».
En ce qui concerne l’avenir de la Tunisie, Soumaya affiche son optimisme. Dans un article publié le 11 janvier dernier dans « The Guardian », elle indique que la Tunisie est le pays le plus propice à un processus de démocratisation, parce que « le peuple tunisien est un peuple homogène, urbain, et hautement qualifié comparé à ses voisins ».
Selon elle, la démocratisation devrait se faire via la formation d’une large coalition regroupant le parti Communiste dirigée par Al Hammami, le Congrès pour la République de Moncef Marzouki et Ennahda.
Soumaya appelle donc de ses vœux à une politique consensuelle en partenariat avec les différentes composantes de la société tunisienne.
Reste à savoir si les valeurs des filles -élevées à l’étranger, bardées de diplômes et engagées pour les droits de l'Homme-, sont aussi celles du père.
Intissar, Yousra et Soumaya étaient en première ligne dimanche dernier, après le premier scrutin libre de l'histoire de la Tunisie. Comme un message pour ceux qui voient dans la victoire du parti islamiste de leur père, Ennahda, une menace pour la femme tunisienne…
Intissar, Yousra et Soumaya ont grandi au gré des aléas de la vie de leur père, opposant au régime de l’ancien président Ben Ali. Parmi ces aléas, l’exil en Grande-Bretagne.
Un exil que Soumaya et Intissar ont mis à profit pour étudier.
Dans une enquête publiée en juin...



Ah juste un détail, pas la perine de me répondre parce que j'aimerais avoir votre propre avis sur l'autre message et non celui ci. mais je souhaite préciser: Les islamistes ont tous eu leur part de terrorisme. Chiite et sunnite. Oui alsheimer est passé par là et on essaye de faire oublier le fameux détournement d'avion et kidnapping des passagers à l'AIB les années 80. Le chanteur Demis Roussos faisait partie des otages. Ils ont été transportés en toute impunité à Baalback à bord de jeep. A l'epoque, le hezbollah existait mais n'avait pas autant de notoriété qu'aujourd'hui. Amal avait le dessus. Ne pas oublier ce pauvre jeune américain ( 20 ans) abbattu, dans l'avion, de sang froid juste parce qu'il était américain. Ensuite, ils ont emmené Demis roussos et les autres en otages à Baalback. Pour ceux qui ont oublié, allez sur dailymotion et saisissez Demis roussos. L'émission de Thierry Ardisson, il aborde le sujet de ce gamin assassiné par les kidnappeurs, membres du hezbollah.A l'époque, Le hezbollah faisait le sale boulot des moukhabarat syriens ( otages du liban etc...)
14 h 25, le 27 octobre 2011