Pour la troisième fois au Liban, Oscar Sisto a des projets de spectacles entre Paris et Beyrouth. (Photo Michel Sayegh)
Né en Argentine «de père italo-espagnol et de mère aux origines palestino-libanaises. Mon arrière arrière-grand-père maternel s’appelait Moussa Sader», confie-t-il, Oscar Sisto est, intrinsèquement, un homme du Sud. Chaleureux, convivial, disert, fortement attaché à sa famille et à ses sources multiculturelles. Celles qui lui font goûter, avec autant de plaisir, le tango argentin, les mélodies italiennes, la musique andalouse ou la voix de Feyrouz. «J’ai toutes ses chansons. Elle est ma drogue», dit-il d’ailleurs de la diva libanaise.
Autant de registres différents dans lesquels ce musicien puise l’inspiration des mélodies, «aux racines toujours classiques», qu’il compose pour des films (le dernier en date est Les marées criminelles) ou, plus fréquemment, pour le théâtre et les spectacles musicaux qu’il met, par ailleurs, en scène et dans lesquels il joue. À l’instar de Violon Dingue de Mohammad Bounouara, de On purge bébé de Feydeau (pour l’adaptation de laquelle il a composé une musique à la manière d’Offenbach) ou encore de François d’Assise, le rebelle d’après Christian Bobin, pour ne citer que quelques-unes de ses pièces les plus
récentes.
«J’aime autant créer des morceaux de musique, mettre en scène, faire l’acteur que chanter, jouer du piano ou enseigner. Choisir d’exercer une seule de ces disciplines c’est renoncer. Et moi, je ne peux pas, je les aime toutes», assure cet artiste polyvalent dans l’âme.
Qui avoue aussi avoir choisi d’inscrire sa pratique du chant et de la musique dans le contexte du théâtre, «parce que je n’avais pas le physique du chanteur romantique et que je ne voulais pas être cloisonné dans la chanson latino, tango...».
Sauf que le théâtre est, également, pour cet «amoureux de la parole», «une façon d’aller vers les gens, de partager des idées, des expériences, des moments de bonheur, parfois même une quête de sens». C’est pourquoi, à vingt ans, il abandonne ses études d’architecture pour venir à Paris s’inscrire au cours Florent, sous la férule de Francis Huster, et rejoindre le Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet, avant de suivre divers stages de formations auprès de Peter Brook d’abord, puis, à New York, avec William Packard et Uta Hagen au HB Studio.
Autant de méthodes dont il va s’inspirer, plus tard, lorsqu’il ouvrira sa propre académie. Une école à travers laquelle cet homme, qui a l’enseignement dans le sang – «Mon père a fait toute sa carrière dans l’éducation», signale-t-il – dispense son mélange de compétences et de techniques de coaching aux personnalités politiques parfois, mais aux jeunes artistes surtout avec le désir de les aider dans leur apprentissage de «l’usage de la voix, la libération des tensions et la maîtrise de leur présence scénique».
Pour les jeunes chanteurs libanais de la troupe En FA Mi qui animeront, demain soir (vendredi 7 octobre), la soirée Vinifest à l’hippodrome de Beyrouth, Oscar Sisto a concocté personnellement (avec la complicité de la dialoguiste Isabelle Bournat et du compositeur Fréderic Jansac) quelques mélodies, «autour de l’amour, du vin et des rencontres...», regroupées, avec des reprises d’airs célèbres, sous forme d’un court spectacle musical, dont il signe également la mise en espace. Un spectacle auquel il prendra part également sur scène en interprétant et jouant au piano des tangos argentins et italiens.
Un programme établi ici et maintenant, qui sera suivi, Oscar Sisto le promet, d’un projet de création d’un spectacle pour cette «magnifique» jeune troupe libanaise qu’il voudrait présenter sur scène à Paris!
* Troupe musicale, constituée de jeunes et belles voix, dirigée par le Dr Assaad Habib, et qui offre ses prestations musicales au profit des enfants malades.

