Face donc à la tempête qui secoue la Syrie, Le Liban ne peut rester indifférent, il doit chercher à anticiper les conséquences de tous ses bouleversements sur la stabilité et la perduration de sa République, sa Constitution, ses institutions et les différentes composantes de son tissu socio-économique (voir L’Orient-Le Jour du vendredi 21 octobre 2011).
Deux alternatives sont envisageables :
1- Le régime syrien réussit à contrôler de nouveau la situation intérieure en exécutant les réformes demandées et se maintient au pouvoir pour une courte période, histoire de permettre une transition pacifiée et imposée internationalement vers un régime plus démocratique et mieux adapté à la démographie communautaire dominante de ce pays. Le Liban dans ce cas continuera à vivre sous l’influence de ce voisin omniprésent, envahissant et toujours suffisamment influent pour continuer à être l’arbitre et le principal profiteur des faiblesses et contradictions du système politique qui y prévaut. Mais les décisions de l’accord de Taëf, malgré tous les dysfonctionnements qui se sont multipliés, resteront appliquées et la « sigha » bicéphale maintenue. À moins que le Hezb, profitant de la période transitoire susmentionnée, décide d’engager un bras de fer intérieur, se basant en cela sur la force de ses armes, et décide soit de réclamer une nouvelle « sigha » tricéphale, soit carrément l’annonce de la création d’un État islamique chiite sur partie où totalité du territoire national.
2- Le régime syrien n’arrive plus à dominer la situation interne de son pays. Les manifestations augmentent, les batailles de rue s’intensifient, les affrontements se confessionnalisent, et les risques de crise grave et dramatique apparaissent et appellent une solution. Deux options pourraient alors être envisagées :
– Le régime alaouite est battu politiquement par l’opposition à majorité sunnite et un nouveau pouvoir central est proclamé. Il annoncera sa laïcité pour attirer autour de lui toutes les factions qui ont participé à cette prise de pouvoir et élargir sa plateforme politique et démocratique, offrant même au parti Baas actuellement au pouvoir de participer au nouveau régime. Le régime en place sera censé établir une autre vision de ses relations avec le Liban et tisser avec lui une réorientation de ses rapports sécuritaires, militaires, politiques, économiques, sociaux et confessionnels. Les anciens alliés de la Syrie alaouite sur la scène libanaise seront appelés à revoir leur influence et leurs exigences à la baisse. Ils devront accepter, bon gré mal gré, la réhabilitation de l’État des institutions, et ce par la dilution progressive de leurs dernières milices, l’absorption de leurs armes par l’institution militaire et leur retour à la vie démocratique institutionnelle au même titre que tous les autres partis et citoyens.
– Le régime alaouite battu politiquement refuse de remettre le pouvoir aux opposants et se retire de la capitale, fait sécession et annonce la création de son État dans la région de la géographie syrienne d’où il est originaire et donne ainsi le point de départ d’un début de démantèlement de la République arabe de Syrie et de celui de toute cette partie septentrionale de la Méditerranée où vivent depuis l’aube des temps des minorités religieuses. Cette décision pourrait peut-être donner le signal tant souhaité par Israël, en vue d’un réaménagement de la géographie de cette région du M-O en entités religieuses fondues toutes dans une large confédération régionale. Israël étant un de ses principaux composants deviendrait ainsi le troisième décideur régional avec la Turquie et l’Iran. Dans ce cas de figure, le Liban ne pourra pas échapper lui aussi à d’éventuels changements politiques et administratifs, et se verra intégré à ce nouveau panorama géopolitique, à moins qu’internationalement, le maintien de sa formule consensuelle soit souhaitée mais avec certaines adaptations imposées par l’actualisation du tissu socio-confessionnel sur la scène nationale.
En conclusion, il ne serait pas tellement aberrant de reconnaître que quel que soit le scénario régional de demain, sauf dans un cas peu probable, le Liban n’a pas grand-chose à perdre, et les Libanais à appréhender quoi que ce soit. Quelle que soit, en effet, la formule adoptée, le pays du Cèdre restera conforme à ses spécificités, sa vision consensuelle pluriconfessionnelle et pluriculturelle, et son rôle de catalyseur de messager et de pont entre toutes les religions monothéistes qui vivent dans cet Orient si cher à la civilisation et à l’humanité. Le seul danger réel pourrait provenir des divisions intestines du corps politique sournoisement entretenu par des puissances extérieures. C’est pourquoi ce dernier ne saurait être suffisamment vigilant pendant ces moments délicats de transition et de changement qui touchent le monde arabe.
Salim F. DAHDAH
Deux alternatives sont envisageables :
1- Le régime syrien réussit à contrôler de nouveau la situation intérieure en exécutant les réformes demandées et se maintient au pouvoir pour une courte période, histoire de permettre une transition pacifiée et imposée internationalement vers un régime plus démocratique et mieux adapté à la démographie communautaire dominante de ce pays. Le Liban dans ce cas continuera à vivre sous l’influence de ce voisin...


Non, Kamel, tu savais et tu sais ce que, TOI, tu voulais et tu veux savoir ou croire. Et tu t'étonnes chaque fois que je commente pourquoi parfois c'est positif et parfois négatif, sur la même personne ou parti ou formation. D'ailleurs mes clarifications ne sont pas seulement pour toi. C'est pour tout le monde. Anastase Tsiris
05 h 57, le 23 octobre 2011