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À La Une - Commémoration

Dix ans après le 11 septembre, l'Amérique se souvient

Plusieurs cérémonies commémorant le 11 septembre ont eu lieu un peu partout dans le monde. Aux États-Unis, la cérémonie principale a eu lieu à « Ground Zero ». Pour le président Obama, les États-Unis ont gardé leurs « valeurs » malgré des « erreurs ».

Le président des Etats-Unis Barack Obama, la première dame Michelle Obama, l’ex-président Georges W. Bush et sa famille ont assisté à la cérémonie en souvenir des attentats du 11 septembre à New York. David Handschuh/

Dix ans après les attentats du 11 septembre, les Américains, unis derrière deux de leurs présidents, ont rendu hommage dimanche aux quelque 3 000 victimes d'une tragédie qui a profondément changé leur pays. A New York, où la sécurité a été renforcée en raison d'une menace « non corroborée » d'attentat par el-Qaëda, le président Barack Obama a assisté avec son prédécesseur George W. Bush à une cérémonie où les familles ont lu, l'une après l'autre, le nom des victimes, la voix parfois brisée par l'émotion. Parents, enfants, conjoints, frères, sœurs, ont souvent ajouté à l'énoncé du nom du disparu un bref hommage, un regret ou un mot d'amour. « Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans la détresse », a déclaré le président Obama, citant un psaume de la bible.

La cérémonie a eu lieu sur le site en pleine reconstruction de « Ground Zero », quatre mois après la mort du chef d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, tué au Pakistan par un commando américain le 2 mai. Dimanche, les familles des victimes ont aussi découvert pour la première fois le mémorial du 11 septembre, un espace paysagé de trois hectares construit sur le site même des anciennes tours jumelles du World Trade Center. Deux immenses bassins avec des cascades intérieures portent sur leur margelle le nom gravé en bronze des 3 000 victimes, dans un agencement rassemblant les proches ou les amis.

Et sur le site en reconstruction des deux tours, la foule émue s'est figée à six reprises dans un moment de silence : à l'instant précis des attaques contre les tours du World Trade Center et le Pentagone, à l'heure où un avion s'était écrasé en Pennsylvanie, et à l'heure où les tours se sont effondrées, faisant au total 2 977 morts, dont 2 753 à New York. M. Obama, qui s'est dit « particulièrement touché » par la cérémonie de New York, et par la « sérénité » du nouveau mémorial, s'est ensuite rendu dimanche avec son épouse Michelle à Shanksville (Pennsylvanie). Il y a déposé une gerbe à la mémoire des 40 passagers et membres d'équipage du vol 93, qui s'était écrasé en voulant contrer le plan des terroristes visant probablement le Capitole à Washington. « Nous avons fait des erreurs. Certaines choses ne se sont pas produites aussi rapidement qu'elles auraient dû, mais de façon générale, nous avons combattu el-Qaëda », a également déclaré M. Obama dans une interview à la chaîne NBC. Mais « nous avons sauvegardé nos valeurs, nous avons préservé notre caractère », a-t-il ajouté.

Une cérémonie a également eu lieu au Pentagone, où les attentats ont tué 184 personnes, à Washington. Là, en présence du vice-président Joe Biden, le secrétaire à la Défense Leon Panetta a rendu hommage aux troupes américaines pour leurs sacrifices, grâce auxquels « notre nation est aujourd'hui plus sûre et plus forte ». D'autres commémorations émailleront la journée un peu partout dans le pays, qui oubliera pour un jour ses profondes divisions politiques, la crise économique et le chômage à plus de 9%.

Des cérémonies étaient également organisées dans de nombreux endroits du globe. Réplique des tours du World Trade Center sur l'esplanade du Trocadéro, concerts, messe à Notre-Dame : Paris a aussi commémoré les attentats, dans un geste de solidarité à l'égard de l'allié américain, malgré les tensions passées autour de l'Irak. A Londres, près de 2 000 personnes ont participé à un office religieux à la cathédrale Saint Paul, pour rendre hommage aux 67 Britanniques tués dans les attentats. En Nouvelle-Zélande, joueurs et spectateurs du match Irlande-États-Unis de la Coupe du monde de rugby ont observé une minute de silence, au stade Taranaki de New Plymouth. En Allemagne, un service œcuménique a été célébré à l'Eglise américaine de Berlin par des représentants des communautés juive, musulmane et chrétienne. Le drapeau américain était en berne à Checkpoint Charlie. Et à Rome, une minute de silence a été observée dans les aéroports.

Le pape Benoît XVI a appelé de son côté les responsables politiques à « résister à la tentation de la haine ». Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a affirmé pour sa part qu'après le « long hiver » dont les attentats du 11-Septembre ont marqué le commencement, les événements du « printemps arabe » marquaient « une nouvelle saison d'espoir ». En Australie, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a prévenu que « la lutte contre le terrorisme n'(était) pas terminée » et que « la menace (était) toujours là contre nos pays », en déposant une gerbe au Mémorial des morts au combat, à Canberra.

Les troupes américaines déployées en Afghanistan ont également rendu hommage aux morts du 11-Septembre et aux victimes des combats qui durent depuis dix ans dans ce pays. Après dix ans de guerre, en Irak et en Afghanistan, qui ont fait plus de 6 200 morts américains, le président Obama a encore laissé entendre ce week-end qu'il était temps de commencer à tourner la page. « Après dix années difficiles, nous devons regarder vers l'avant, vers l'avenir que nous construirons ensemble », a-t-il dit dans son discours radiophonique hebdomadaire. Le bilan financier de ces dix années est lourd pour les États-Unis : en comptant les milliards de dollars engloutis dans la sécurité, dans les guerres, mais aussi l'impact économique des attentats et le coût des pertes humaines, il se monte à 3.300 milliards de dollars, a estimé ce week-end le New York Times.

 

Pour aller plus loin, voir notre Dossier spécial : 11 septembre, 10 ans plus tard

Dix ans après les attentats du 11 septembre, les Américains, unis derrière deux de leurs présidents, ont rendu hommage dimanche aux quelque 3 000 victimes d'une tragédie qui a profondément changé leur pays. A New York, où la sécurité a été renforcée en raison d'une menace « non corroborée » d'attentat par el-Qaëda, le président Barack Obama a assisté avec son prédécesseur George W. Bush à une cérémonie où les familles ont lu, l'une après l'autre, le nom des victimes, la voix parfois brisée par l'émotion. Parents, enfants, conjoints, frères, sœurs, ont souvent ajouté à l'énoncé du nom du disparu un bref hommage, un regret ou un mot d'amour. « Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans la détresse », a déclaré le président Obama, citant un psaume de la bible.
La cérémonie a eu lieu sur...
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