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À La Une - L'homme De La Semaine

Tony Blair, conseiller à 12 millions de dollar par an du Kazakhstan

Le Kazakhstan, un pays au bilan démocratique pour le moins discutable.

Tony Blair, en octobre dernier. Adem Altan/AFP

C’est l’histoire d’un homme qui, huit ans après avoir soutenu l’intervention militaire en Irak sous prétexte de libérer le pays de la dictature de Saddam Hussein et d’enrayer le supposé développement d’armes de destruction massive, se retrouve consultant politique et économique du Kazakhstan. Un pays au bilan démocratique pour le moins discutable.

 

Cet homme, c'est Tony Blair, ancien Premier ministre britannique. Sa mission : former l’administration de cette ancienne république soviétique aujourd’hui dirigée par Noursoultan Nazarbaïev, récemment réélu avec un score supérieur à 95% des voix.

 

Une mission pour laquelle M. Blair encaissera la modique somme de ... 8 millions de livres par an, soit près de 13 millions de dollars. Un chiffre mentionné par les médias, mais que le porte-parole du ministère kazakh des Affaires étrangères, qui a confirmé l'accord, n'a pas souhaité commenter.

 

Le Kazakhstan est dirigé depuis la période soviétique par Noursoultan Nazarbaïev, aujourd'hui âgé de 71 ans. Un président qui s'est fait accorder, en mai 2010, le titre de "Chef de la nation" par la Chambre basse du parlement, raflant au passage une immunité à vie, et accuse un sérieux penchant pour le culte de la personnalité. Son parti, Nour-OTAN a raflé la totalité des sièges lors des dernières présidentielles. Nazarbaïev fait partie de la liste des prédateurs de la liberté de la presse établie par Reporters sans frontières, alors que les médias indépendants sont, au Kazakhstan, quasi-inexistants. Par ailleurs, plusieurs opposants ou détracteurs du régime ont été emprisonnés ou tués depuis les années 1990 et le pays est régulièrement critiqué par les organisations de défense des droits de l'Homme. Beaucoup moins par les démocraties occidentales. Le fait que Noursoultan Nazarbaïev soit assis sur de très riches réserves de pétrole et de gaz y est assurément pour quelque chose.

 

Le bilan "non" démocratique de Nazarbaïev n'a visiblement pas rebuté l’ancien pensionnaire du 10 Downing Street qui, pour sa mission, va s’entourer d’une équipe de consultants, dont une partie sera en permanence dans la capitale kazakhe, Astana. Cerise sur le gâteau, Blair et Nazarbaïev se connaissent depuis l’an 2000, ce qui devrait faciliter la collaboration.

 

En matière de conseil, Tony Blair n'en est pas à son coup d'essai. Après avoir quitté le 10 Downing Street, l'ancien Premier ministre travailliste commence par vendre ses services de consultant à la banque américaine JPMorgan puis à la banque suisse Zurich Financial. Le succès étant au rendez-vous, il fonde sa propre société de consulting au Moyen-Orient, Tony Blair Associates. Une société qui, selon un article du Figaro datant de 2010, brasse 2,4 millions d'euros par an et emploie plus d'une centaine de personnes. Les estimations de la fortune des Blair varient entre 20 et 50 millions de livres.

 

Selon la presse britannique, en se tournant vers Nazarbaïev, Tony Blair aurait trouvé un remplaçant au colonel Kadhafi. En 2010, Seif al-Islam, l'un des fils du colonel, avait déclaré que Tony Blair était un conseiller financier de son père. Des déclarations qui avaient suscité la polémique, mais que le porte-parole de Blair avait réfutées.

 

"On se demande souvent pourquoi les gens sont si sceptiques vis à vis de la politique et des politiciens, mais nous avons un nouvel exemple", a déclaré le chef de file des élus écologistes au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit, après avoir appris, mardi, l'existence du contrat entre Blair et Nazarbaïev. "Pour moi, c'est un problème pour l'élite politique, ça ne peut pas marcher", a commenté M. Cohn-Bendit, qui a par ailleurs évoqué les activités de M. Blair en tant qu'envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient, fonction pour laquelle l'ancien locataire de Downing Street "empoche beaucoup d'argent et est rarement sur place".


Tony Blair n’est pas le seul ex-dirigeant à avoir su tirer profit de ses anciennes responsabilités/réseaux/connaissances politiques pour enclencher une reconversion dans le monde des affaires.

 

Ainsi, Gerhard Schröder, l’ancien chancelier allemand, est depuis janvier 2009, membre du directoire du groupe pétrolier russo-britannique TNK-BP, fonction pour laquelle il touche une rémunération de 200.000 euros par an. L'ancien-président américain Bill Clinton multiplie les interventions sur les questions politiques d'actualité et aurait empoché plus de 100 millions de dollars (de 200.000 à 475.000 dollars par conférence) depuis qu'il a quitté la Maison-Blanche.

 

 

 


 

C’est l’histoire d’un homme qui, huit ans après avoir soutenu l’intervention militaire en Irak sous prétexte de libérer le pays de la dictature de Saddam Hussein et d’enrayer le supposé développement d’armes de destruction massive, se retrouve consultant politique et économique du Kazakhstan. Un pays au bilan démocratique pour le moins discutable.
 
Cet homme, c'est Tony Blair, ancien Premier ministre britannique. Sa mission : former l’administration de cette ancienne république soviétique aujourd’hui dirigée par Noursoultan Nazarbaïev, récemment réélu avec un score supérieur à 95% des voix.
 
Une mission pour laquelle M. Blair encaissera la modique somme de ... 8 millions de livres par an, soit près de 13 millions de dollars. Un chiffre mentionné par les médias, mais que le porte-parole du ministère...
commentaires (4)

Pour ceux qui ne le savent pas, il était conseiller de Gheddafi récemment!... A juger des dernières images de ce dernier, il ne lui a pas porté que du bonheur... Il est actuellement le l'envoyé spécial du Quartette pour la Palestine... Brrrrrr

Ali Farhat

06 h 27, le 27 octobre 2011

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Commentaires (4)

  • Pour ceux qui ne le savent pas, il était conseiller de Gheddafi récemment!... A juger des dernières images de ce dernier, il ne lui a pas porté que du bonheur... Il est actuellement le l'envoyé spécial du Quartette pour la Palestine... Brrrrrr

    Ali Farhat

    06 h 27, le 27 octobre 2011

  • Tony Blair, envoyé spécial du Quartette (!!) pour le Proche-Orient, a joué un rôle ridicule d'absence et d'inefficacité, qui n'a fait que permettre aux fascites de Tel-Aviv de poursuivre leur colonisation massive et criminelle de la Cisjordanie, en même temps que leur sape systématique de la paix. Ce ridicule a bien éclaboussé le Quartette même, qui est là pour la forme et pour lequel Israel a le plus grand mépris. En plus la matière ci-dessus sur la nouvelle fonction de Blair comme conseiller de l'une des pires dictatures de ce qui était l'empire soviétique, suggère qu'il continue dans sa fonction nulle d'envoyé du Quartette ! Incroyable et dégoûtant !

    Halim Abou Chacra

    12 h 58, le 26 octobre 2011

  • Et quels conseils peut-il donner pour une telle énorme rémunération ? Ca sent et la combine et le complot. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    09 h 09, le 26 octobre 2011

  • Comme quoi tous les criminels de guerre ne sont pas loges a la meme enseigne.

    Jaber Kamel

    08 h 31, le 26 octobre 2011

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