Les Danois avaient dit « non » à l’Europe lors d’un référendum en 1992, puis obtenu quatre dérogations majeures pour revenir sur leur décision en 1993. En particulier, ils n’ont pas adopté l’euro, confirmant ce rejet en 2000. Le Danemark n’est pas non plus lié par les politiques européennes en matière d’immigration, d’asile, de lutte contre le terrorisme et la grande criminalité. Il s’est également exclu de la politique européenne commune de défense et ne veut pas entendre parler du projet de citoyenneté européenne.
Prendre la présidence de l’Union européenne dans de telles conditions, en pleine crise de la zone euro et à un moment où l’Union européenne est confrontée à de difficiles décisions dans les domaines de l’immigration et de l’asile, relève de la gageure. Lors d’une visite à Bruxelles pour y rencontrer le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, Mme Thorning Schmidt, qui vient d’être nommée après la victoire de son parti aux élections, a souhaité donner des garanties sur son engagement européen. « J’ai confirmé que nous envisagions d’organiser des référendums sur deux de ces exemptions » dont bénéficie aujourd’hui le Danemark, a-t-elle dit. Elle n’a pas fourni plus de précisions, mais dans son programme de gouvernement, elle a annoncé vouloir consulter ses compatriotes sur l’opportunité de participer à la coopération judiciaire et à la Défense commune.
José Manuel Barroso a pris acte de cette volonté de « renforcer la participation » du Danemark. « J’espère que Mme Thorning Schmidt va convaincre ses compatriotes qu’ils sont chez eux dans l’Union européenne », a-t-il dit. Il a admis que ces consultations ne pouvaient avoir lieu avant le début de la présidence danoise en janvier, mais a souhaité qu’elles soient organisées dans la foulée. M. Barroso a salué la décision de la dirigeante danoise de renoncer à poursuivre le projet du gouvernement de son prédécesseur, Lars Loekke Rasmussen, de rétablir des contrôles aux frontières nationales du Danemark avec l’Allemagne et la Suède. « Nous attendions cette décision » car ce projet suscitait « beaucoup de préoccupations », a-t-il souligné. M. Barroso a également rappelé que le Danemark participait au « Pacte pour l’Euro Plus », un ensemble d’engagements politiques grâce auxquels les pays membres de la zone euro et les pays associés, comme le Danemark, espèrent garantir la compétitivité et la convergence de leurs économies.
(Source : AFP)

