Dans son introduction, le chef du service économique de l’OLJ, Bachir el-Khoury, a rappelé que faisant suite à des années où la demande pour les biens immobiliers était en pleine expansion, celle-ci s’essouffle et a baissé de 18,6 % depuis le début de l’année. Avouant que « des erreurs ont été commises », le PDG de la société Sodeco Gestion Joe Kanaan a souligné que le marché de base a été, des années durant, un marché qui répondait à la demande étrangère, notamment celle des pays du Golfe ainsi que celle de la diaspora libanaise. « L’offre ne s’adaptait pas aux besoins de la demande locale » a-t-il ainsi déploré. À cause des tourmentes régionales et de la réticence des investisseurs, les promoteurs immobiliers se tournent désormais plus vers la demande domestique mais « les offreurs n’ont souvent pas les produits qui répondent à la demande locale », a souligné M. Kanaan qui indique par ailleurs qu’on commence à voir apparaître sur le marché des appartements de plus petite taille et dont le prix varie entre 200 et 260 mille dollars.
Au-delà du problème structurel soulevé par Joe Kanaan, le secrétaire général de la Real Estate Associaton of Lebanon (REAL) et PDG de la societé PBM Walid Moussa tient à mettre l’accent sur le fait que les défis de la demande pour les biens immobiliers sont étroitement liés à un phénomène sociologique plus large, à savoir l’émigration d’une classe de jeunes qui sont souvent à la tête d’un pouvoir d’achat élevé et qui constituent une force majeure dans la demande des biens immobiliers. « Vu que le marché immobilier est soumis aux lois de l’offre et de la demande, une hausse de la demande entraîne forcément une hausse des prix », a indiqué M. Moussa dans son intervention. Il précise toutefois que même si la demande a freiné cette année, les prix, eux, font de la résistance. Un avis qui n’est pas partagé par l’économiste Louis Hobeika. « Une baisse de la demande entraîne forcément une baisse des prix. En termes de prix réels, c’est-à-dire en prenant en compte l’inflation (égale à 16 % en 2010), les prix ont effectivement baissé, même s’ils sont restés les mêmes en valeur nominale », a-t-il souligné. « Les offreurs font de la résistance pour baisser leurs prix, pariant sur une amélioration de la conjoncture régionale dans un futur proche, mais ils ne doivent pas se leurrer », a ajouté M. Hobeika. Il indique également que le marché immobilier est en période de transition et de correction. « La demande va devoir changer vers des appartements plus petits », précise-t-il.
Pour Karim Hajjar, PDG de la Holding HEC, les défis résident au niveau d’un réseau d’agents immobiliers et de promoteurs « parasites et peu professionnels », mais aussi à un niveau financier puisque, selon lui, les banques ont dépassé leur seuil, surtout en termes de prêts accordés en livres libanaises.
En somme, tensions régionales et/ou défis structurels du marché local, les quatre intervenants s’accordent pour dire que le manque de régulation nuit sévèrement au secteur. M. Hobeika résume les recommandations des experts en soulignant qu’il faudrait « plus d’opacité du marché, notamment en termes du nombre d’appartements vides, travailler sur le réseau routier afin que les demandeurs soient encouragés à habiter en dehors de la capitale, revoir la loi de location et enfin assainir le marché des agents et promoteurs parasites ». Enfin, M. Hobeika ainsi que les experts immobiliers ont mis l’accent sur la nécessité de revoir les salaires d’une manière qui suit la hausse des prix sans nuire au patronat.


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