Bachar el-Assad et Mouammar Kadhafi lors d'un sommet arabe en 2008. Photo archives/
Le mouvement de contestation en Syrie a appelé vendredi sur sa page Facebook à de nouvelles manifestations contre le régime du président Bachar el-Assad. Un appel assorti d'un hommage à la lutte du peuple libyen, au lendemain de la mort de Mouammar Kadhafi tué à Syrte.
"Ton tour est venu Docteur (Assad)", ont écrit les contestataires sur leur page Facebook, en se moquant de la Ligue arabe qui a donné au régime syrien un délai de 15 jours pour engager un dialogue avec l'opposition. "Donnez lui le délai que vous souhaitez, notre révolution vaincra. Nous continuerons à nous faire entendre avec force pour que le régime tombe et pour dire au monde que le peuple syrien ne se soumettra pas", ont ils ajouté.
"Le peuple libyen a poursuivi son dirigeant en fuite, de ville en ville, de quartier en quartier, pour finir par le retrouver dans un égout", ont-écrit les contestataires, qui faisaient ainsi référence à l'un des premiers discours de Mouammar Kadhafi après le début de l'insurrection à la mi-février dans lequel le dictateur avait averti les rebelles qu'il allait les poursuivre dans tous les quartiers, maisons et rues pour les exterminer.
"Quel sera alors ton sort?", ont demandé les contestataires à Assad, "Tu vas fuir comme Ben Ali? (le président tunisien Zine el-Abidine ben Ali qui a fui son pays le 14 janvier, chassé par une révolte populaire). "Finiras-tu derrière les barreaux comme Hosni Moubarak (le président égyptien déchu dont le procès est en cours) ou vas-tu fuir comme Kadhafi alors que ton peuple te poursuivra de maison en maison?", ont-ils ajouté.
Cet appel à manifester a été entendu dans plusieurs villes de Syrie où les manifestants ont bravé une nouvelle fois le fort dispositif militaire déployé. "Kadhafi est fini. C'est ton tour Bachar", ont scandé les manifestants de la ville de Maaret el-Numaan dans la province d'Idlib (nord-ouest), rapportent des militants et des habitants.
Des manifestants qui sont, aussi, tombés sous les balles des forces de sécurité. Dix-neuf civils ont été tués aujourd'hui vendredi. Dans la ville de Homs, un des hauts lieux de la contestation, 15 civils ont été tués, deux par des tirs à un poste de contrôle militaire, cinq lors de perquisitions, deux par un tireur embusqué et six autres lors de la dispersion de manifestants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
L'OSDH signale aussi "des tirs nourris à Homs où des véhicules blindés de transports de troupes ont pris position place Mreijé et à l'entrée de Bab Sbaa".
Selon les Comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent la contestation sur le terrain, "toutes les mosquées de Qousseir ont été fermées par les forces de sécurité qui ont imposé un couvre-feu" dans cette ville de la région de Homs, théâtre de violences ces derniers jours.
A Hama (centre), deux civils ont péri, l'un tué par un tireur embusqué et le deuxième lors de la dispersion d'une manifestation, ont ajouté les LCC, faisant état d'une manifestation massive à Sahl el-Ghab, dans la région de Hama, où les forces de sécurité menaient des opérations.
Dans le sud du pays, un civil a péri sous des tirs nourris des forces de sécurité sur une procession funéraire à Jassem, dans la région de Deraa (sud), a ajouté l'OSDH, faisant état de plusieurs blessés. "Les forces de sécurité ont en outre décrété un couvre-feu à Enkhel (région de Deraa)", selon les LCC.
Dans le nord-ouest de la Syrie, l'armée a dispersé une marche devant la Grande mosquée à Kafrouma, dans la région d'Idleb, et les manifestants se sont de nouveau regroupés dans le nord de la localité, selon l'OSDH. Une personne a été tuée lors des opérations militaires.
Sur la côte ouest, "les forces de sécurité pourchassaient des manifestants sortis de mosquées du sud de la ville de Banias et perquisitionnaient dans des maisons à leur recherche", rapporte la même source.
Dans la banlieue de Damas, les LCC ont rapporté "un déploiement de l'armée à Saqba, Kfarbatna, Hammouriyyé et Jesrine et de nouveaux postes de contrôle fouillant piétons et véhicules alors que des franc-tireurs étaient postés sur les toits des immeubles à Saqba".
Cinq civils avaient déjà été tués jeudi. Une journée également marquée par des affrontements entre soldats de l'armée régulière et soldats insoumis, selon l'OSDH.
Les attaques contre l'armée régulière et les affrontements l'opposant à des déserteurs présumés se sont multipliées ces derniers temps, les forces de sécurité faisant face désormais à une opposition armée. Mercredi, 17 civils et 7 soldats ont été tués dans les violences, selon des militants.
Selon l'ONU, plus de 3.000 personnes, en grande majorité des civils, ont péri dans la répression depuis le début de la contestation le 15 mars en Syrie.
"Ton tour est venu Docteur (Assad)", ont écrit les contestataires sur leur page Facebook, en se moquant de la Ligue arabe qui a donné au régime syrien un délai de 15 jours pour engager un dialogue avec l'opposition. "Donnez lui le délai que vous souhaitez, notre révolution vaincra. Nous continuerons à nous faire entendre avec force pour que le régime tombe et pour dire au monde que le peuple syrien ne se soumettra pas", ont ils ajouté.
"Le peuple libyen a poursuivi son dirigeant en fuite, de ville en ville, de quartier en quartier, pour finir par le...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
La voix du peuple , c'est la voix de Dieu ! Anastase Tsiris
15 h 00, le 21 octobre 2011