Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé hier la « suspension totale » des liens militaires avec Israël.Adem Altan/AFP
M. Erdogan a en outre annoncé la « suspension totale » des liens commerciaux et militaires avec Israël, après l’adoption la semaine dernière de sanctions contre ce pays qui refuse de s’excuser pour la mort de neuf Turcs tués en 2010 au cours d’un raid de l’armée israélienne dans les eaux internationales contre une flottille en route vers Gaza. Il est cependant revenu sur ses propos plus tard dans la journée, soulignant que la mesure ne concernait que les échanges militaires. « Tous les accords militaires entre les deux pays ont été suspendus et en particulier toutes les relations commerciales liées aux industries de défense », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse commune avec son homologue espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero. Les échanges israélo-turcs ont représenté environ 2,7 milliards de dollars pour la période janvier-juillet 2011, les exportations turques se chiffrant à 1,5 md de dollars et les importations à 1,2 md, selon le ministre turc de l’Économie, Zafer Caglayan.
M. Erdogan a aussi souligné que « d’autres mesures de rétorsion » que celles annoncées vendredi contre Israël seraient prises, sans préciser lesquelles. La Turquie a annoncé le 2 septembre des sanctions contre Israël pour son refus de présenter des excuses pour l’abordage du ferry turc Mavi Marmara, le 31 mai 2010. Celles-ci sont l’expulsion de l’ambassadeur d’Israël, la suspension des accords militaires et la saisine de la Cour internationale de justice pour contester la légalité du blocus de Gaza par Israël. M. Erdogan a en outre réaffirmé que les navires turcs « seront beaucoup plus présents dans cette zone », en allusion à la Méditerranée orientale où s’est produit l’abordage israélien, zone où Ankara a annoncé la mise en œuvre d’une vigilance accrue pour sa marine. Ankara a pris ces sanctions contre Israël à la suite de la publication jeudi dernier d’un rapport commandité par l’ONU estimant que l’armée israélienne avait eu recours à une force « excessive et déraisonnable » lors du raid contre le ferry turc, mais reconnaissant la légalité du blocus naval imposé par Israël à Gaza.
La Turquie et Israël étaient des alliés depuis la signature en 1996 d’un accord-cadre de coopération militaire. Israël a été en charge de gros projets de modernisation de l’armée turque. L’ambassadeur d’Israël, Gaby Levy, se trouvait dans son pays au moment de l’annonce des sanctions. Le numéro 2 de l’ambassade, Ella Aphek, devait rentrer hier, selon ses services. L’attaché militaire israélien restera à Ankara et les services consulaires continueront aussi de fonctionner, a-t-on souligné de sources concordantes.
À Jérusalem, dans une première réaction aux propos de M. Erdogan, un responsable israélien a souligné sous le couvert de l’anonymat que son pays « ne veut pas d’une nouvelle détérioration de ses relations avec la Turquie ». « Ces derniers mois, il y a eu de nombreuses tentatives pour créer une dynamique positive dans cette relation », a-t-il ajouté, déplorant que ces efforts aient échoué jusqu’à présent. Ehud Barak, ministre israélien de la Défense dont les propos ont été diffusés hier avant ceux du Premier ministre turc, a noté pour sa part qu’Israël et la Turquie étaient « les deux pays les plus forts et, à beaucoup d’égards, les plus importants du Proche-Orient ». « Il y a entre nous des divergences, mais il importe aussi que dans les divergences, les deux parties agissent avec leur tête et non de façon viscérale – ce sera mieux pour nous tous et pour la stabilité régionale », a ajouté M. Barak.
À Washington, Victoria Nuland, la porte-parole du département d’État, a admis hier que la tension croissante entre Israël et la Turquie, deux proches alliés des États-Unis, « inquiète » l’administration Obama. Washington s’emploie auprès des deux pays à favoriser « une désescalade » et à « éviter les confrontations à l’avenir », a-t-elle déclaré. Une brouille durable entre Israël et la Turquie compliquerait les relations entre les États-Unis et la Turquie, leur alliée au sein de l’OTAN.
(Source : agences)


Mais où est tu Christian? la Turquie a réagi à tes commentaires!Bravo, continue comme ça et bientôt le monde entier sera contre Israel.
09 h 36, le 07 septembre 2011