Soros, Obama et Moore.
Apparu en plein jour il y a un mois, le mouvement "Occupy Wall Street" est considéré comme l'équivalent, sur la gauche du spectre politique, du mouvement conservateur du Tea Party, et comme pour ce rassemblement de la droite américaine, les questions sur ses origines et son financement abondent.
Pour Rush Limbaugh, animateur de radio et figure du conservatisme, comme pour d'autres détracteurs de ce rassemblement contre le capitalisme, le milliardaire George Soros serait à la manœuvre, au moins pour ce qui est du financement. "L'argent de George Soros est derrière tout ceci", a affirmé la semaine dernière Rush Limbaugh, dont les émissions sont écoutées par plusieurs millions d'Américains. Avant d'ajouter: "Et il ne fait aucun doute dans mon esprit que la Maison blanche est derrière tout ceci (…). Barack Obama va maintenant, pour sa réélection, mener campagne contre Wall Street, et tous ces crétins qui manifestent ne comprennent pas que Wall Street et Obama sont inséparables."
A l'instar des manifestants, Soros a protesté contre le plan de renflouement sur fonds publics des banques à la suite de l'éclatement de la bulle des crédits "subprime" et de la faillite de Lehman Brothers, en septembre 2008. Et en 2009, Soros exhortait en vain Barack Obama à recapitaliser ou nationaliser les banques et à les contraindre à prêter à des taux attractifs. Ses appels n'ont pas été entendus par le président démocrate.
Faux, a fait répondre George Soros, par la voix de son porte-parole, Michael Vachon. Il "n'a financé ni directement, ni indirectement les manifestations, a insisté M. Vachon jeudi. Et toute affirmation contraire est une tentative émanant de ceux qui s'opposent aux manifestants pour mettre en doute l'authenticité du mouvement".
Reste que, selon des données disponibles auprès du fisc, l'Open Society, la fondation de George Soros, a versé entre 2007 et 2009 au moins 3,5 millions de dollars à une organisation nommée Tides Center. Et que ce collectif basé à San Francisco participe au financement des activistes canadiens d'Adbusters (littéralement les Casseurs de pub), un mouvement anticapitaliste qui revendique la paternité de l'expression "Occupy Wall Street".

Un manifestant signant une bannière géante plantée par le mouvement
"Occupy Wall Street", sur la "Place de la Liberté", à Washington. Jewel Samad/AFP
Le Tahrir américain ?
"Il ne nous a jamais donné un centime", affirme Kalle Lasn, un des cofondateurs du groupe créé à Vancouver, en Colombie-Britannique. Il explique que l'idée d'"Occupy Wall Street" a germé à la suite du "printemps arabe". Le nom du mouvement, poursuit-il, a été popularisé via le site internet d'Adbusters dès le 13 juillet par un appel à un rassemblement pour le 17 septembre. "Nous étions inspirés par ce qui s'était produit en Tunisie et en Egypte. Nous avions le sentiment que l'Amérique était mûre pour vivre son propre Tahrir", précise-t-il en faisant allusion à la place du Caire devenue, l'hiver dernier, l'épicentre de la contestation contre le régime d'Hosni Moubarak. "Nous avions le sentiment qu'une indignation véritable montait en Amérique et nous avons voulu produire l'étincelle qui permettrait à cette indignation de s'exprimer", continue Kalle Lasn, 69 ans.
Adbusters, qui milite pour "un renversement des structures existantes du pouvoir" et "un changement de la manière dont les grandes entreprises exercent leur pouvoir", s'est spécialisée dans les détournements de publicités et des campagnes de marketing à l'efficacité reconnue.
Le collectif est à l'origine de campagnes comme le "Buy Nothing Day", une journée de boycott de toute forme de consommation, ou la "Digital Detox Week", une semaine pour se "désintoxiquer" des appareils numériques.
Le mouvement "Occupy Wall Street" bénéficie d'autres soutiens. Le site internet Kickstarter, qui permet de centraliser des promesses de dons, a récolté 75.000 dollars ainsi que des vivres. Michael Moore, le documentariste palme d'or à Cannes pour Farenheit 9/11 en 2004, a promis lui aussi de l'argent.
Sur le terrain, les manifestants du mouvement "Occupy Wall Street" ont obtenu vendredi un répit de la part du propriétaire du parc Zuccotti de Lower Manhattan, à New York, qui leur ont enjoint de nettoyer le campement improvisé où ils se sont installés il y a près d'un mois. Cet ordre de nettoyage, qui devait débuter à partir de 07h00 locales (11h00 GMT), pouvait laisser présager une confrontation avec les forces de l'ordre. L'adjoint au maire de la Grosse Pomme, Cas Holloway, a annoncé dans un communiqué que l'organisme privé propriétaire du parc Zuccotti, Brookfield Office Properties, avait décidé jeudi soir de retarder l'opération de nettoiement, sans dire ce qui avait motivé cette décision. Les manifestants se sont réjouis de ce report, dans le parc où l'ambiance était à la fête.
Toutefois, sept personnes ont été interpellées vendredi au moment où un cortège de plusieurs centaines de manifestants quittait le parc en direction du quartier financier, ont constaté des témoins. La police newyorkaise a confirmé qu'il y avait eu des arrestations mais n'a donné ni chiffres ni précisions.
Pour Rush Limbaugh, animateur de radio et figure du conservatisme, comme pour d'autres détracteurs de ce rassemblement contre le capitalisme, le milliardaire George Soros serait à la manœuvre, au moins pour ce qui est du financement. "L'argent de George Soros est derrière tout ceci", a affirmé la semaine dernière Rush Limbaugh, dont les émissions sont écoutées par plusieurs millions d'Américains. Avant d'ajouter: "Et il ne fait aucun doute dans mon esprit que la Maison blanche est derrière tout ceci (…). Barack Obama va...


- - Bien fait pour votre grande gueule " démocratique " .
07 h 00, le 14 octobre 2011