Le patriarche Sfeir a indiqué que les chrétiens se trouvaient dans la région et au Liban depuis la naissance du christianisme, et qu’ils devaient se battre pour rester sur cette terre parce que leur présence est nécessaire à l’ensemble de la région. Il a précisé à plusieurs reprises qu’il est nécessaire, pour qu’ils puissent se protéger, de « ne pas être en conflit les uns avec les autres, mais de pouvoir s’épauler et se solidariser ». « Ils doivent unifier les rangs », a-t-il dit, « mais s’ils continuent à quitter le pays et la région pour l’Europe et les États-Unis, leur nombre va diminuer et leur voix ne sera plus entendue, et c’est cela qui fait peur ». Il a également insisté sur la nécessité de préserver la convivialité islamo-chrétienne, précisant que le Liban ne peut pas vivre sans ses deux composantes.
Le patriarche Sfeir a souhaité plein succès au patriarche Raï dans sa mission visant à rapprocher les chrétiens. « Le pouvoir est désormais entre ses mains », a-t-il dit. « Il est encore au début du chemin », a-t-il dit, soulignant que « chaque patriarche a son propre style ».
Concernant la situation des chrétiens dans le cadre de la révolution en Syrie, il a dit : « Si les chrétiens soutiennent une partie, ils devront subir la pression de l’autre. S’ils sont divisés en deux camps, ils devront supporter leur division. Peut-être serait-il préférable qu’ils restent neutres. » Concernant les dangers de l’islamisme, il a dit : « L’Église n’est pas contre l’islam, mais il y a des extrémistes chrétiens et musulmans. L’extrémisme est contre la convivialité et la coexistence pacifique. »
Le patriarche Sfeir a par ailleurs répondu à une question sur l’intention du patriarche Raï de se rendre à Damas : « Lui sait si une visite en Syrie est bonne ou pas pour le Liban. » « C’est par devoir que je ne me suis pas rendu en Syrie », a-t-il dit, en référence à ses années à la tête du patriarcat. « Une telle visite aurait nécessité que nous continuions en fonction des orientations syriennes. Or nous ne voulons aller que dans le sens de l’option libanaise », a-t-il dit.
Dans ce contexte, il a rejeté l’idée selon laquelle « collaborer avec la présence syrienne au Liban aurait eu des conséquences fructueuses pour les chrétiens au lieu de la répression qui s’est abattue sur eux ». « Cela n’est qu’une hypothèse, et nous ne pouvons pas nous fonder sur des hypothèses », a-t-il dit. Il a ajouté, en réponse à une question sur la récente visite du patriarche Raï au Liban-Sud et son accueil par le Hezbollah : « Les circonstances imposaient ce que nous avons fait à l’époque », en l’occurrence de ne pas se rendre dans cette région.
Mgr Sfeir a par ailleurs estimé que les positions de son successeur seraient en harmonie avec le Vatican, et que le patriarche Raï est « à l’honneur en Occident ». « Je ne sais pas pourquoi le président Obama a refusé de le rencontrer. C’est peut-être une question politique, mais cela concerne le président américain », a-t-il dit.
Il a par ailleurs estimé que « la révolution du Cèdre n’est pas terminée », mais qu’il « devrait y avoir un renouveau dans les esprits ». Le patriarche a enfin estimé qu’il ne regrette pas sa position sur la question du mini-État et des armes (du Hezbollah). « Les Libanais devraient tous être convaincus que les armes devraient se trouver aux mains de l’État, seul habilité à défendre les citoyens. Israël ne saurait être combattu par des groupes, mais par l’armée libanaise », a-t-il noté, avant de renouveler par ailleurs sa foi dans la justice internationale et de plaider en faveur du financement par le Liban du TSL.


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Bravo Anastase...bravo...enfin un qui a compris que Sfeir/Raï même combat...je commençais à désespérer....Areïa Anasatse.....
09 h 05, le 11 octobre 2011