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À La Une - New York

Abbas remet la demande d'adhésion de l’État de Palestine à l’ONU

Dans son discours à la tribune, Abbas a accusé le gouvernement israélien d'avoir "sapé tous les efforts de paix".

"Un Etat de Palestine", le miracle espéré par les Palestiniens. Marco LONGARI/

Le président palestinien Mahmoud Abbas a remis vendredi la demande historique d'adhésion à part entière d'un Etat de Palestine à l'ONU, ont annoncé les Nations unies et le porte-parole de M. Abbas, Nabil Abou Roudeina, malgré d'intenses pressions depuis des mois pour l'en dissuader. M. Abbas a présenté cette requête contenue dans une enveloppe portant l'emblème palestinien peu avant son discours devant l’Assemblée générale de l'ONU, a constaté un photographe de l'AFP.

Plus de soixante ans après le partage de la Palestine, M. Abbas a remis la demande au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui devrait la transmettre sans tarder pour examen au Conseil de sécurité, comme le prévoit la procédure de l'ONU. M. Ban transmettra ensuite la demande "vers le milieu de l'après-midi" à la mission du Liban, pays qui assure ce mois-ci la présidence tournante du Conseil de sécurité, a appris l’AFP vendredi de source onusienne.

 

Israël et les États-Unis s'opposent catégoriquement à cette initiative, exigeant qu'elle soit précédée d'un accord de paix avec l’État juif. "Nous regrettons la démarche", a déclaré à l'AFP Gidi Shmerling, porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu. "Nous pensons que la seule voie vers une paix véritable passe par des négociations, pas par des actes unilatéraux", a-t-il ajouté. Le président américain Barack Obama avait récusé mercredi à la tribune de l'ONU comme un "raccourci" illusoire la demande palestinienne à laquelle les États-Unis comptent opposer leur veto au Conseil de sécurité si nécessaire.

 

"J'ai remis au secrétaire général Ban Ki-moon la demande d'adhésion comme membre à part entière des Nations unies de la Palestine sur la base des lignes du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale", a précisé M. Abbas dans son discours à la tribune, brandissant le document sous un tonnerre d'applaudissements.

Nous sommes "prêts à revenir immédiatement aux négociations sur la base des références fondées sur le droit international (notamment les lignes de 1967, NDLR) et d'un arrêt total de la colonisation", a-t-il dit. Il a également affirmé que par cette démarche les Palestiniens "ne cherchaient pas à isoler ni délégitimer Israël", mais l'occupation et la colonisation.

Le président palestinien a accusé le gouvernement israélien d'avoir "sapé tous les efforts de paix" depuis un an et affirmé que la colonisation israélienne était "en train de détruire les chances d'une solution à deux États qui fait l'objet d'un consensus international et je mets en garde: cette politique de colonisation menace aussi la structure, voire l'existence de l'Autorité palestinienne". "Tous les efforts et tentatives des parties internationales ont été sapés par les positions du gouvernement israélien qui ont ruiné les espoirs nés de la reprise des négociations en septembre dernier", a-t-il ajouté.

 

Après son discours, "le président Abbas rentrera (à Ramallah) pour étudier les options des Palestiniens, lors d'une réunion avec la direction palestinienne, notamment l'initiative présentée par le président Nicolas Sarkozy", a indiqué jeudi le négociateur palestinien Saëb Erakat. Le président français a appelé mercredi l'Assemblée générale à accorder à la Palestine le "statut intermédiaire d’État observateur", identique à celui du Vatican, parallèlement à des négociations israélo-palestiniennes pour parvenir à un accord de paix "définitif" d'ici un an. Actuellement, les Palestiniens doivent se contenter d'être une "entité ayant le statut d'observateur" à l'ONU. Israël a opposé vendredi une fin de non-recevoir à la proposition de M. Sarkozy.

 

Les Palestiniens comptent obtenir "plus que les neuf voix" sur 15 nécessaires au Conseil de sécurité pour valider une demande d'adhésion, a affirmé jeudi à l'AFP le conseiller diplomatique de M. Abbas, Majdi el-Khaldi, ce qui forcerait les États-Unis à recourir au veto. Le vote au Conseil ne devrait pas intervenir avant plusieurs semaines, mais les Palestiniens se sont dits prêts à attendre qu'il statue avant d'étudier des alternatives. "Si à un certain moment, qui n'a pas été décidé, nous considérons qu'il y a eu un délai injustifié, nous irons à l'Assemblée générale (...) S'il n'y a pas de décision ou un veto, nous irons à l'Assemblée générale", a déclaré mercredi le négociateur palestinien Nabil Chaath.

 

Des foules de Palestiniens se rassemblaient vendredi soir dans les grandes villes autonomes de Cisjordanie, au moment où le président Mahmoud Abbas remettait à l'ONU la demande d'adhésion d'un État de Palestine, a constaté l'AFP. Des milliers de manifestants étaient massés dans le centre de Ramallah, la capitale politique de la Cisjordanie, à Naplouse (nord), à Hébron et à Jéricho, notamment, dans une ambiance festive, selon des correspondants de l'AFP. Côté israélien, l'armée et la police étaient en état d'alerte, les autorités ont déployé quelque 22 000 policiers le long de la "ligne verte", qui sépare Israël de la Cisjordanie, près des localités arabes israéliennes ainsi qu'à Jérusalem-Est occupée et annexée.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a remis vendredi la demande historique d'adhésion à part entière d'un Etat de Palestine à l'ONU, ont annoncé les Nations unies et le porte-parole de M. Abbas, Nabil Abou Roudeina, malgré d'intenses pressions depuis des mois pour l'en dissuader. M. Abbas a présenté cette requête contenue dans une enveloppe portant l'emblème palestinien peu avant son discours devant l’Assemblée générale de l'ONU, a constaté un photographe de l'AFP.
Plus de soixante ans après le partage de la Palestine, M. Abbas a remis la demande au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui devrait la transmettre sans tarder pour examen au Conseil de sécurité, comme le prévoit la procédure de l'ONU. M. Ban transmettra ensuite la demande "vers le milieu de l'après-midi" à la mission du Liban, pays qui...
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