La tension persistait mercredi dans le nord du Kosovo, où les violences de mardi ont entraîné la suspension du dialogue entre Belgrade et Pristina sous les auspices de l'UE.
Trois Kosovars albanais ont été blessés mercredi par des Serbes à Kosovska Mitrovica, la principale localité du nord du Kosovo, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la police kosovare, Besim Hoti. L'incident s'est produit dans le nord de la ville, où résident essentiellement des Serbes. Les trois personnes blessées travaillaient pour un programme local de l'Agence américaine pour le Développement international (Usaid) lié à l'environnement.
L'ambassade américaine à Pristina a immédiatement condamné cette agression.
Kosovska Mitrovica constitue un bon indicateur des tensions pouvant apparaître entre Serbes et Albanais dans le nord du Kosovo. La ville, divisée en deux sur le plan ethnique, avec les Serbes au nord et les Albanais au sud, est régulièrement le théâtre de crispations inter-ethniques. Les Serbes, très majoritaires dans le nord du Kosovo, ne veulent dépendre que de Belgrade et ne veulent pas entendre parler des autorités de Pristina.
La tension actuelle résulte des graves incidents qui se sont produits mardi à proximité de la frontière avec la Serbie, après la décision de la Force de l'OTAN au Kosovo (Kfor) de démanteler une barricade érigée par des Serbes.
Ceux ci refusent que deux postes frontaliers soient contrôlés par les autorités de Pristina, redoutant que cela ne conduise pour eux à un isolement croissant de la Serbie. Quatre soldats de la Kfor ont été blessés, dont un grièvement, par l'explosion d'une bombe artisanale. Six Serbes ont été d'autre part blessés.
Le président serbe, Boris Tadic, a rendu la Kfor responsable des blessés serbes, demandant au secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, d'établir pourquoi les soldats de l'OTAN avaient tiré sur eux, selon l'agence Tanjug.
La Russie, alliée de la Serbie, en particulier sur le dossier du Kosovo, dont Moscou ne reconnaît pas l'indépendance, a également accusé la Kfor de dérapages, se déclarant "particulièrement inquiète" devant les violences "des forces de la Kfor contre la population serbe".
Les réactions étaient toutefois très différentes du côté européen ou du côté de l'OTAN.
La Kfor a "réagi promptement pour rétablir un environnement calme et sécurisé" lorsque des Serbes ont violemment protesté contre le démantèlement d'une barricade érigée au poste de Jarinje (frontalier avec la Serbie), a indiqué l'Alliance dans un communiqué. "Quelques extrémistes serbes ont tenté de provoquer la violence mais l'incident a été résolu et la situation s'est calmée, bien qu'elle reste tendue", a-t-elle ajouté. L'OTAN a réaffirmé sa détermination, soutenue dès mardi soir par l'UE, à démanteler les barricades.
La France a également dénoncé les violences perpétrées contre les soldats de la Kfor.
Mais la principale conséquences de la flambée de violences a été la suspension des discussions entre Belgrade et Pristina sous les auspices de l'Union européenne et qui devaient reprendre mercredi à Bruxelles. La séance "n'a pas eu lieu parce que la délégation serbe n'était pas prête à poursuivre les discussions aujourd'hui", a précisé le médiateur européen Robert Cooper, soulignant que le dialogue reprendrait "quand la partie serbe sera prête".
Selon une source diplomatique, les Serbes voulaient évoquer la question des violences de la veille.
Le chef des négociateurs serbes, Borko Stefanovic, s'est montré cependant désireux de reprendre les pourparlers.
"Nous nous attendons à ce que les négociations continuent, quand et où que ce soit", a-t-il dit sur Radio Belgrade.
M. Stefanovic a réfuté les accusations selon lesquelles la Serbie ne serait pas disposée au dialogue. "Notre disposition au dialogue existe. Nous avons tendu la main et nous continuerons le dialogue", a-t-il assuré.


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