L'ambassade d'Israël en Egypte envahie, dans la nuit du samedi, par les manifestants ont jeté des documents confidentiels et retiré le drapeau israélien. Mohamed Hossam/
Le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman qui, dans le passé, s'était livré à des déclarations très anti-égyptiennes, s'est borné à affirmer que la « balle est dans le camp égyptien ». « Dès que nous aurons obtenu l’assurance des autorités égyptiennes qu'aucune menace ne pèse sur nos diplomates, ils reprendront leur poste », a précisé M. Lieberman. L'ambassadeur d'Israël en Égypte, Yitzhak Levanon, est rentré précipitamment samedi matin en Israël avec 80 membres du personnel diplomatique et leurs familles, tous sains et saufs.
La veille, M. Netanyahu avait déjà souligné qu'à ses yeux l'essentiel était de préserver le traité de paix de 1979 qui lie les deux voisins, le premier signé par Israël avec un pays arabe. « Nous sommes engagés à préserver la paix avec l’Égypte », avait souligné M. Netanyahu lors d'une allocution radiodiffusée.
Entrées dans une zone de turbulences après la chute en février du président Hosni Moubarak, les relations bilatérales se sont détériorées depuis que cinq policiers égyptiens ont été tués le 18 août par les forces israéliennes qui pourchassaient les auteurs présumés d'attaques dans le sud d'Israël, près de la frontière avec l’Égypte.
Les dirigeants israéliens ont également rendu hommage à l'intervention des membres d'un commando égyptien qui « ont réglé le problème, peut-être de façon un peu tardive, mais ils l'ont fait en évitant ainsi un bain de sang », selon M. Vilnaï. Les forces de sécurité égyptiennes ont délivré six gardes israéliens, chargés de la protection de la mission diplomatique au Caire, assiégés dans les locaux envahis par des émeutiers.
« Israël est un des seuls pays au monde à n'avoir pas exulté de joie et applaudi à tout rompre à ce que l'on appelle le +Printemps arabe+. Nous sommes restés très sceptiques, même si nous sommes pour la démocratisation dans les pays arabes », a cependant souligné M. Erdan. Son collègue a pour sa part ironisé qu'il faudrait « sans doute attendre 100 à 200 ans avant de pouvoir parler d'un véritable printemps ».
Par ailleurs, M. Erdan a rejeté catégoriquement tout lien entre l'isolement régional d'Israël, confronté à de graves crises diplomatiques avec l’Égypte et la Turquie, et l'impasse totale dans les négociations avec les Palestiniens. « Tout cela n'a rien à voir, la haine des foules contre Israël existait même lorsque des négociations directes avaient lieu », a-t-il noté.
Pourtant, les Frères musulmans égyptiens ont réclamé dimanche une « révision » des relations avec Israël et l'arrêt des livraisons de gaz égyptien à l’État hébreu. Le Parti de la liberté et de la justice, issu de la confrérie islamiste a également dénoncé le tour de vis sécuritaire annoncé par le pouvoir égyptien après l'attaque contre l'ambassade israélienne au Caire vendredi, en particulier le recours accru aux mesures judiciaires et policières d'exception prévues dans la loi sur l'état d'urgence en vigueur depuis trente ans. Israël « doit avoir reçu le message et compris que l’Égypte a changé, que la région dans son ensemble va changer, et qu'il n'y a plus de place pour son arrogance et son agression », a déclaré le parti dans un communiqué.
Un député d'opposition israélienne du parti Kadima (centre-droit), Israël Hasson, a mis en garde de son coté contre le danger d'une « désagrégation des pays modérés de la région ». « Rien ne pourra s'améliorer tant que le gouvernement ne prendra pas d'initiatives avec les Palestiniens », a prédit ce parlementaire. Faute de perspective de reprise des pourparlers de paix, les Palestiniens ont annoncé leur intention de demander l'adhésion d'un État de Palestine aux Nations Unies en dépit de l'opposition d'Israël et des États-Unis.
Le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman qui, dans le passé, s'était livré à des déclarations très anti-égyptiennes, s'est borné à affirmer que la « balle...

