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À La Une - Iran

Khamenei ouvre un débat sur la suppression du poste de président

Depuis le printemps, les partisans d'Ahmadinejad et les ultraconservateurs proches du Guide sont en conflit.

Entre Ali Khamenei et Mahmoud Ahmadinejad, le torchon brûle.

"Dans la situation actuelle, le régime politique du pays est présidentiel et le président de la République est élu directement par le peuple, ce qui est bien. Mais si un jour dans un avenir lointain nous avons le sentiment qu'un régime parlementaire est mieux pour choisir le chef de l'exécutif, il n'y a pas de problème pour changer le système actuel".

Cette petite phrase, lâchée dimanche par le guide suprême iranien, l’ayatollah Khamenei, lors d'un déplacement en province a engendré, en Iran, un débat politique sur une éventuelle réforme des institutions en Iran.

 

Ce matin, la presse faisait ses gros titres sur cette petite phrase lancée alors que le courant religieux conservateur au pouvoir en Iran est secoué depuis le printemps par un conflit ouvert sans précédent entre les partisans du président Mahmoud Ahmadinejad et la ligne dure du régime rassemblée autour de l'ayatollah Khamenei.

"La restauration du poste de Premier ministre possible dans un avenir lointain", titrait à la Une le quotidien réformateur Etemad, tandis que son confrère conservateur Ressalat annonçait en gros titre : "Pas de problème pour un régime parlementaire". Les journaux ont généralement évité de commenter la déclaration du Guide, qui n'a pas développé sa pensée. Mais le quotidien réformateur Etemaad a souligné que le numéro un iranien avait "ouvert la voie à un débat sur une réforme institutionnelle", évoquée depuis quelques semaines à mi-voix par certains parlementaires conservateurs.

 

La République islamique a été dotée à ses débuts, pendant une dizaine d'années, à la fois d'un président élu au suffrage universel et d'un Premier ministre désigné par le Parlement, avant que ce dernier poste soit supprimé en 1989. Selon la Constitution, c'est le Guide suprême qui a l'initiative de toute réforme constitutionnelle, qui doit ensuite être approuvée par référendum.

 

"Dans la mesure où le pays bénéficie de la présence du Guide suprême, il n'y a pas besoin d'avoir un président", a affirmé en septembre l'influent député Hamid Reza Katouzian, président de la commission parlementaire de l'Energie, en prônant la suppression du poste de président et la restauration de celui de Premier ministre.

 

Les occasions de conflit sont multiples entre le président, responsable de l'exécutif chargé de diriger la politique du pays, et le Guide, clef de voûte des institutions, qui arbitre les grandes orientations stratégiques et peut bloquer toute décision jugée contraire aux intérêts du régime. La crise entre M. Ahmadinejad et le Guide, qui l'a longtemps soutenu, a éclaté au grand jour après que l'ayatollah Khamenei a mis en avril son veto au limogeage du ministre du Renseignement, l'un de ses proches, par le président.

 

Le remplacement d'un président issu du suffrage universel par un Premier ministre élu par le Parlement supprimerait toute rivalité potentielle avec le Guide, mais renforcerait du même coup les pouvoirs du Parlement. Gouvernement et Parlement se sont toujours opposés régulièrement sur leurs prérogatives respectives, mais les conflits se sont intensifiés ces derniers mois alors que l'aile conservatrice dure du régime, qui domine le Majlis, s'inquiète des velléités du camp présidentiel de présenter ses propres candidats aux élections législatives prévues en mars 2012. Les députés ont tenté à plusieurs reprises, sans succès, de convoquer M. Ahmadinejad pour le questionner sur sa politique, tandis que le président a refusé de signer plusieurs lois votées par le Parlement.

 

"Dans la situation actuelle, le régime politique du pays est présidentiel et le président de la République est élu directement par le peuple, ce qui est bien. Mais si un jour dans un avenir lointain nous avons le sentiment qu'un régime parlementaire est mieux pour choisir le chef de l'exécutif, il n'y a pas de problème pour changer le système actuel".
Cette petite phrase, lâchée dimanche par le guide suprême iranien, l’ayatollah Khamenei, lors d'un déplacement en province a engendré, en Iran, un débat politique sur une éventuelle réforme des institutions en Iran.
 
Ce matin, la presse faisait ses gros titres sur cette petite phrase lancée alors que le courant religieux conservateur au pouvoir en Iran est secoué depuis le printemps par un conflit ouvert sans précédent entre les partisans du président Mahmoud...
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