Hillary Clinton a rencontré Moustapha Abdel Jalil lors d’une visite éclair hier à Tripoli. Kevin Lamarque/AFP
« Un des éléments qu’il faut régler est l’unification des différentes milices dans une seule armée qui représente le peuple libyen », a souligné Mme Clinton, alors qu’on l’interrogeait sur les risques de guerre civile en Libye, où des tensions sont apparues entre différentes brigades ayant libéré le pays. Alors qu’on lui demandait si les États-Unis coopéreraient avec des islamistes, elle a indiqué qu’ils « soutiendraient un processus de démocratisation qui respecte la loi, (...), le droit des minorités et des femmes » et qui autorise une presse libre.
Par ailleurs, Hillary Clinton a remercié hier Malte pour son rôle « décisif » dans le conflit en Libye et pour son assistance dans l’évacuation des Américains et du personnel diplomatique, lors d’une visite sur l’île européenne.
Quelle stratégie pour Kadhafi ?
De son côté, M. Jibril a affirmé que le colonel Kadhafi, en fuite depuis la chute de son QG à Tripoli le 23 août, planifiait de reprendre le pouvoir grâce à l’aide des Touareg, dans un entretien au quotidien Ash-Sharq el-Awsat. Selon lui, le colonel Kadhafi va soit « déstabiliser le nouveau régime en Libye, soit proclamer un État séparatiste dans le sud qu’il nommera ce qu’il voudra : “les Touareg”, le “Sud”, “la Grande Afrique” ». D’après lui, l’ex-leader se déplace en permanence entre le Sud libyen, le nord du Niger et l’Algérie et son entourage a recruté entre 10 000 et 15 000 hommes de la région du Darfour (Soudan) et des el-Rachayda – une importante tribu du Soudan – pour combattre auprès de lui.
Sur le terrain, à Syrte, dont le CNT attend la chute pour proclamer la « libération totale » de la Libye, les combats ont redoublé d’intensité hier dans la matinée autour des deux quartiers toujours aux mains des pro-Kadhafi. Les combattants du CNT positionnés en lisière des quartiers « Dollar » et « n° 2 » pilonnaient la zone à l’arme lourde, tandis que d’autres s’engageaient dans des combats de rue.
Les pro-Kadhafi répliquaient, avec des rafales à la mitrailleuse, selon des témoins.
Sur le front est, les forces du CNT ont perdu au moins onze hommes, notamment Moustapha ben Dardef, un homme d’affaires de Benghazi devenu un populaire commandant anti-Kadhafi. Deux autres décès ont été enregistrés dans l’hôpital de campagne du front ouest. Au total, plus d’une centaine de pro-CNT ont été blessés hier sur ces deux fronts.
Dans ce contexte, l’OTAN, qui a pris le 31 mars la tête de la coalition internationale en Libye, a indiqué ne pas être encore prête à annoncer la fin de sa mission, les combats persistant dans « une zone très réduite ».
Enfin, le New York Times et le Washington Post ont rapporté hier que les États-Unis ont envisagé de lancer une cyberattaque contre la défense aérienne libyenne avant le déclenchement des frappes en mars contre le régime de Mouammar Kadhafi. Selon les deux quotidiens américains, qui citent des responsables de l’administration Obama et d’anciens responsables militaires, cette hypothèse a été rejetée pour éviter de créer un précédent et pour ne pas retarder le début des opérations.
(Source : AFP)

