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Liban - L’Éclairage

Encore une fois, c’est Mikati qui tranche

La Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), qui regroupe la plupart des syndicats, a suspendu la grève prévue pour hier. À la suite des décisions prises par le Conseil des ministres, sur proposition du chef du gouvernement, le président Nagib Mikati. Qui a donc produit une solution, comme pour le dossier de l’électricité. Mais les organismes économiques rejettent l’arrangement. Ils s’en tiennent au compromis arrêté lors d’une réunion chez le président de la Chambre, Nabih Berry.
Les chiffres s’établissent alors ainsi : fixation du salaire minimum à 700 000 LL. Augmentation de 200 000 LL pour les salaires plafonnant à 1 000 000 et, pour les tranches supérieures jusqu’à 1 800 000, de 150 000LL. Avec des prestations pour des bourses scolaires et des frais de déplacement.
Après une journée marathon de tractations, le président Mikati a donc tranché avec le tableau suivant : augmentation de 200 000 sur 1 000 000 et en dessous. De 300 000 LL et plus jusqu’à seulement 1 800 000. Frais de déplacement de 10 000 LL. Bourses scolaires à 750 000 LL.
Le Conseil a chargé Mikati de poursuivre les contacts avec le patronat et avec les syndicats. La séance a été levée après que les objections des ministres du bloc du Changement et de la Réforme, dirigé par Michel Aoun, eurent été dûment consignées. Selon eux, l’on s’est contenté de palliatifs et ils défendent la solution radicale proposée par le ministre du Travail, Charbel Nahas.
Le ministre de l’Économie et du Commerce, Nicolas Nahas, confirme que le Conseil des ministres a délivré procuration au chef du gouvernement pour traiter le dossier et poursuivre les négociations d’apaisement. Le ministre pense que les choses vont s’arranger, c’est-à-dire que les protestations des uns et des autres ne seraient pas suivies d’effets. Car tout le monde reste conscient de la gravité, comme de la délicatesse, de la situation, le pays évoluant sur un fil de rasoir.
De leur côté, des professionnels de la politique pensent que les hauts cris que poussent les organismes économiques ne sont qu’une tentative d’obtenir quelques retouches. Un ministre rajoute qu’à son avis, « tout le monde va marcher », car nul n’a intérêt à l’escalade et à la confrontation.
Sur le plan politique, des majoritaires estiment qu’avec les revendications syndicales, l’on a voulu tester les capacités du gouvernement Mikati de traiter des dossiers épineux. Pour voir s’il est en mesure de proposer des solutions, mais aussi d’éviter que cela ne provoque des secousses.

Dangers
Surtout dans cette phase régionale à haut risque pour le pays, notamment en raison des événements de Syrie. Ils ajoutent que l’on ne doit pas oublier, dans ces conditions, la crainte de voir une cinquième colonne agir pour déstabiliser gravement le Liban par des incidents sécuritaires.
Pour ces cadres, les pôles économiques sont aussi lucides à ce propos que les politiques et prennent garde à ne pas contribuer à déstabiliser la scène libanaise.
Un ministre répercute de son côté la détermination des leaderships de la majorité, comme du gouvernement, à préserver la stabilité sécuritaire et politique, ainsi que la sécurité sociale. Indiquant à ce propos qu’il y a une bonne compréhension des revendications légitimes des travailleurs. Mais qu’il faut traiter les questions avec calme et lucidité pour qu’il n’y ait pas de mesures déplacées, précipitées, affectant le sort du cabinet. Une façon voilée de rappeler que les moyens matériels, du Trésor notamment, sont pour le moins limités et qu’il ne faut pas trop en demander...

Joumblatt révise sa position
Le président Nabih Berry, qui est pour le maintien du gouvernement Mikati, s’est montré rapidement actif pour neutraliser le projet de grève générale. Après en avoir référé au président Michel Sleiman, il s’est entretenu longuement avec le président Nagib Mikati. Puis il a organisé des réunions aves les organismes économiques et avec la CGTL pour mettre au point un arrangement exposé au Conseil des ministres mardi, mais qui a été modifié.
Des pôles du pouvoir craignent qu’un éclatement du gouvernement Mikati ne fasse perdre le contrôle de la majorité au 8 Mars. Avec renforcement sensible du front centriste incluant les députés du groupe Joumblatt, le bloc Mikati-Safadi et Nicolas Fattouche, en sus des hommes du président Sleiman. Cette coalition se retrouverait, en cas de crise ministérielle, en position d’arbitre souverain entre le 8 Mars et le 14 Mars. Elle choisirait à sa guise avec quel camp s’allier pour former un nouveau cabinet.
C’est surtout Joumblatt qui se met en avant. Il critique le régime syrien au sujet des réformes et les majoritaires qui se dressent contre le financement du TSL. Joumblatt s’abstient de visiter Damas ou de rencontrer sayyed Hassan Nasrallah. Il laisse le ministre Ghazi Aridi assurer les deux jonctions. Selon des sources informées, le leader de la Montagne s’apprêterait à proclamer le gel de sa participation au gouvernement jusqu’à ce que le financement du TSL soit décrété. Car il ne lui est pas possible de rester dans un gouvernement qui trahit les engagements internationaux du Liban.
Joumblatt veut rétablir les liens avec ses ex-alliés. Il a assisté à un déjeuner donné par un ami commun auquel étaient conviés des cadres du 14 Mars, dont les anciens députés Samir Frangié et Farès Souhaid. Et mardi dernier, il a lui-même donné un dîner à Clemenceau pour 11 anciens membres parlementaires de la Rencontre démocratique, maintenant disparue.
La Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), qui regroupe la plupart des syndicats, a suspendu la grève prévue pour hier. À la suite des décisions prises par le Conseil des ministres, sur proposition du chef du gouvernement, le président Nagib Mikati. Qui a donc produit une solution, comme pour le dossier de l’électricité. Mais les organismes économiques rejettent l’arrangement. Ils s’en tiennent au compromis arrêté lors d’une réunion chez le président de la Chambre, Nabih Berry.Les chiffres s’établissent alors ainsi : fixation du salaire minimum à 700 000 LL. Augmentation de 200 000 LL pour les salaires plafonnant à 1 000 000 et, pour les tranches supérieures jusqu’à 1 800 000, de 150 000LL. Avec des prestations pour des bourses scolaires et des frais de déplacement.Après une...
commentaires (5)

Le Pauvre, il tient la Pastèque en main. Mais, d'autre tient le couteau... Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

06 h 45, le 13 octobre 2011

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Commentaires (5)

  • Le Pauvre, il tient la Pastèque en main. Mais, d'autre tient le couteau... Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    06 h 45, le 13 octobre 2011

  • Chut ! quelqu'un, s'est érigé en Juge de l'iniquité, et s'est prononcé. Comme toujours, contre les intérêts de son pays. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    06 h 13, le 13 octobre 2011

  • Un gouvernement, c'est quelque chose dont il faut se protéger, et qu'il est inutile d'affronter de face. Alors on comprend le sens des dîners à Clemenceau dans un pays ou le caméléon croira toujours qu'il suffit de changer de forme pour échapper à tout. Nazira.A.Sabbagha

    Sabbagha A.Nazira

    04 h 43, le 13 octobre 2011

  • Comment pouvez-vous être sur M. Jabbour? Si le TSL n'était ni financé ni renouvelé, quel organisme prendrait la relève? Vous savez pertinemment bien qu'on ne peut pas compter sur les tribunaux libanais qui ont jusqu'ici laissé libres les assassins des 4 juges a Saida, l'assassin de Bachir Gemayel, les assassins de Pierre Gemayel et tant d'autres criminels qui mènent la belle vie alors qu'ils devraient être derrière les barreaux. Notre expérience passée a prouvé sans conteste que la justice libanaise n'est pas digne de confiance. Alors, quelle solution préconisez-vous?

    Bardawil Michel Charles

    03 h 15, le 13 octobre 2011

  • - - Le TSL ne sera ni financé , ni renouvelé , Walid Joumblatt le sait mieux que quiconque , et ce n'est pas avec des dîners chez des amis ou des déjeuner à Clemenceau , ou le gel de sa participation au gouvernement qui changera quelque chose à cette décision irrévocable . Voyons jusqu'où ira-t-il cette fois avec ses aventures et tribulations périlleuses !!

    JABBOUR André

    00 h 53, le 13 octobre 2011

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