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Hommage à Émile Nassim Mattar, ambassadeur du Liban

Mon cher oncle et l’ami Émile,
Tu étais plus qu’un oncle pour moi, un conseiller, un ami, un frère aîné, qui m’a accueilli tellement souvent chez vous, Colette et toi à Londres, New York et Athènes, toujours les bras ouverts avec affection et votre typique générosité.
Après avoir été opéré fin juillet dernier, tu as prouvé en luttant contre des rechutes médicales oh combien tu étais courageux, désirant prolonger ta vie déjà impressionnante à 97 ans, et comme l’avait écrit Alfred de Vigny dans « La mort du loup », un homme digne et stoïque à l’extrême :
« Gémir, pleurer, prier est également lâche
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le sort a voulu t’appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
Tu as été durant toute ta vie le diplomate par excellence dans tous les sens du terme. De par ton doigté et ton intelligence, homme de droit et de connaissance magistrale de langues et de leurs nuances, représentant le Liban avec fierté et savoir-faire, dans diverses ambassades à Paris, Washington, Londres, New York, puis ambassadeur à Tokyo lorsque tu jouais au tennis en double avec l’empereur Akihito, du temps où il était prince héritier, puis ambassadeur à Athènes durant une période difficile pour le Liban, lorsque tu rendis maints services aux pays arabes ; sans compter tes séjours à Beyrouth au ministère des Affaires étrangères, au titre de directeur du protocole, chargé de missions souvent délicates pour défendre les intérêts des Libanais à l’étranger ou conseiller du ministre.
Homme sportif de ta génération dans la famille, je garderai le souvenir de toi, toujours droit comme un « i », élégant gentleman très British, avec un sens de l’humour pince-sans-rire et bridgeur émérite, jusqu’à tes derniers jours.
Tu nous as tous inculqué des principes exemplaires. Et, avec tes sœurs, l’appréciation des plaisirs culinaires et l’amour des desserts, typiquement Mattar, et puis l’amour du tennis, ce sport par excellence où Évelyne, Marie, puis Vera excellèrent, durant un tiers de siècle !
Le dernier des Mohicans Mattar n’est plus !
Névine et Karim, et tes neveux ne te pleurons pas, car tu demeureras toujours le jeune et solide père et vieil oncle, qui était un exemple d’affection et de dignité. Mais nous chantons tes louanges dans notre esprit et dans nos cœurs !

Élie Antoine SEHNAOUI
Mon cher oncle et l’ami Émile,Tu étais plus qu’un oncle pour moi, un conseiller, un ami, un frère aîné, qui m’a accueilli tellement souvent chez vous, Colette et toi à Londres, New York et Athènes, toujours les bras ouverts avec affection et votre typique générosité.Après avoir été opéré fin juillet dernier, tu as prouvé en luttant contre des rechutes médicales oh combien tu étais courageux, désirant prolonger ta vie déjà impressionnante à 97 ans, et comme l’avait écrit Alfred de Vigny dans « La mort du loup », un homme digne et stoïque à l’extrême :« Gémir, pleurer, prier est également lâcheFais énergiquement ta longue et lourde tâcheDans la voie où le sort a voulu t’appeler,Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler. » Tu as été durant toute ta vie le diplomate par...