Des manifestants communistes ont occupé hier le bureau du ministre grec du Travail, Georges Koutroumanis. Louisa Gouliamaki/AFP
Rappelons que la veille à Luxembourg, la zone euro avait reporté du 13 octobre à la mi-novembre toute décision sur le versement d’une prochaine tranche du prêt international dont Athènes a un besoin vital pour éviter la faillite, en réclamant des mesures nouvelles d’économies pour 2013 et 2014, et des privatisations supplémentaires. À son retour de Luxembourg, le ministre grec des Finances Evangélos Vénizelos a répondu hier devant les médias que de nouvelles économies ne seraient « pas nécessaires », « à condition que les mesures déjà annoncées soient appliquées ».
Il a minimisé le report de la décision sur le versement du prêt en jugeant que la Grèce pouvait tenir jusqu’à la mi-novembre et en assurant que les efforts déjà effectués par les Grecs ont été jugés « impressionnants et ont changé le climat ».
Selon la presse grecque, les mesures nouvelles demandées par les créanciers (UE, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) porteraient sur une accélération de la réforme du marché du travail pour abaisser les coûts du travail et relancer l’activité en Grèce, où l’économie est totalement asphyxiée par trois ans de récession, dont presque deux d’austérité drastique. La troïka aurait demandé un abaissement du salaire minimum (750 euros) et une révision des conventions collectives qui régissent les salaires dans les entreprises privées. Cette mesure touchant le privé interviendrait après l’abaissement général du traitement des fonctionnaires et des retraités appliqué en 2010 à la demande des créanciers, et le relèvement de nombreux impôts et taxes.
Alors que des propos attribués au Premier ministre grec Georges Papandréou, disant que la Grèce « n’allait pas devenir comme l’Inde », faisaient le tour des médias, toute la presse titrait hier sur les nouveaux efforts demandés.
Un titre évoquait la « torture chinoise de la goutte d’eau » utilisée par la troïka sur la Grèce avant de débloquer les 8 milliards d’euros initialement promis en août, selon l’échéancier du prêt international de 110 milliards sur trois ans accordé en mai 2010, dont la Grèce a reçu 65 milliards à ce jour.
Même si aucune manifestation d’envergure n’a eu lieu depuis la rentrée, des actions de protestations sporadiques contre l’austérité se multiplient, auxquelles se mêlent étudiants et lycéens opposés à la réforme de l’enseignement supérieur et l’austérité. Quelques dizaines des 200 manifestants du syndicat communiste Pame qui ont occupé le ministère grec du Travail ont réussi à pénétrer à l’intérieur du bureau du ministre Georges Koutroumanis pour protester contre tout abaissement du salaire minimum.
Ailleurs dans Athènes, des blocages se poursuivent devant les ministères, où les inspecteurs de la troïka sont censés avoir des rendez-vous pour terminer leur audit des comptes publics.
Alors que le projet de prébudget 2012 recensant toutes les mesures est en débat au Parlement, les syndicats font monter la pression en tentant de mobiliser dans la rue malgré l’abattement général perceptible dans le pays.
Aujourd’hui doit avoir lieu la première grève de 24 heures depuis la rentrée à l’appel du syndicat du public, l’Adedy, touchant essentiellement les fonctionnaires et les employés des entreprises publiques qui protestent contre la mise en chômage technique de 30 000 salariés d’ici à la fin de l’année. Le 19 octobre, l’Adedy et la centrale du privé, la GSEE, prévoient également une grève générale de 24 heures.
(Source : AFP)


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