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Liban - La Situation

Intéressé, Berry veut de nouveau enfiler son casque bleu...

Pour la énième fois, Nabih Berry entend jouer les Zorro.
Dans le bras de fer (qui ne fait que commencer, faut-il le rappeler) entre le gouvernement Mikati et un Tribunal spécial pour le Liban (TSL) de plus en plus pressé, d’une part, et entre les différentes composantes d’une majorité hyperplurielle au sein de laquelle cohésion et cohérence ont de moins en moins de sens, d’autre part, viennent s’interposer ceux qui attendent au tournant (un 14 Mars déterminé, pour cent et une raisons, à garder le pays au cœur de la légalité internationale, et un binôme Hezbollah-CPL prêt à tout pour empêcher la moindre piastre de contribution libanaise), ceux qui regardent, plus ou moins actifs, plus ou moins utiles (Michel Sleiman, Walid Joumblatt...), et celui qui calcule : Nabih Berry.
Toujours très prompt et très zélé lorsqu’il s’agit de tirer ses épingles d’un jeu, aussi compliqué soit-il, lorsqu’une petite occasion lui est donnée de se démarquer de ce Hezb-vampire, le président de la Chambre vient de proposer rien moins qu’une reprise du dialogue national pour... débattre du financement par le Liban de ce TSL de tous les fantasmes. Un appel auquel a directement fait écho un homme qui ne sait plus comment faire pour réussir à exercer fût-ce l’une de ses prérogatives : le chef de l’État en personne, qui y croit, ou veut y croire, dur comme fer. Cela n’a rien d’étonnant : en public mais surtout en privé, les deux hommes insistent à l’unisson sur la nécessité d’immuniser le Liban contre les vicissitudes régionales de plus en plus imposantes, sans l’impliquer aucunement dans ce maelstrom empoisonné. Le chef du législatif, qui a convoqué la Chambre pour mercredi prochain, est déterminé, rabâche-t-on dans ses milieux, à retrouver le président Sleiman à mi-chemin...
L’invitation au voyage immobile de Nabih Berry est pernicieuse à souhait. Le n°2 de l’État sait pertinemment que l’opposition s’est fait un point d’honneur de refuser tout dialogue qui ne serait pas exclusivement axé sur la stratégie de défense, c’est-à-dire sur les armes du parti chiite, étant donné que ce dossier du tribunal a été résolu il y a des années à l’unanimité. D’autant que le 14 Mars n’a pas caché sa surprise à la suite de l’annonce faite au monde par Aïn el-Tiné, ne serait-ce qu’en raison de son timing, totalement incongru. Nabih Berry sait aussi que les expériences passées autour de cette même table n’ont rien de reluisant, et encore moins de rassurant. Il sait enfin, et les visiteurs du palais de Baabda ne se privent pas de le répéter, qu’il n’existe aucun consensus national à ce sujet : si les séances de dialogue ont été interrompues il y a quelques mois sous les coups de boutoir, surtout, du CPL, c’est pour une raison bien précise, et aucune position n’a fléchi, ne serait-ce qu’un tantinet, depuis – bien au contraire. Reste une option, confuse à souhait : que le Hezbollah ait demandé à Nabih Berry de s’activer dans le but de trouver une porte de sortie pour ce financement du TSL qui satisferait tout le monde...
En attendant, le Conseil des ministres se réunira cet après-midi et comme de bien entendu, la réunion risque sérieusement d’être houleuse, surtout si les ministres CPL décident de réattaquer, et en groupe, leurs collègues PSP, qui ont rarement leur langue dans la poche – un PSP, il faut le noter, qui a reçu hier pour la première fois depuis la démission du cabinet Hariri une délégation du courant du Futur avec laquelle il a convenu du nécessaire respect par le Liban de tous ses engagements internationaux...
À moins que les Trente ne se contentent de débattre des points à l’ordre du jour, dont des projets de coopération du Liban avec la France dans les domaines militaire et judiciaire, sans oublier la proposition du ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Hassan Diab, pour régler la crise de l’Université libanaise (il s’est réuni avec ses enseignants hier...) à coups, entre autre, d’une augmentation du salaire de base de ces derniers à 3 700 000 livres, flanquée de deux échelons supplémentaires pour une seule fois et qui équivalent à 225 000 livres.
C’est déjà ça...

 

Z. M.

Pour la énième fois, Nabih Berry entend jouer les Zorro. Dans le bras de fer (qui ne fait que commencer, faut-il le rappeler) entre le gouvernement Mikati et un Tribunal spécial pour le Liban (TSL) de plus en plus pressé, d’une part, et entre les différentes composantes d’une majorité hyperplurielle au sein de laquelle cohésion et cohérence ont de moins en moins de sens, d’autre part, viennent s’interposer ceux qui attendent au tournant (un 14 Mars déterminé, pour cent et une raisons, à garder le pays au cœur de la légalité internationale, et un binôme Hezbollah-CPL prêt à tout pour empêcher la moindre piastre de contribution libanaise), ceux qui regardent, plus ou moins actifs, plus ou moins utiles (Michel Sleiman, Walid Joumblatt...), et celui qui calcule : Nabih Berry.Toujours très prompt et très zélé...
commentaires (2)

Le casque bleu est celui qu'on porte pour ouvrir la porte du Parlement, quand ça nous convient ? Est-ce le casque noir qu'on porte pour fermer la porte du Parlement pour deux ans, quand ça ne nous convient pas ? Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

09 h 07, le 27 octobre 2011

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Commentaires (2)

  • Le casque bleu est celui qu'on porte pour ouvrir la porte du Parlement, quand ça nous convient ? Est-ce le casque noir qu'on porte pour fermer la porte du Parlement pour deux ans, quand ça ne nous convient pas ? Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    09 h 07, le 27 octobre 2011

  • Seul les armes du Hezbollah se doivent d’être discutes! Une fois celles-ci remises a l’armée alors et alors seulement tout le reste peut se discuter et se régler au parlement. Tout le reste n'est que balivernes et peccadilles car inutiles!

    Pierre Hadjigeorgiou

    05 h 53, le 27 octobre 2011

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