En fin de journée, le Premier ministre Nagib Mikati a tenu au Grand Sérail une séance de travail avec une délégation de la centrale syndicale, présidée par Ghassan Ghosn. Cette réunion n’a débouché sur aucun résultat tangible, et le chef du gouvernement devrait effectuer un forcing et accentuer ses démarches dans les prochaines quarante-huit heures afin de trouver un dénominateur commun susceptible de donner satisfaction (du moins partiellement) aux revendications salariales de la CGTL sans provoquer pour autant le courroux des organismes économiques, lesquels ont tenu hier une réunion de leur côté pour mettre l’accent sur leur refus de toute hausse des taxations (comme le prévoit le projet de budget annoncé par le ministre des Finances, Mohammad Safadi).
Dans la pratique, le principe d’une hausse des salaires serait acquis, mais le différend porte sur la proportion et les détails d’un tel réajustement. Le ministre de l’Économie, Nicolas Nahas, a précisé sur ce plan que la hausse des prix est estimée à 16 pour cent depuis 2008 (date à laquelle a été octroyée la dernière augmentation du salaire minimum). Cette proportion, estime Nicolas Nahas, est bien en deçà de la hausse des salaires réclamée par la CGTL.
L’estimation de la cherté de vie depuis 2008 devrait être fixée sous peu par la commission de l’indice des prix qui a tenu hier une réunion sous la présidence du ministre du Travail, Charbel Nahas, en l’absence des représentants de la CGTL qui ont boycotté la réunion. À l’issue des débats, le ministre du Travail a indiqué que le gouvernement envisage une augmentation forfaitaire des salaires dans une proportion de 20 pour cent, soit approximativement la proportion de la hausse des prix enregistrée depuis 2008, selon les estimations officielles.
La position du patronat
Pour en revenir aux organismes économiques, à l’issue de la réunion qu’ils ont tenue hier au siège de la Chambre de commerce et d’industrie de Beyrouth, ils ont réaffirmé leur opposition à l’augmentation de certaines taxes prévue dans le nouveau budget, « mesures qui contredisent tous les principes de croissance et qui auraient un impact négatif sur les indicateurs économiques du pays », ont-ils souligné. Rappelons que le projet de budget présenté mardi par le ministre des Finances prévoit notamment une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 10 à 12 %, l’introduction d’une nouvelle taxe immobilière de l’ordre de 3 %, applicable aux ventes, ainsi qu’une hausse de la taxe sur les intérêts provenant de l’épargne bancaire de 5 à 8 %.
Les organismes économiques ont également tenu à réaffirmer leur opposition à l’avis de grève générale émis par la CGTL qui réclame, entre autres, la hausse du salaire minimum à 1 million 750 mille livres (contre 500 mille livres actuellement). Les représentants du patronat ont appelé à cet égard le président de la CGTL à la reprise du dialogue.
Au niveau du mouvement syndical, le syndicat des transporteurs routiers a fait savoir dans un communiqué qu’il s’opposait aux nouvelles mesures figurant dans le budget 2012 et qui « rendent encore plus difficile la situation financière des ménages modestes et des travailleurs ». Il cite notamment l’augmentation de la TVA et l’augmentation du prix de l’essence et appelle le gouvernement à revoir toutes ses politiques économiques, « depuis Taëf jusqu’à ce jour ».
De leur côté, le syndicat des employés de la Banque du Liban (BDL) et le syndicat des employés des banques commerciales ont annoncé leur soutien aux revendications de la CGTL. Dans un communiqué publié hier, les deux syndicats affirment leur appui au mouvement de grève générale prévu le 12 octobre ainsi que leur attachement à la nécessité d’une hausse des salaires.


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Avec tout ce dialogue de sourds la grève générale de la CGTL semble inévitable dans un pays qui manque de sérieux et ou tout est provisoire et ou les hausses des salaires sans une politique économique de redressement ne feront qu ’augmenter l’ inflation . Antoine Sabbagha
01 h 51, le 08 octobre 2011