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Nos lecteurs ont la parole

Que nous réserve 2015 ?

George SABAT

Ne pensez-vous pas que la cause principale de l’effritement de la cohésion entre les différentes communautés au Liban (chiites/sunnites, chrétiens/chiites, chrétiens/chrétiens ou tout autre combinaison, provient principalement du fait que nous avons perdu confiance en l’État qui est censé unifier la volonté nationale, regrouper et rallier les énergies des diverses communautés afin de pouvoir faire face aux mille et un défis qui se présentent a l’heure actuelle.
Les 200 000 fonctionnaires du gouvernement qui sont pour la plupart sous-qualifiés, sous- rémunérés, minés par la corruption et en grande partie démotivés, ne sont pas capables à eux seuls de faire grand-chose. Les trente ministres, non plus, malgré leur compétence et leur bonne volonté. Seuls les quatre millions et demi de Libanais pourraient agir si le gouvernement se décidait à le leur demander.
Malheureusement, les politiciens, aussi bien ceux du 14 que du 8 Mars, appréhendent de faire appel au peuple car ils ne veulent pas perdre leurs privilèges et ils ont trop peur que ce peuple, le jour où il sera mis au courant de tout ce qui se passe à son insu, risque de leur demander des comptes. Les exemples de la Tunisie, de l’Égypte et de la Libye leur font craindre le pire. Voilà où nous en sommes. Tous les projets de réforme que les uns et les autres claironnent bruyamment n’aboutiront pas tant que le peuple n’y sera pas associé.
Prenez le cas de l’électricité. Si le peuple était pleinement conscient des conséquences du financement de la première phase de ce projet à 7,50 %, je suis sûr qu’il aurait bruyamment désapprouvé.
Ce taux de 7,5 % qui a été et continue d’être appliqué pour le calcul de la dette nationale a réussi à faire passer en vingt ans une dette initiale pour reconstruire le pays de sept milliards de dollars à un fardeau insupportable de soixante milliards de dollars. Ce fardeau continue de croître inexorablement chaque année de quatre à cinq milliards de dollars que nous sommes incapables de payer et qui augmente notre dette en proportion.
D’autre part, outre l’électricité, si nous voulons remettre en état notre infrastructure (eau, déchets, transports, routes, environnement, hôpitaux, écoles et universités), nous allons avoir besoin de quinze autres milliards de dollars (c’est l’actuel ministre des Finances qui nous l’a dit). D’où comptons-nous nous les procurer et à quel taux ? Pensez-vous que ce sera à moins de 7,50 % ? Quand on a suivi la même politique pendant vingt ans, il n’est pas facile, je le reconnais, de changer de cap à brève échéance.
Tâcher de résoudre les problèmes au cas par cas,
un jour l’électricité, un autre jour l’eau ou les transports, risque de ne donner aucun résultat. Une telle approche risquerait même de nous conduire tout droit à la faillite ou à l’abandon de notre souveraineté nationale si nous n’y prenons garde.
La seule solution effective serait pour nos dirigeants de retrousser leurs manches et de se mettre au travail pour étudier et établir un plan de développement économique et social inclusif pour ce pays, ainsi qu’une nouvelle politique fiscale et financière qui en découlerait. Ce plan et cette politique devraient ensuite être révélés au peuple dans tous leurs détails afin d’obtenir son approbation. Après tout, n’est-ce pas de son argent qu’il est question ?
En poursuivant ce raisonnement, il est possible d’envisager trois scénarios possibles pour le développement de l’économie et la situation financière du Liban durant les quatre prochaines années. Le premier scénario suppose que le statu quo présent ainsi que le taux de financement de la dette seront maintenus. La dette nationale, majorée des vingt nouveaux milliards requis pour l’infrastructure, atteindra alors $102 milliards à fin 2015.
Le second scénario entrevoit la possibilité de refinancer la dette entière au taux annuel de 4 % au lieu de la moyenne de 7,50 % que nous encourons à l’heure présente. Cela nous permettrait de réaliser des économies de l’ordre de 12 milliards de dollars. J’entends déjà les objections fuser que cela est impossible, sinon on l’aurait déjà fait. Je maintiens pourtant que c’est faisable à condition de changer de politique, et je laisse aux experts de la finance et des relations internationales le soin de trancher.
Enfin, j’ai prévu un troisième scénario, encore plus ambitieux, qui prévoit une réduction annuelle de la dette nationale de l’ordre de deux milliards de dollars grâce à un contrôle plus strict des dépenses publiques, une meilleure perception de certains revenus tels que la taxe sur l’enregistrement des biens-fonds, ainsi que les économies qui seraient réalisées grâce aux investissements dans les secteurs de l’énergie, des ressources hydrauliques, du transport, etc. Ce troisième scénario ramènerait la dette à $82 milliards à fin 2015 et nous permettrait d’économiser vingt milliards de dollars par rapport au premier scénario. En outre, une telle approche contribuerait à remettre l’économie du pays sur la bonne voie et servirait à réduire les inégalités sociales du système actuel.
Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur la méthode utilisée pour évaluer les résultats des trois scénarios précités, je demanderais de bien vouloir se référer sur l’Internet à mon site blog :
http://prevoyons2015.blogspot.com/2011/09/blog-post.html
La balle se trouve à présent dans le camp du gouvernement. Nous sommes en mesure de leur dire : messieurs les députés et les ministres, c’est à vous de jouer. Le peuple vous observe.

 

George SABAT

Ne pensez-vous pas que la cause principale de l’effritement de la cohésion entre les différentes communautés au Liban (chiites/sunnites, chrétiens/chiites, chrétiens/chrétiens ou tout autre combinaison, provient principalement du fait que nous avons perdu confiance en l’État qui est censé unifier la volonté nationale, regrouper et rallier les énergies des diverses communautés afin de pouvoir faire face aux mille et un défis qui se présentent a l’heure actuelle.Les 200 000 fonctionnaires du gouvernement qui sont pour la plupart sous-qualifiés, sous- rémunérés, minés par la corruption et en grande partie démotivés, ne sont pas capables à eux seuls de faire grand-chose. Les trente ministres, non plus, malgré leur compétence et leur bonne volonté. Seuls les quatre millions et demi de Libanais pourraient agir si...
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