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Couverture spéciale de la révolte en Syrie

La résistance armée s’organise de mieux en mieux en Syrie

Manifestations aux quatre coins du pays en hommage à Rastan.
Après six mois de manifestations pacifiques durement réprimées, une résistance armée s’organise depuis quelques jours à Rastan dans le mohafazat de Homs. Un millier de déserteurs épaulés par des habitants en armes tentent de résister à l’assaut des forces gouvernementales. Les chars de l’armée ont pilonné la ville pour la deuxième journée consécutive alors que le régime a lâché ses avions de chasse et leurs missiles au-dessus de la ville – Rastan, où les forces de sécurité s’en sont également pris à la mosquée al-Omani et ont procédé à des arrestations massives. En réponse à ces attaques, des membres de l’armée syrienne « libre » sous le commandement du colonel Riyad al-Assad ont visé 6 convois des forces pro-Assad qui se dirigeaient de l’est de Maara vers le QG de Neyrab dans le mohafazat d’Idleb.
Al-Arabiya a fait état également de clash entre des soldats insoumis et l’armée à Maarat an-Naaman, dans le mohafazat du Rif de Damas et dans les localités de Bsout et Karaker. Des affrontements ont en outre éclaté entre l’armée syrienne et les chabbiha d’un côté et les militaires insoumis du bataillon Khaled ben Walid de l’autre. Ces affrontements sont intervenus après que le bataillon de « la famille Harmouche », issu de l’armée syrienne « libre », eut annoncé par le biais d’une vidéo préenregistrée ses intentions d’exécuter des opérations militaires contre les chabbiha et les soldats pro-Assad à Jabal Zawiya. L’un deux a affirmé que son bataillon a tué plusieurs de ces derniers et qu’ils ont libéré un grand nombre d’élèves prisonniers. Un autre officier insoumis a indiqué de son côté que les soldats de l’armée syrienne « libre » ont tué 80 chabbiha et en ont blessé un grand nombre.
Selon les Comités de coordination locale, les forces syriennes ont tué au moins 27 personnes depuis le déclenchement de leur offensive dans cette ville. Une autre organisation, la Commission générale de la révolution syrienne, qui rassemble plusieurs mouvements d’opposition, a estimé pour sa part que l’offensive avait fait 41 morts en trois jours.
À Homs, plus au Sud, une fillette a été tuée par une balle perdue alors qu’al-Jazira a rapporté des tirs d’armes lourdes dans plusieurs quartiers, dont Talbia. Les blindés ont également attaqué le quartier de Biyada. À Deir ez-Zor, les forces de sécurité ont par ailleurs arrêté plusieurs élèves d’une école secondaire.
L’armée a en outre lancé un raid sur le souk aux légumes de Lattaquié et a fait entrer ses chars dans Idleb, où les habitants avaient décrété un jour de grève générale. Des perquisitions ont également eu lieu dans cette dernière ville.
Mais ces violences n’ont pas eu raison du mouvement de protestation, des rassemblements de soutien aux habitants de Rastan ont eu lieu à Alep, el-Qaraa, Zabadani et dans le quartier el-Qadam à Damas. Plus tard dans la soirée, des manifestations ont également eu lieu à al-Khalidiya, al-Waar, dans plusieurs villes du Hauran dont Mseifra, al-Harak, al-Jeeza, Jassem, Qaboun, Koubani, à Deraa ainsi que dans le quartier Mouhajirine à Damas, près de la mosquée Qannani.

« La victoire pour notre Syrie »
Des militants prodémocratie ont par ailleurs appelé à de nouvelles mobilisations aujourd’hui avec comme slogan « La victoire pour notre Syrie. Les peuples sont plus forts que tous les despotes. »
Dans ce contexte, le célèbre opposant syrien Michel Kilo a affirmé craindre que les contestataires, en s’armant, ne fassent le jeu du régime et que cela ne conduise à une guerre civile.
Parallèlement, à Istanbul, le Conseil national syrien (CNS) et plusieurs autres partis ou personnalités importantes ont discuté à huis clos de la composition des instances dirigeantes du principal conseil d’opposition, selon sa porte-parole. Le CNS cherche à unifier l’opposition en intégrant notamment en tant que parti les Frères musulmans, puissante formation islamiste implantée de longue date en Syrie, et les partisans de la Déclaration de Damas, plate-forme de revendications démocratiques née en 2005. Une réunion officielle du CNS est prévue samedi.
À Londres, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, a appelé l’opposition syrienne à « s’unir et à travailler ensemble » pour une Syrie démocratique, réclamant à nouveau le départ de M. Assad.
En même temps, au siège des Nations unies, l’Union européenne et les États-Unis s’efforcent de faire adopter une résolution condamnant la répression en Syrie, malgré l’hostilité de la Russie et de la Chine, qui s’opposent à des sanctions immédiates. « Le Conseil de sécurité ne peut rester plus longtemps inerte face aux crimes quotidiennement perpétrés depuis des mois contre la population par le régime syrien », a déclaré Bernard Valéro, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. « C’est la raison pour laquelle la France, avec certains de ses partenaires, s’emploie à faire bouger les lignes à New York. Nous avons déposé un projet de résolution autour duquel les discussions se poursuivent au Conseil de sécurité, nous travaillons à un texte par lequel la communauté internationale adresse un signal fort à Damas. Nous voulons mettre le régime syrien en garde. Nous voulons qu’il arrête la terreur et la répression », a-t-il ajouté.
De passage à Paris après une visite à Genève, l’opposant syrien Haïssam al-Maleh, a par ailleurs annoncé avoir invité le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à préparer le dossier d’Assad et de ses proches en vue de leur éventuelle inculpation par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. Selon lui, le bilan de la répression s’élève à 5 250 morts et 5 000 disparus. Les forces de l’ordre ont en outre procédé à des milliers d’arrestations et 20 000 Syriens ont trouvé refuge en Turquie, au Liban et en Jordanie.
Enfin, à Strasbourg, le Parlement européen a demandé la libération immédiate de Rafah Nached, une psychanalyste syrienne de renom arrêtée le 10 septembre à Damas, ainsi que de « tous les prisonniers arrêtés de façon arbitraire ».
(Source : agences et rédaction)
Après six mois de manifestations pacifiques durement réprimées, une résistance armée s’organise depuis quelques jours à Rastan dans le mohafazat de Homs. Un millier de déserteurs épaulés par des habitants en armes tentent de résister à l’assaut des forces gouvernementales. Les chars de l’armée ont pilonné la ville pour la deuxième journée consécutive alors que le régime a lâché ses avions de chasse et leurs missiles au-dessus de la ville – Rastan, où les forces de sécurité s’en sont également pris à la mosquée al-Omani et ont procédé à des arrestations massives. En réponse à ces attaques, des membres de l’armée syrienne « libre » sous le commandement du colonel Riyad al-Assad ont visé 6 convois des forces pro-Assad qui se dirigeaient de l’est de Maara vers le QG de Neyrab dans le...