M. Saleh, au pouvoir depuis 33 ans et accusé de corruption et de népotisme, a toujours refusé, malgré les pressions régionales et internationales, de signer lui-même le plan du Golfe, qui prévoit sa démission en échange d’une immunité.
À New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé samedi soir toutes les parties à « rejeter la violence, y compris contre des civils pacifiques et désarmés », et a demandé un « processus de transition démocratique ». La porte-parole du département d’État, Victoria Nuland, a exhorté « le président Saleh à entamer un transfert complet du pouvoir sans retard et à organiser une élection présidentielle avant la fin de l’année dans le cadre de l’initiative du Conseil de coopération du Golfe » (CCG).
Les pro-Saleh dispersent une manifestation par la force
Sur le terrain, les forces qui lui sont fidèles ont dispersé par la force une manifestation hier à Sanaa, où une trêve précaire était observée entre unités militaires rivales. Les combats entre loyalistes et opposants ont fait 173 morts depuis leur déclenchement il y a une semaine à Sanaa. Les armes se sont tues samedi après-midi mais les forces militaires rivales étaient toujours fortement déployées hier à Sanaa, en dépit de l’ordre lancé par M. Saleh de retirer tous les militaires et dissidents armés des rues de la capitale.
Des dizaines de milliers de jeunes ont profité de l’arrêt des combats pour organiser hier une manifestation visant à réclamer la traduction en justice de M. Saleh. L’un des meneurs de la manifestation, qui se trouvait sur une camionnette à l’avant du cortège et répétait des slogans dans un haut-parleur, a été grièvement touché d’une balle à la tête. Sa mort a été un moment annoncée, mais « c’est une mort clinique », selon une source médicale. Dix-sept autres manifestants ont été blessés et la manifestation s’est dispersée.
À Taëz, deuxième grande ville du pays, trois hommes, dont deux combattants tribaux, ont été tués lors d’affrontements entre des tribus hostiles à M. Saleh et les forces militaires qui lui sont fidèles, selon des sources tribales et médicales. En outre, un soldat a été tué et quatre militaires, dont un officier, blessés dans une attaque contre leur véhicule, toujours à Taëz, où la garde républicaine, commandée par Ahmad, fils aîné de M. Saleh, a renforcé ses positions.
(Source : agences)

