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Moyen Orient et Monde - États-Unis

Troy Davis exécuté, le combat contre la peine capitale s’intensifie

Troy Davis, un Noir de 42 ans condamné à mort pour le meurtre d’un policier en 1989, a été exécuté par injection mercredi dans la nuit dans une prison de Jackson en Géorgie, peu après le rejet d’un ultime recours par la Cour suprême des États-Unis. Troy Davis, alors qu’il se rendait à la chambre d’exécution, a une dernière fois clamé son innocence, selon des journalistes qui ont assisté à ses ultimes instants.
Aux abords de la prison, plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblés en espérant que la sentence ne sera pas exécutée. Les manifestations ont eu lieu sur fond de forte présence policière et deux personnes au moins ont été appréhendées. De nombreuses personnalités, dont le Prix Nobel de la paix Desmond Tutu et la religieuse Helen Prejean, auteur de Dead Man Walking, militaient depuis des années contre l’exécution de Troy Davis. La France et le Conseil de l’Europe avaient joint cette semaine leur voix à ces militants. Après l’exécution, Paris et l’UE ont déploré « vivement » et « profondément » que les appels à la clémence n’aient pas été entendus.
Maintenant que Troy Davis a été exécuté, ses défenseurs espèrent qu’il n’est pas mort en vain : la peine de mort fait de plus en plus débat aux États-Unis où le nombre d’exécutions est sur une pente descendante.
« L’exécution de Troy Davis, son exceptionnelle injustice, va hâter la fin de la peine de mort aux États-Unis », prédit Benjamin Jealous, président de la puissante organisation de défense des personnes de couleur (NAACP), soulignant les « doutes » qui s’installent chez les Américains face à « tout un système qui peut exécuter un homme alors que tant de questions restent sans réponse ». « La peine capitale est en déclin aux États-Unis, (les autorités qui l’ont abolie sont) encore une minorité, mais une minorité grandissante qui finira par devenir une majorité », déclare Richard Dieter, directeur du centre d’informations sur la peine de mort (DIPC). En 2010, il y a eu 46 exécutions capitales aux États-Unis, soit moitié moins que dix ans plus tôt, selon le DIPC.
Alors qu’habituellement les médias américains couvrent très peu ces exécutions, celle de Troy Davis a été abondamment relayée et des journaux s’en sont indignés, le New York Times dénonçant par exemple « une erreur judiciaire tragique ». Le NAACP a promis que le 21 septembre resterait une journée du souvenir et du combat pour la justice qui ne sera « jamais parfaite tant que nous n’aurons pas mis fin à cette pratique brutale qu’est la peine capitale ». Troy Davis est « maintenant le symbole de tout ce qui est cassé, de tout ce qui va mal » avec la peine capitale aux États-Unis, estime Larry Cox, directeur d’Amnesty International USA. « Nous nous engageons dans un long combat », poursuit Laura Moye, chargée de la peine capitale à Amnesty, car « la Géorgie montre qu’un tel pouvoir ne peut pas reposer sur un seul État ». « Comment peut-on aller en Iran ou dans d’autres pays du Moyen-Orient pour leur dire comment ils doivent gouverner ou comment ils doivent être plus justes avec leurs citoyens quand on ne peut pas le faire soi-même ici aux
États-Unis ? » s’exclame le pasteur Vizion B. Jones.
(Source : AFP)
Troy Davis, un Noir de 42 ans condamné à mort pour le meurtre d’un policier en 1989, a été exécuté par injection mercredi dans la nuit dans une prison de Jackson en Géorgie, peu après le rejet d’un ultime recours par la Cour suprême des États-Unis. Troy Davis, alors qu’il se rendait à la chambre d’exécution, a une dernière fois clamé son innocence, selon des journalistes qui ont assisté à ses ultimes instants. Aux abords de la prison, plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblés en espérant que la sentence ne sera pas exécutée. Les manifestations ont eu lieu sur fond de forte présence policière et deux personnes au moins ont été appréhendées. De nombreuses personnalités, dont le Prix Nobel de la paix Desmond Tutu et la religieuse Helen Prejean, auteur de Dead Man Walking, militaient...
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