Une photo de Kadhafi blessé, mais toujours vivant, après sa capture.
Le leader déchu libyen Mouammar Kadhafi a été tué jeudi dans la région de Syrte, dans l'est du pays, ont annoncé les nouvelles autorités libyennes. "Nous annonçons au monde que Kadhafi a été tué aux mains des révolutionnaires", a indiqué à la presse le porte-parole officiel du Conseil national de transition (CNT) à Benghazi (est), Abdel Hafez Ghoga.
"C'est un moment historique, c'est la fin de la tyrannie et de la dictature. Kadhafi a rencontré son destin", a-t-il dit.
Selon lui, l'information de sa mort "a été confirmée par nos commandants sur le terrain à Syrte, ceux-là mêmes qui ont capturé Kadhafi alors qu'il avait été blessé lors de la bataille ce matin à Syrte" tombée dans la journée aux mains des forces du CNT.
La télévision libyenne a diffusé les images de soldats du CNT filmés devant deux larges conduites d'évacuation d'eaux usées passant sous une route où, affirme-t-elle, le dirigeant libyen a été retrouvé.
Confronté à un soulèvement sans précédent contre son régime autoritaire, Mouammar Kadhafi, 69 ans, qui avait gouverné la Libye d'une main de fer pendant 42 ans, était en fuite depuis la chute de Tripoli en août.
L'annonce de sa mort a été saluée par les journalistes libyens présents dans la salle aux cris d'Allah Akbar (Dieu est grand) alors que la ville résonnait de tirs en l'air et de klaxons. A Benghazi, des centaines de personnes ont commencé à se rassembler sur la corniche, haut lieu de la révolution, alors que des tirs en l'air étaient entendus, de même que l'explosion de bâtons de dynamite. Des voitures klaxonnaient avec des enfants arborant le drapeau de la nouvelle Libye.

L’une des premières images de Mouammar Kadhafi, le visage
ensanglanté. Esam Al-Fetori/Reuters
"La dictature prend ainsi vraiment fin. C'est la fin d'un terrible chapitre de l'histoire de la Libye", a encore dit M. Ghoga.
Il a par ailleurs affirmé que "la proclamation officielle de la libération du pays sera annoncée très prochainement. Ce sera fait dès que nous aurons confirmation que toutes les forces pro-Kadhafi à Syrte ont été neutralisées".
Pour lui "la mort de Kadhafi va mettre fin au bain de sang et au martyre de notre jeunesse".
Cette déclaration fait suite à des propos contradictoires sur l'ancien leader libyen. Plus tôt, un commandant des forces du nouveau régime avait indiqué que "Kadhafi a été arrêté. Il est gravement blessé mais il respire encore".
Un responsable du Conseil national de transition (CNT) avait précisé que Kadhafi a été arrêté près de Syrte alors qu'il tentait de fuir dans un convoi. Son convoi a été attaqué par les forces de l'Otan et l'ancien dirigeant libyen a été blessé dans l'opération, a-t-il ajouté. Un combattant du CNT a dit à Reuters avoir assisté à l'opération. Selon lui, Kadhafi se cachait dans un trou à Syrte et criait "Ne tirez pas, ne tirez pas!".
Quelques minutes plus tard, Abdel Madjid Mlegta, un responsable militaire du nouveau régime libyen annonçait que Kadhafi avait succombé à ses blessures. Selon lui, l'ancien "guide" a été blessé à la tête et aux jambes par une attaque aérienne de l'Otan alors qu'il tentait de fuir Syrte.
S'exprimant lors d'une conférence de presse à Tripoli, des responsables du CNT ont affirmé que l'ex-leader a péri dans une fusillade entre ses gardes et des combattants du Conseil national de transition après sa capture et aucun ordre de le tuer n'a été donné. Ces responsables ont déclaré qu'ils annonceraient la "libération" de la Libye samedi à Benghazi, la grande ville de l'Est libyen d'où le soulèvement contre l'ex-guide de la révolution a débuté en février dernier.

A Syrte, un combattant anti-Kadhafi pointe du doigt le
conduit d’égout dans lequel Mouammar Kadhafi se serait
caché avant d’être capturé. Thaier al-Sudani/Reuters
Plus tard dans la soirée, le ministre français de la Défense Gérard Longuet a indiqué que c'était des avions français qui avaient identifié et "stoppé" la colonne de véhicules dans laquelle se trouvait Mouammar Kadhafi, avant des accrochages au sol entre Libyens aux termes desquels il a été tué.Le convoi, "de plusieurs dizaines de véhicules", "a été stoppé dans sa progression alors qu'il cherchait à fuir Syrte mais n'a pas été détruit par l'intervention française", a expliqué M. Longuet à la presse. Des combattants libyens sont ensuite intervenus, détruisant les véhicules, desquels "ils ont sorti le colonel Kadhafi", a-t-il ajouté.
Les chaînes de télévision par satellite Al Jazira et Al Arabia ont montré des images du leader déchu encore vivant au moment de sa capture.
Les deux chaînes panarabes rapportaient en outre que Moutassim Kadhafi, un des fils de l'ex-dirigeant libyen, a été capturé vivant par les forces du CNT à Syrte. Mohamed Leith, un commandant des forces du nouveau régime qui combattait à Syrte, a néanmoins indiqué que Moutassim a été retrouvé mort à Syrte.
Un responsable du CNT a précisé que le chef des forces armées de Mouammar Kadhafi, Aboubakr Younès Jaber, avait été tué durant l'arrestation de Kadhafi.
Concernant Saïf al Islam Kadhafi, les informations rapportant sa mort n'avaient toujours pas été confirmées, jeudi soir. Al-Arabiya a annoncé qu'il avait été tué en tentant de fuir Syrte. Le Premier ministre avait également affirmé que son convoi a été attaqué. Les déclarations de Mahmoud Djibril sur Saïf al Islam ont été étayées par un haut responsable militaire du Conseil national de transition, qui a précisé que le convoi de Saïf al Islam était encerclé par des forces du CNT.
Une photo diffusée par Al-Arabiya montrant
Moutassim Kadhafi. Photo AFP
Sur la scène internationale, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a commenté, avant la confirmation officielle de la mort de Mouammar Kadhafi, les informations diffusées par les médias par une formule latine : "Sic transit gloria mundi". A savoir : "Ainsi va la gloire du monde". "La guerre est finie" en Libye, a-t-il également déclaré, dans des propos à des membres de son parti rapportés par l'agence italienne Ansa. Après l’annonce officielle de la mort de Kadhafi, le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont salué "la fin d'une ère de despotisme et de répression" en Libye.
Le Premier ministre britannique David Cameron a, de son côté, déclaré que "c'est un jour où il faut se souvenir des victimes de Kadhafi", en se disant "fier du rôle joué" par son pays dans la chute du "brutal dictateur".
A Paris, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a salué jeudi la "fin de 42 ans de tyrannie" en Libye.
Le président des Etats-Unis Barack Obama a de son côté affirmé jeudi soir que la mort de Kadhafi marquait "la fin d'un chapitre long et douloureux" pour les Libyens, et appelé les nouvelles autorités de Tripoli à bâtir un pays "démocratique" et "tolérant". "Pour la région, les événements d'aujourd'hui prouvent une fois de plus que les régimes à poigne finissent toujours par disparaître. Dans tout le monde arabe, des habitants se sont levés pour réclamer leurs droits. Les jeunes rejettent avec force la dictature. Et ces dirigeants qui essaient de leur refuser leur dignité n'y parviendront pas", a aussi dit M. Obama.
Plus tard dans la soirée, l'Otan a affirmé qu'elle mettra fin à sa mission en ccordination avec l'ONU et le CNT. L'Alliance a également exhorté les Libyens à mettre de côté leurs divisions.
Parallèlement, un haut responsable militaire du CNT a indiqué que la ville de Syrte a été "totalement libérée". "Syrte a été totalement libérée et avec la confirmation de la mort de Kadhafi", la Libye a été totalement libérée, a déclaré Khalifa Haftar, affirmant que "ceux qui combattaient aux côtés de Kadhafi ont été soit tués, soit capturés".

Des combattants anti-Kadhafi célèbrent la chute de Syrte, bastion
du guide déchu. Thaier al-Sudani/Reuters
La ville côtière de Syrte, région natale de l'ex-leader en fuite, a été dévastée par les combats qui ont fait des dizaines de morts après l'assaut donné par les troupes du CNT le 15 septembre. Pas un bâtiment intact, des rues entières sont inondées et les routes défoncées.
Mais avant même la proclamation de la "libération totale" de la Libye qui doit suivre la chute de Syrte, le Numéro deux du CNT, Mahmoud Jibril, a mis en garde contre le "chaos" dans le pays en raison des luttes au pouvoir. Il a exprimé mercredi soir ses craintes d'une "bataille politique" précoce, une éventuelle lutte de pouvoir pouvant survenir entre tribus, régions et entre les islamistes et les libéraux. "Nous sommes passés d'une bataille nationale à une bataille politique qui n'aurait pas dû avoir lieu avant de fonder l'Etat", a-t-il affirmé. "Un des scénarios terrifiants c'est qu'on transite d'une guerre nationale vers le chaos".
Mardi, le président du CNT Moustapha Abdeljalil a promis de dédommager les combattants, les blessés et les familles des 25.000 "martyrs" du conflit en Libye lancé le 15 février.
Le régime de Mouammar Kadhafi a été renversé le 23 août avec la chute de son quartier général de Bab al-Aziziya à Tripoli.
"C'est un moment historique, c'est la fin de la tyrannie et de la dictature. Kadhafi a rencontré son destin", a-t-il dit.
Selon lui, l'information de sa mort "a été confirmée par nos commandants sur le terrain à Syrte, ceux-là mêmes qui ont capturé Kadhafi alors qu'il avait été blessé lors de la bataille ce matin à Syrte" tombée dans la journée aux mains des forces du CNT.
La télévision libyenne a diffusé les images de soldats du CNT filmés devant deux...






Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
et qui viendra après??? l'OTAN décidera, sur un terrain qui n'est point le sien....
17 h 04, le 20 octobre 2011