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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Les relations israélo-turques se dégradent davantage

Erdogan accuse Israël d’être un « enfant gâté » et veut se rendre à Gaza.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé hier la « suspension totale » des liens militaires avec Israël.Adem Altan/AFP

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accusé hier Israël de se comporter en « enfant gâté », dans une allusion aux reproches qui lui sont faits par la communauté internationale pour son attitude envers les Palestiniens. Il a également exprimé son souhait de se rendre à Gaza, en marge d’une visite prévue la semaine prochaine en Égypte, mais qu’une décision finale n’avait pas encore été prise. Une telle visite dans la bande de Gaza, dirigée par le mouvement islamiste radical palestinien Hamas, risquerait de porter un nouveau coup aux relations entre la Turquie et Israël, deux anciens alliés en froid depuis plus de deux ans. Israël considère le Hamas comme un « mouvement terroriste ». Le chef du gouvernement turc se rendra aussi à New York ce mois-ci pour la session de l’Assemblée générale de l’ONU, où l’on s’attend à le voir prendre position pour la reconnaissance d’un État palestinien dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée, une initiative à laquelle s’oppose Israël.
M. Erdogan a en outre annoncé la « suspension totale » des liens commerciaux et militaires avec Israël, après l’adoption la semaine dernière de sanctions contre ce pays qui refuse de s’excuser pour la mort de neuf Turcs tués en 2010 au cours d’un raid de l’armée israélienne dans les eaux internationales contre une flottille en route vers Gaza. Il est cependant revenu sur ses propos plus tard dans la journée, soulignant que la mesure ne concernait que les échanges militaires. « Tous les accords militaires entre les deux pays ont été suspendus et en particulier toutes les relations commerciales liées aux industries de défense », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse commune avec son homologue espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero. Les échanges israélo-turcs ont représenté environ 2,7 milliards de dollars pour la période janvier-juillet 2011, les exportations turques se chiffrant à 1,5 md de dollars et les importations à 1,2 md, selon le ministre turc de l’Économie, Zafer Caglayan.
M. Erdogan a aussi souligné que « d’autres mesures de rétorsion » que celles annoncées vendredi contre Israël seraient prises, sans préciser lesquelles. La Turquie a annoncé le 2 septembre des sanctions contre Israël pour son refus de présenter des excuses pour l’abordage du ferry turc Mavi Marmara, le 31 mai 2010. Celles-ci sont l’expulsion de l’ambassadeur d’Israël, la suspension des accords militaires et la saisine de la Cour internationale de justice pour contester la légalité du blocus de Gaza par Israël. M. Erdogan a en outre réaffirmé que les navires turcs « seront beaucoup plus présents dans cette zone », en allusion à la Méditerranée orientale où s’est produit l’abordage israélien, zone où Ankara a annoncé la mise en œuvre d’une vigilance accrue pour sa marine. Ankara a pris ces sanctions contre Israël à la suite de la publication jeudi dernier d’un rapport commandité par l’ONU estimant que l’armée israélienne avait eu recours à une force « excessive et déraisonnable » lors du raid contre le ferry turc, mais reconnaissant la légalité du blocus naval imposé par Israël à Gaza.
La Turquie et Israël étaient des alliés depuis la signature en 1996 d’un accord-cadre de coopération militaire. Israël a été en charge de gros projets de modernisation de l’armée turque. L’ambassadeur d’Israël, Gaby Levy, se trouvait dans son pays au moment de l’annonce des sanctions. Le numéro 2 de l’ambassade, Ella Aphek, devait rentrer hier, selon ses services. L’attaché militaire israélien restera à Ankara et les services consulaires continueront aussi de fonctionner, a-t-on souligné de sources concordantes.
À Jérusalem, dans une première réaction aux propos de M. Erdogan, un responsable israélien a souligné sous le couvert de l’anonymat que son pays « ne veut pas d’une nouvelle détérioration de ses relations avec la Turquie ». « Ces derniers mois, il y a eu de nombreuses tentatives pour créer une dynamique positive dans cette relation », a-t-il ajouté, déplorant que ces efforts aient échoué jusqu’à présent. Ehud Barak, ministre israélien de la Défense dont les propos ont été diffusés hier avant ceux du Premier ministre turc, a noté pour sa part qu’Israël et la Turquie étaient « les deux pays les plus forts et, à beaucoup d’égards, les plus importants du Proche-Orient ». « Il y a entre nous des divergences, mais il importe aussi que dans les divergences, les deux parties agissent avec leur tête et non de façon viscérale – ce sera mieux pour nous tous et pour la stabilité régionale », a ajouté M. Barak.
À Washington, Victoria Nuland, la porte-parole du département d’État, a admis hier que la tension croissante entre Israël et la Turquie, deux proches alliés des États-Unis, « inquiète » l’administration Obama. Washington s’emploie auprès des deux pays à favoriser « une désescalade » et à « éviter les confrontations à l’avenir », a-t-elle déclaré. Une brouille durable entre Israël et la Turquie compliquerait les relations entre les États-Unis et la Turquie, leur alliée au sein de l’OTAN.

(Source : agences)
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accusé hier Israël de se comporter en « enfant gâté », dans une allusion aux reproches qui lui sont faits par la communauté internationale pour son attitude envers les Palestiniens. Il a également exprimé son souhait de se rendre à Gaza, en marge d’une visite prévue la semaine prochaine en Égypte, mais qu’une décision finale n’avait pas encore été prise. Une telle visite dans la bande de Gaza, dirigée par le mouvement islamiste radical palestinien Hamas, risquerait de porter un nouveau coup aux relations entre la Turquie et Israël, deux anciens alliés en froid depuis plus de deux ans. Israël considère le Hamas comme un « mouvement terroriste ». Le chef du gouvernement turc se rendra aussi à New York ce mois-ci pour la session de l’Assemblée générale de...
commentaires (7)

Mais où est tu Christian? la Turquie a réagi à tes commentaires!Bravo, continue comme ça et bientôt le monde entier sera contre Israel.

alexandre hage

09 h 36, le 07 septembre 2011

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Commentaires (7)

  • Mais où est tu Christian? la Turquie a réagi à tes commentaires!Bravo, continue comme ça et bientôt le monde entier sera contre Israel.

    alexandre hage

    09 h 36, le 07 septembre 2011

  • POUR Quelles raisons ne doit-on s'étonner de voir QUE les Turcs en Deshdash et Uniquement les femmes complètement voilées comme leurs sœurs d.Arabie et du Golf ! C'est aussi le cas de leurs frères et soeurs au LIBAN et en IRAN ! Comme quoi.

    MAAKARON Christophe

    07 h 52, le 07 septembre 2011

  • Je comprends votre point de vue Mr Moncef Chahed, surtout quand vous dites les convoitises turcs sont autant légitimes que celles des autres sur les ressources arabes. Je respecte la Turquie pour son indépendance d'agir, elle est la seule qui dit merde à israel en ce moment, elle en a les moyens et en est consciente. Il y a seulement à lui rappeler qu' à force d'avoir cru aux chants des sirènes occidentales, elle s'est rendu compte que finalement il était plus opportun d'impressionner un monde arabe en coma chronique.Comme l'a fait l'Iran longtemps avant elle. Et plutot que de se doter de bouclier anti missiles, pourquoi la Turquie ne se lancerait pas dans un programme nucléaire civil ? Cela consacrerait définitivement son indépendance vis à vis des occidentaux. En aura t elle le courage ?

    Kamel Jaber

    06 h 58, le 07 septembre 2011

  • Il faut remettre les choses dans leurs contextes et ne pas toujours adopter les thèses avancées par ceux qui craignent un rapprochement entre la Turquie et le monde arabe. Je rappelle que la Turquie à toujours défendue le droit des palestiniens et souvent pris des positions courageuses. Les convoitises Turques ne sont pas moins légitimes que celle des autres pays, la Turquie et le monde arabe sont liés par une histoire que rien n'efface, le peuple Turque l'a prouvé maintes et maintes fois.

    Moncef CHAHED

    06 h 03, le 07 septembre 2011

  • Dans ce combat de coqs, il faudra bien aboutir à une solution. Est ce la Turquie qui va se coucher comme le fait l'occident , yanky compris devant l'enfant gâté ? ou israel voyant que son ancien allié, très remonté et tenté par une alliance avec l'Iran , ancien allié d'israel mais qui a fini par comprendre qu'on ne s'allie pas avec le diable indéfiniment,ne réagisse et présente des excuses qui ouvriraient la voie à des poursuites judiciaires sur les soldats qui ont commis ces crimes.Car crimes, il y a eu une fois de plus.Dommage que les ben saoud ne suivent pas. Affaire à suivre.

    Kamel Jaber

    05 h 04, le 07 septembre 2011

  • - - Voila c'est fait , pour ceux qui doutaient encore que la Turquie Erdoganiste , prendrai le leadership Arabo-musulman et deviendrait officiellement , le porte parole officiel et seul décideur du sort des Musulmans et des Arabes . Après la chute de Moubarak et l'affaiblissement en cours de la Syrie , sans oublier l'absence totale de Ryadh et de ses dirigeants , pour des raisons dont certaines sont connues et d'autres pas !! La Turquie qui s'islamise et s'Arabise a tout va a une cadence et une vitesse qui dépassent l'imagination , est devenue la première pourvoyeuse de main- d'oeuvre a destination des pays pétrodollars , et ses sociétés de constructions et de bien d'autres domaines s'éclatent et se font des C... En or !! Ils ont déjà remplacé les grosses sociétés étrangères et surtout occidentales , ne vous étonnez pas de voir les Turcs en Deshdash et les femmes complètement voilées comme leurs sœurs d.Arabie et du Golf dans maximum 2 a 3 ans , maintenant que le Kemalisme d:Ataturk a bien été écarté , effacé et enterré par le très habile R.T.Erdogan qui se veut selon lui et ses discours , un Islam modéré nous dit-il (...) !!!

    JABBOUR André

    04 h 55, le 07 septembre 2011

  • Pendant soixante ans la valeureuse Turquie s'est bien moquée du sort des Palestiniens et du monde arabe. Pourquoi ce changement de coeur tout d'un coup? Il me semble clair qu'il y'a trois facteurs qui jouent un rôle important: les Islamistes Turcs à la différence des Kémalistes, se tournent vers l'Orient; les immenses ressources pétrolière/gaz du Levant attisent les convoitises turques; Ankara croit désormais avoir les moyens de ses ambitions..

    Karim Jaroudi

    00 h 45, le 07 septembre 2011

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