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À La Une - Yémen

Après moi, ce sera el-Qaëda, met en garde Saleh

Première interview du président contesté depuis son retour à Sanaa.

Le président yéménite s'adressant à la nation le 25 septembre, deux jours après son retour à Sanaa./

Ali Abdallah Saleh est physiquement affaibli, certes. Mais sa volonté de rester au pouvoir n'en semble pas affectée. Lors d'une brève entrevue accordée, jeudi, au Time et au Washington Post, la première depuis son retour au Yémen (le 23 septembre), après trois mois de convalescence en Arabie saoudite, M. Saleh a fait clairement comprendre que tout changement au Yémen se fera à ses conditions.

Selon les deux quotidiens, M. Saleh a refusé de s'attarder sur son état de santé. Pourtant, les journalistes qui l'ont rencontré au palais présidentiel à Sanaa ont rapporté qu'il avait le visage marqué par de "profondes cicatrices" et qu'il présentait des troubles de l'audition. "Ses mains étaient enveloppées par des compresses médicales, sous forme de gants généralement utilisés pour les victimes de brûlures graves", précisent-ils.

 

Même s'il a évité de le dire, le président contesté a implicitement accusé le général Ali Mohsen al-Ahmar et la tribu des Ahmar, de même que l'opposition, d'avoir joué un rôle dans la tentative d'assassinat dont il a été l'objet en juin dernier. "En ce qui concerne l'attaque, nous avons eu un échange d'informations avec les Etats-Unis qui nous ont promis d'analyser le dossier et de nous faire part de leurs conclusions fin septembre. Nous les attendons", a-t-il déclaré. 

 

Le président du Yémen a affirmé qu'il ne quittera pas le pouvoir si ses anciens alliés devenus ses opposants sont autorisés à participer à des élections. Il a affirmé que le plan présenté par les monarchies du Golfe pour une transition pacifique prévoit que "tous les éléments" qui causent des tensions au Yémen soient supprimés. Le président yéménite faisait allusion au général dissident Ali Mohsen al-Ahmar, qui a rejoint le mouvement de contestation du pouvoir, et à la puissante tribu des Ahmar (sans lien avec le général). Le plan du Golfe, élaboré en concertation avec les Etats-Unis et l'Union européenne, prévoit la formation par l'opposition d'un gouvernement de réconciliation et la démission de M. Saleh en échange de l'immunité pour lui-même et ses proches.

Le président Saleh a plaidé pour une transition pacifique du pouvoir à travers les urnes, précisant que le vice-président est chargé de négocier et de signer l'initiative ainsi que son mécanisme d'application.

La position de M. Saleh ne prête pas à confusion. Il refuse de céder le pouvoir si le général et la tribu des Ahmar gardent de l'influence. "Ce sera très dangereux. Cela mènera à une guerre civile", a-t-il affirmé."En ce qui me concerne, je prendrai ma retraite. D'ailleurs, l'opposition a contribué à ce que le président y soit très proche, par l'attaque criminelle qui eut lieu en juin contre le palais présidentiel", a ajouté M. Saleh en riant. 


Le président yéménite accuse l'opposition d'être en relation avec el-Qaëda, actif à Abyan, dans le sud du Yémen. Selon le Time et le Washington Post, M. Saleh a brandi le spectre de l'islamisme politique et d'el-Qaëda plusieurs fois durant l'interview. Selon ces médias, dans une tentative étudiée de gagner la sympathie d'une audience internationale plus concernée par la lutte contre le terrorisme que par l'établissement d'une démocratie fonctionnelle au Yémen, M. Saleh s'est directement adressé au peuple américain. "Je voudrais vous poser une question : Êtes-vous toujours engagés dans la poursuite des opérations contre les talibans et el-Qaëda? Si oui, ce serait bien. Mais ce que nous voyons, ce sont des pressions américaines et internationales en vue d'accélérer le processus de transition du pouvoir. Et nous savons à qui le pouvoir sera légué. Le pouvoir sera aux mains d'el-Qaëda directement et complètement liée aux Frères musulmans".


Interrogé sur la violente répression contre les manifestants qui depuis janvier dernier réclament son départ, M. Saleh a accusé le général dissident et le clan des Ahmar. "Ils assassinent des manifestants pour pouvoir ensuite accuser l'Etat", a-t-il affirmé. "Nous ne voulons pas que la crise se prolonge. Nous voulons sortir ce pays de la crise", a affirmé M. Saleh, au pouvoir depuis 33 ans, estimant que le transfert du pouvoir sera une réalité "tôt ou tard".

 

Ali Abdallah Saleh est physiquement affaibli, certes. Mais sa volonté de rester au pouvoir n'en semble pas affectée. Lors d'une brève entrevue accordée, jeudi, au Time et au Washington Post, la première depuis son retour au Yémen (le 23 septembre), après trois mois de convalescence en Arabie saoudite, M. Saleh a fait clairement comprendre que tout changement au Yémen se fera à ses conditions.
Selon les deux quotidiens, M. Saleh a refusé de s'attarder sur son état de santé. Pourtant, les journalistes qui l'ont rencontré au palais présidentiel à Sanaa ont rapporté qu'il avait le visage marqué par de "profondes cicatrices" et qu'il présentait des troubles de l'audition. "Ses mains étaient enveloppées par des compresses médicales, sous forme de gants généralement utilisés pour les victimes de brûlures graves",...
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