Walid Nahas, une vision à la fois classique et moderne de la musique. (Michel Sayegh)
Ne délaissant jamais le piano, qu’il a eu en héritage – un cadeau de son arrière-grand-père Michel Chiha à sa femme –, Nahas ira quand même à l’âge de quinze ans à la rencontre du rock et du jazz. «C’était une manière de redécouvrir le monde à travers de nouvelles harmonies.» Dans ses allers-retours entre le Canada et la France, pour enfin s’établir dans son pays d’origine, le Liban, le pianiste apprivoise l’élégant instrument et se nourrit de mélodies. De ses premiers pas dans les hôtels ou dans les pianos-bars à chuchoter à l’oreille de son piano, il en apprend la maîtrise totale. «C’est une très bonne école, dit-il, et j’en garde un très bon souvenir car on est à la fois entouré de personnes qui sont là, mais qui ne vous entendent pas. On se trouve donc obligé d’être plus à l’écoute de soi-même.»
Son côté rêveur et sa nature romantique, qui le font aimer Chopin, Schubert et Satie, mais également son désir très fort de sortir des sentiers battus poussent le pianiste à jouer au sein de groupes différents. Mais c’est seul, assis devant son piano et les yeux fermés, qu’il parvient à créer un univers propre à lui, empreint à la fois de classicisme et de
modernité.
Aujourd’hui, Walid Nahas va plus loin et s’immerge totalement dans ce voyage. Avec l’appui de sa femme, qui respecte cette île de musique qui l’entoure, Nahas se met tôt le matin au travail. Bientôt, le musicien mariera la forte résonance de son piano aux sonorités en sourdine de l’harmonica.
Walid Nahas a encore beaucoup à dire. Et si son premier concert au Liban a pris l’allure de balbutiements et de liens renoués avec son pays, le musicien compte rapporter avec lui cette fois des brassées d’images. Des atmosphères inédites. Cristalline, sa musique évoque les flots maritimes, les vagues à jamais renouvelées, l’invitation au voyage. À la contemplation.

