Chine, Inde, Brésil, Russie ou même les Émirats arabes unis et la Colombie sont présents au Salon Milipol, rendez-vous mondial de l’industrie de la sécurité, ouvert à Paris du 18 au 21 octobre.
Un secteur où la demande mondiale va augmenter de 7,4 % par an jusqu’en 2014, d’après une étude d’Aprodex, qui recense toutes les firmes de la branche.
« Des pays comme le Brésil, la Chine, l’Inde, le Mexique, l’Afrique du Sud et la Russie vont connaître une croissance à deux chiffres sur cette période » en raison d’une prospérité croissante couplée à l’impression que les forces de l’ordre sont débordées ou corrompues, prévoit l’étude.
Présente pour la première fois à Milipol, la firme chinoise ULIRvision s’attaque au marché des caméras thermiques dominé par l’américain FLIR.
Ces appareils permettent de recueillir dans l’obscurité des images surprenantes de netteté en captant la chaleur des corps et des machines.
Son petit stand ne paie pas de mine face aux écrans de démonstration géants de FLIR, qui compte plus de 3 500 employés dans le monde.
Fondée en 2005, ULIRvision n’a que 100 employés, d’après Cindy Cui, manager des ventes à l’international. Mais elle vend déjà en Australie, aux États-Unis et en Europe, notamment en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne, assure-t-elle. La clé du succès, « de bons produits et les meilleurs prix ».
Le brésilien Embraer, constructeur d’avions civils et militaires, a créé fin 2010 une division défense et sécurité et débarque à Milipol. Il propose des systèmes de commandement et de contrôle avancés, notamment pour la surveillance des frontières.
La présence des fabricants russes, gros exportateurs d’armes du temps de l’Union soviétique, est massive. Loin des blindés de Rosoboronexport, Speech Technology Center est discrète, mais c’est une des firmes russes les plus connues à l’étranger.
Fondée en 1990 par trois chercheurs soviétiques, l’entreprise s’est spécialisée dans la reconnaissance de la voix humaine. Son système VoiceGrid permet d’identifier un individu en 5 secondes dans un échantillonnage d’écoutes de 10 000 voix, un atout dans la lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme et la corruption.
L’entreprise de 350 employés a des bureaux sur tous les continents. Elle a déjà équipé en 2010 tout le Mexique avec ses 31 États fédérés, explique Eugene Landa, de son département marketing.
La demande croissante au Mexique crée également un appel d’air pour le colombien Armor International. Née en 1981 dans un pays ravagé par les guérillas et les trafiquants de drogue, elle blinde, pour des clients dans une quinzaine de pays, voitures, hélicoptères, bateaux et même locomotives.
En effet, « les guérilleros s’attaquent aux convois de charbon », une des principales exportations de Colombie, explique Alberto Mejia, directeur commercial de la firme.
À la demande de clients au Mexique, où sévit la guerre contre la drogue, Armor International propose même un blindé de transport de troupes (Armored Personnel Carrier APC), « idéal dans les zones à haut risque ».
Établi dans la zone franche de Dubaï, le groupe Streit s’est positionné sur le même créneau du blindage. Fondé par un Canadien d’origine russe, Streit blinde 90 à 130 véhicules par mois et vend notamment en Jordanie, en Inde et en Afrique.
Le plancher de son nouvel APC peut résister à une explosion de 8 kg de TNT, assure David Barrs, directeur régional des ventes. À 350 000 dollars l’APC, « vous en avez pour votre argent », dit-il.
(Source : AFP)


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