« Il est difficile d’imaginer un transfert du pouvoir par Ali Abdallah Saleh. Il ne le fera que sous la contrainte », a ainsi déclaré le porte-parole de l’opposition, Mohammad Qahtan, au lendemain d’une déclaration dans laquelle le chef de l’État a annoncé son intention de céder le pouvoir dans les prochains jours mais pas à des opposants. « Ce discours n’est qu’une manœuvre pour tenter de peser sur des consultations du Conseil de sécurité », a ajouté M. Qahtan, rappelant que l’émissaire des Nations unies, Jamal ben Omar, allait présenter mardi un rapport sur la crise politique au Yémen.
Il a plaidé pour un examen de la crise yéménite par le Conseil de sécurité, évaluant que « cela pourrait débloquer la situation » et qu’ « une intervention internationale aurait plus de poids que les médiations régionales ». M. Qahtan a estimé que les pressions sur le président Saleh pour qu’il quitte le pouvoir n’étaient pas suffisantes et que celles des monarchies arabes du Golfe n’avaient aucun effet.
La veille, le président yéménite s’était déchaîné dans un discours décousu contre ses opposants et affirmé qu’il y avait « des hommes sincères, qu’ils soient militaires ou civils », capables de gouverner le Yémen. Il a souligné que le pays faisait « face depuis neuf mois à un complot », dans une allusion à la vague de contestation.
M. Saleh a en outre annoncé qu’il allait convoquer une réunion du Parlement dans les prochains jours, mais sans préciser si c’était dans le but de prendre une décision quelconque. « Nous nous retrouverons dans les prochains jours pour expliquer au peuple la vérité et tous les développements en toute transparence. »
Rappelons que M. Saleh avait dit dans le passé être prêt à un transfert du pouvoir et à signer un plan des monarchies arabes du Golfe pour remettre le pouvoir à l’opposition, mais il n’avait pas agi en conséquence. Dans son discours décousu, M. Saleh n’a d’ailleurs fait aucune référence à ce plan élaboré avec l’appui des États-Unis et de l’Union européenne qui ont maintes fois appelé à un transfert pacifique du pouvoir.
(Source : AFP)

