Cheikh Ali Salman, un des leaders de l'oppostiion chiite. Hamad I Mohammed/
Un tribunal d'exception bahreïni a confirmé en appel, mercredi, la peine de prison à perpétuité pour sept dirigeants de l'opposition chiite, a annoncé le procureur militaire, Youssef Fulaifel. L'opposition chiite a ouvertement appelé, pendant le mouvement de contestation populaire de la mi-février à la mi-mars, au départ de la dynastie sunnite des Al-Khalifa et à l'instauration d'une république.
Les condamnés sont Hassan Mashaimaa, chef du mouvement Haq, Abdelwahab Hussein, chef du mouvement Wafa, Abdeljalil al-Singace, un membre du Haq souffrant d'une paralysie des jambes, le militant des droits de l'Homme Abdelhadi al-Khawaja, qui a la nationalité danoise, Mohamed Habib al-Moqdad, détenteur d'un passeport suédois, son cousin Abdeljalil al-Moqdad et Saïd Mirza, tous deux membres du Wafa. L'un des rares sunnites du groupe, Ibrahim Chérif, chef du mouvement Waed, une formation de la gauche laïque, a vu sa peine de cinq ans de prison confirmée.
Ils ont été reconnus coupables d'avoir "formé et dirigé un groupe terroriste visant à changer la Constitution et le régime monarchique (...) par la force", "d'avoir été en contact avec un groupe terroriste à l'étranger, qui agit dans l'intérêt d'un pays étranger en procédant à des actes hostiles au royaume de Bahreïn" et d'avoir procédé à une "collecte de fonds pour ce groupe".
La cour d'appel a également confirmé des peines de prison allant de deux à 15 ans contre sept autres co-accusés, a ajouté M. Fulaifel, cité par l'agence officielle Bna. Tous peuvent se pourvoir en cassation auprès de la justice civile, a-t-il précisé.
Les 14 condamnés font partie d'un groupe de 21 opposants poursuivis dans la même affaire, dont sept étaient jugés par contumace et n'avaient par définition pas fait appel.
La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) a aussitôt appelé à leur libération, estimant que leur procès avait été "inéquitable et arbitraire". "Nous sommes très déçus par le maintien du verdict", a déclaré la secrétaire générale de la FIDH, Khadija Chérif.
Dans une démarche plus positive, les autorités bahreïnies avaient libéré vingt-six femmes sur 45 arrêtées, samedi dernier, selon un communiqué du gouvernement publié mardi. Le gouvernement avait nié que ces femmes aient été maltraitées comme l'ont affirmé l'opposition chiite et Amnesty International. Le groupe d'opposition, Al-Wafaq, avait annoncé lundi que plus de 40 femmes, dont 7 mineures, avaient été arrêtées, maltraitées et battues par les forces de sécurité à Manama pour avoir protesté, lors d'une marche, contre les élections législatives partielles tenues samedi dernier. Boycotté par l'opposition, le scrutin visait à pourvoir les 18 sièges du Wefaq, qui avaient démissionné pour contester la répression des protestations.
Sur le plan diplomatique, les relations entre Bahreïn et l'Iran alternent entre réchauffement et refroidissement.
Les relations de l'Iran avec Bahreïn et les autres monarchies du Golfe se sont dégradées depuis le début des mouvements de protestation et le déploiement dans ce petit royaume, à la mi-mars, de troupes saoudiennes et d'autres pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour aider la monarchie sunnite à réprimer les troubles. Les autorités de Bahreïn font depuis régulièrement l'objet de vives critiques de la part du régime iranien, tandis que le CCG accuse l'Iran d'ingérence dans les affaires du petit émirat.
Vendredi dernier, à New York, les chefs de la diplomatie iranienne et bahreïnie s'étaient néanmoins rencontrés pour la première fois depuis le début de la crise entre les deux pays au printemps. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, avait lancé, lors de cette rencontre, un nouvel appel au règlement de la crise à Bahreïn "par la tolérance et le dialogue entre les responsables bahreïnis et le peuple", selon le ministère iranien des Affaires étrangères. Son homologue bahreïni, cheikh Khaled ben Ahmad Al-Khalifa, avait pour sa part "regretté" l'absence d'ambassadeurs dans les deux pays et "souhaité" leur retour "pour permettre des contacts directs et des échanges de vue", affirme le communiqué officiel iranien. Téhéran avait rappelé son ambassadeur à Manama le 16 mars en réponse à une décision similaire des autorités bahreïnies.
Aujourd'hui, 210 des 290 députés iraniens ont toutefois dénoncé, dans une déclaration, le rôle de l'Arabie Saoudite dans la répression des mouvements de protestation au Yémen et à Bahreïn, selon le site du parlement. "Les événements dans la région et en particulier au Yémen et à Bahreïn sont entrés dans une phase sensible. Le massacre des populations innocentes dans ces deux pays, compte tenu du rôle de l'Arabie Saoudite, montrent la faiblesse des gouvernements en place. Il en résultera indéniablement un réveil islamique dans ces deux pays", ont affirmé les députés, majoritairement conservateurs.
Les condamnés sont Hassan Mashaimaa, chef du mouvement Haq, Abdelwahab Hussein, chef du mouvement Wafa, Abdeljalil al-Singace, un membre du Haq souffrant d'une paralysie des jambes, le militant des droits de l'Homme Abdelhadi al-Khawaja, qui a la nationalité danoise, Mohamed Habib al-Moqdad, détenteur d'un passeport suédois, son cousin Abdeljalil al-Moqdad et Saïd Mirza, tous deux membres du Wafa. L'un des rares sunnites du...

