Alessio Rastani interviewé par la BBC.
Un peu plus de trois minutes d'interview sur la BBC lundi. C'est ce qui a suffi à Alessio Rastani pour acquérir une célébrité internationale. Pour ce faire, ce jeune trader indépendant n'y est pas allé avec le dos de la cuillère.
"Les marchés sont dirigés par la peur (…) L'argent, les fonds d'investissement, les institutions, ils ne croient pas du tout à ce plan de sauvetage [de la zone euro]. Ils savent que le marché est carbonisé, qu'il est fini. Ils ne s'intéressent pas à l'euro (…) Ça ne va pas marcher", affirme-t-il, l’œil pétillant et le sourire aux lèvres. Face à la crise de la dette qui secoue la zone euro, plusieurs dirigeants politiques européens tentent de multiplier les signes volontaristes pour rassurer les marchés, alors que le Parlement allemand doit se prononcer jeudi sur le deuxième plan de sauvetage de la Grèce.
A la journaliste de la BBC qui s'étonne de la légèreté avec laquelle Alessio annonce quelque chose qui ressemblerait à une apocalypse financière, le jeune homme, qui serait britannique d'origine irano-italienne, répond : "Je suis un trader. Quand je vois une opportunité pour faire de l'argent, j'y vais. Comme la plupart des traders, je ne me sens ni concerné par la situation économique, ni par les façons de résoudre (la crise). Notre job, c'est d'en tirer de l'argent. Personnellement, ça fait trois ans que je rêve de cet instant. Je vais vous faire une confession, je vais au lit tous les soirs en rêvant d'une nouvelle récession".
Et de poursuivre, visiblement excité : "Les gens ne se souviennent pas que la récession des années 1930 ne se résumait pas à un krach boursier. Certaines personnes étaient prêtes à se faire de l'argent sur ce krach. Et tout le monde peut faire cela, ce n'est pas réservé à une élite. Quand le marché s'effondrera, quand l'euro s'effondrera, vous pourrez gagner énormément d'argent si vous savez quoi faire".
Grand seigneur, Alessio se fend d'un conseil à ceux qui n'ont pas les mêmes "facilités" à faire de l'argent en temps de super crise : "Cette crise économique est un cancer. Si vous attendez, elle ne fera que s’agrandir. Mon conseil : préparez-vous (…)". Et d'ajouter, pour ceux qui n'auraient toujours pas compris le message: "Les gouvernements ne dirigent pas le monde, Goldman Sachs dirige le monde".
Sans surprise, cette interview choc a fait le buzz sur internet. Et suscité, pour commencer, des questions quant à l'authenticité du trader.
Assaillie de questions sur ce sujet, la BBC a été obligée de présenter un communiqué pour faire taire les rumeurs. "Nous avons fait une enquête approfondie, et n’avons trouvé aucun indice laissant supposer que l’interview d’Alessio Rastani serait un canular", peut-on lire. Alessio Rastani a également été pris pour un membre du duo des "Yes Man", des humoristes qui piègent les institutions avec des canulars. Mais les "Yes Man" ont démenti, affirmant ne pas le connaître.
Reconstitué par The Telegraph, le CV du jeune homme laisse perplexe. Trader indépendant, il travaille chez lui, dans une maison dans le Sud de Londres, qui appartient à sa partenaire, Anita Eader. Son compte en banque ne serait pas très fourni et même dans le rouge. Il n’a jamais été autorisé à exercer par l’Autorité des services financiers et n’a, a priori, pas de passé d’employé d’une institution de la City. Alessio apparaît toutefois sur le site de la chaîne de télévision France 24. En octobre 2010, il intervenait, en tant qu'"observateur", mais toujours présenté comme trader, sur un reportage intitulé "Comment trouver l'amour à Téhéran".
Etant donné le profil d'Alessio Rastani, pourquoi la BBC aurait-elle fait appel à lui pour éclairer les téléspectateurs sur la crise financière?
Si la chaîne reste silencieuse, Rastani est plus bavard. "Ils m’ont approché. Je recherche l'attention du monde, c’est la raison principale pour laquelle je parle. C’est la raison pour laquelle j’ai accepté d’aller sur la BBC. Etre trader, pour moi, est un hobby, pas un business. Je suis un bavard. J’aime beaucoup parler. J’aime l’idée de parler en public", a avoué le jeune homme au Telegraph.
Reste que si des doutes planent toujours sur l’identité réelle de ce trader, ses propos ont fait mouche. Même le rédacteur en chef du service Économie de la BBC a twitté à son sujet auprès de ses quelques 82 000 abonnés : "A voir absolument si vous voulez comprendre la crise de l’euro et comment marchent les marchés", a-t-il écrit.
Car pour certains, Alessio Rastani dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, rendant les traders odieux et démontrant que les marchés se soucient comme d'une guigne du bien public .
Alors, Alessio Rastani : trader cynique ou grand réaliste ? La question continue de diviser sur la Toile.
Un peu plus de trois minutes d'interview sur la BBC lundi. C'est ce qui a suffi à Alessio Rastani pour acquérir une célébrité internationale. Pour ce faire, ce jeune trader indépendant n'y est pas allé avec le dos de la cuillère.
"Les marchés sont dirigés par la peur (…) L'argent, les fonds d'investissement, les institutions, ils ne croient pas du tout à ce plan de sauvetage [de la zone euro]. Ils savent que le marché est carbonisé, qu'il est fini. Ils ne s'intéressent pas à l'euro (…) Ça ne va pas marcher", affirme-t-il, l’œil pétillant et le sourire aux lèvres. Face à la crise de la dette qui secoue la zone euro, plusieurs dirigeants politiques européens tentent de multiplier les signes volontaristes pour rassurer les marchés, alors que le Parlement allemand doit se prononcer jeudi sur le deuxième plan...


- - Le mélange Italo-Iranien à bien réussi à ce golden boy , qui vient de se faire un nom , en bluffant l'humanité toute entière !! C'est-ce qu'on appelle de l'audace . Et si ce qu'il a annoncé se réalise !! Nous aurons devant nous le nouveau Georges Soros , qui n'aura rien investit que ses idées , et son audace de monsieur soleil .. Exemple à suivre puisque ça rapporte , et la preuve , toutes les chaînes de télévision du monde , et les journaux , blogs et tutti quanti en parlent et parlent de LUI . Bravo Alessio , et quelle pub pour Goldman Sacks !
07 h 38, le 28 septembre 2011