Israel Dragg, révélation des All Black de cette Coupe du monde. Tranchant, électrique et aérien, le numéro 15 des Canterbury Crusaders est à l’origine du plus bel essai de la compétition, inscrit par son coéquipier Ma’a Nonu en demi-finale contre l’Australie, suite à une course supersonique et passe après contact imparable.
Côté déception, l’Irlande a pris un sérieux coup de vieux en Nouvelle-Zélande. Une page se tourne pour la « génération des O » (O’Driscoll, O’Connell, O’Gara). L’Angleterre, elle, a plus fait parler d’elle pour ses frasques extrasportives que pour ses exploits sur le terrain (victoires à l’arraché contre l’Écosse et l’Argentine en poule). La France, en finale contre les All Blacks, et l’Irlande contre les Wallabies ont joué un rugby féroce et défensif, qui a encore de beaux jours malgré le changement des règles concernant le jeu au sol.
Le sacre de Dusautoir et le génie des All Blacks
Dans notre équipe type de la compétition, figurent cinq All Blacks champions du monde. Talents individuels hors normes, les « Men in black » ont survolé le Mondial organisé chez eux (301 points et 40 essais inscrits). La révélation 2011 se nomme Israel Dagg, l’arrière néo-zélandais. Le renouveau gallois est symbolisé par l’axe 8-9-10 composé de Toby Faletau (Tonguien d’origine), de Mike Phillips (qui va arriver à Bayonne) et de Rhys Priestland (grand ouvreur en devenir).
Forts de ce Mondial réussi, les jeunes Gallois devraient faire des ravages d’ici à la Coupe du monde 2015 en Angleterre. Côté français, Thierry Dusautoir a été nommé hier joueur de l’année par l’IRB, l’organe suprême du rugby. Un honneur qu’un seul tricolore avait décroché avant lui, Fabien Galthié, en 2002. Dusautoir, déjà héroïque contre les All Blacks en 2007, a réalisé un match exceptionnel (noté 9,5/10 par le quotidien anglais The Guardian). Aucun buteur n’a survolé la compétition : le Sud-Africain Morné Steyn (sorti dès les quarts) termine meilleur réalisateur avec seulement 62 points. Le raté de ce Mondial est signé Quade Cooper, le fantasque ouvreur australien d’origine kiwi. Ciblé comme l’ennemi public numéro un en Nouvelle-Zélande, le numéro 10 des Queensland Reds a traversé la compétition comme un fantôme. Et, comme un symbole, c’est sur l’un de ses changements d’appui – qui ont fait sa renommée – qu’il s’est arraché les ligaments du genou. À oublier...
Les « petits » rivalisent avant une réforme
Le niveau des équipes se resserre : cette année, on recense 9 défaites de plus de 50 points (dont 3 pour les néophytes russes), alors qu’il y en avait eu 12 en 2007 et 18 en 2003.
Afin de réduire les inégalités entre les petites et les grandes équipes, l’IRB réfléchit à un changement de format : chaque formation devrait, à l’avenir, jouer tous les 4-5 jours. Tout le monde serait enfin logé à la même enseigne. Le Japon, cette année, a dû disputer trois matchs en 11 jours. Bilan : cinq joueurs blessés. On se dirige donc vers plus d’égalité en termes de temps de récupération.
Autre avantage de ce changement de format, la Coupe du monde serait plus resserrée et se déroulerait sur six semaines (contre sept actuellement), gagnant ainsi en lisibilité auprès du grand public. Côté finances, les pertes enregistrées seraient d’environ 23,2 millions d’euros, selon les organisateurs. L’IRB précise toutefois que les revenus commerciaux (droits télé, sponsors...) engendreraient un bénéfice net de 92 millions d’euros pour le rugby mondial.
De retour sur le Vieux Continent dans quatre ans, la Coupe du monde en Angleterre devrait repartir sur les bases élevées de l’édition 2007 en France, qui avait bénéficié de 540 millions d’euros de retombées économiques.


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