Des voitures calcinées dans le quartier de Maspero, au Caire, au lendemain des affrontements sanglants. Amro Maraghi/
Les affrontements entre Coptes et forces de l'ordre qui ont fait 24 morts au Caire ont relancé les craintes d'une aggravation des tensions religieuses et politiques dans un pays qui connaît une transition fragile depuis la chute du président Hosni Moubarak.
Le gouvernement a entamé en milieu de journée par une minute de silence une réunion d'urgence à l'initiative du Premier ministre Essam Charaf, a rapporté l'agence officielle Mena. M. Charaf a estimé, dans la nuit, que le pays est "en danger". Il a appelé chrétiens et musulmans "à la retenue" et à ne pas céder aux "appels à la sédition". "Ce qui se passe, ce ne sont pas des affrontements entre musulmans et chrétiens, ce sont des tentatives de provoquer le chaos et la sédition", a dit Essam Charaf sur sa page officielle Facebook. Dans des déclarations rapportées par Mena, le Premier ministre a en outre estimé qu'il s'agissait d'un "complot pour éloigner l'Egypte des élections". Les premières législatives depuis le départ de M. Moubarak doivent se tenir à partir du 28 novembre, mais leurs modalités font l'objet de désaccords et beaucoup redoutent qu'elles ne soient marquées par des violences.
L'armée, qui tient les rênes du pays depuis la démission de M. Moubarak en février, n'a pas non plus transmis de calendrier précis de remise du pouvoir aux civils, promis après une élection présidentielle dont la date n'est pas encore formellement fixée.
Lundi, l'armée a chargé le gouvernement d'enquêter rapidement sur les violences de la veille. "Le cabinet a été chargé de former rapidement une commission d'enquête pour déterminer ce qui s'est passé et prendre les mesures légales à l'encontre de toute personne dont l'implication sera prouvée dans les évènements, que ce soit par la participation ou par l'incitation", a indiqué l'armée dans un communiqué lu à la télévision publique. L'armée estime que les affrontements sont dus "aux efforts de certains pour détruire les piliers de l'Etat et semer le chaos", et assure qu’elle prendra "les mesures nécessaires pour rétablir la situation sécuritaire".
Ahmed al-Tayyeb, grand imam d'al-Azhar, la plus haute institution de l'islam sunnite, a, de son côté, appelé musulmans et chrétiens au dialogue "afin de tenter de contenir la crise". Le dignitaire a déjà pris contact avec le patriarche copte Chenouda III, selon la télévision d'Etat. Le patriarche a quant à lui imputé la violence à "des infiltrés". "Les Coptes ont souffert à maintes reprises de problèmes sans que les agresseur ne soient poursuivis", a-t-il affirmé dans une déclaration publiée après une rencontre avec 70 responsables de son Eglise. Le patriarche a également invité les Coptes à un jeûne de trois jours à partir de mardi "pour ramener la paix en Egypte".
Au moins 40 personnes ont été arrêtées à la suite des affrontements qui ont aussi fait plus de 200 blessés, a indiqué à l'AFP un responsable de la sécurité, sans préciser combien étaient musulmans ou chrétiens.
Ces violences, les plus meurtrières depuis la révolte, ont eu lieu en marge d'une manifestation de Coptes protestant contre l'incendie d'une église dans le gouvernorat d'Assouan (sud). Les raisons qui ont fait dégénérer ce qui avait commencé comme une marche pacifique de milliers de Coptes du quartier de Chobra vers Maspero, où se trouve la télévision publique dans le centre du Caire, restent confuses.
Face à l'ampleur des violences, un couvre-feu a été décrété dans plusieurs quartiers du centre de la capitale de 00H00 à 05H00 GMT. La bourse du Caire a réagi en chutant lourdement de plus de 5% à son ouverture lundi. La place boursière a perdu quelque 45% depuis le début de l'année, reflétant la crise économique qui frappe le pays et les craintes des investisseurs sur son avenir politique.
Des craintes reflétées à la une des journaux égyptiens. "La révolution égyptienne a connu un nuit noire", titrait lundi le quotidien indépendant al-Chorouk. Un autre journal indépendant, al-Masri al-Youm, écrivait en Une "Egypte" en lettres ruisselant de sang.
"Les dirigeants doivent prendre des mesures sérieuses pour traiter les problèmes à la racine, autrement cette situation peut mener à la guerre civile", a estimé Fouad Allam, ancien chef des services de sécurité pendant deux décennies, sur la télévision al-Arabiya, en demandant une révision de lois religieuses discriminatoires.
D'autres, en revanche, relevaient que les heurts n'avaient pas simplement un fondement religieux, mais étaient alimentés par le ressentiment contre la police et le pouvoir militaire.
L'Egypte connaît depuis plusieurs mois une montée des tensions confessionnelles, alimentées notamment par des querelles de voisinage et des différends sur la construction d'églises. Les Coptes, qui représentent de 6 à 10% des Egyptiens, s'estiment discriminés dans une société en grande majorité musulmane. Ils ont été visés par plusieurs attentats, en particulier celui du Nouvel an contre une église à Alexandrie (23 morts). Ils protestent régulièrement contre une législation très contraignante sur la construction ou la rénovation d'églises, qui contraste avec le régime très libéral qui prévaut pour les mosquées.
Le gouvernement a entamé en milieu de journée par une minute de silence une réunion d'urgence à l'initiative du Premier ministre Essam Charaf, a rapporté l'agence officielle Mena. M. Charaf a estimé, dans la nuit, que le pays est "en danger". Il a appelé chrétiens et musulmans "à la retenue" et à ne pas céder aux "appels à la sédition". "Ce qui se passe, ce ne sont pas des affrontements entre musulmans et chrétiens, ce sont des tentatives de provoquer le chaos et la sédition", a dit Essam Charaf sur sa page officielle Facebook. Dans des déclarations rapportées...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
André Jabbour, je salue votre objectivité. Je crois que vous avez raison. Je suis de votre avis. Amitiés. Anastase Tsiris
12 h 10, le 10 octobre 2011