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À La Une - Libye

Le nouveau régime s'apprête à s'installer à Tripoli

Le rebelles avancent vers Bani Walid où pourraient se cacher Mouammar Kadhafi et certains de ses fils.

Alors que le CNT a annoncé qu'il déménagera la semaine prochaine à Tripoli, les habitants de la capitale continuent à fêter la victoire des rebelles. Anis Mili/

Reconnu comme représentant légitime du peuple libyen par plus d'une soixantaine de pays, le Conseil national de transition (CNT), issu de la rébellion, doit recevoir 15 milliards de dollars débloqués par les grandes puissances.

Les nouveaux dirigeants de la Libye, cherchant à asseoir leur pouvoir, à rétablir l'ordre et à reconstruire le pays ravagé par la guerre civile, ont annoncé qu'ils s'installeraient « la semaine prochaine » à Tripoli, après avoir siégé à Benghazi (est). Ils ont également annoncé la formation d'une armée nationale, même si le leader déchu Mouammar Kadhafi reste en fuite et ses forces continuent de résister dans quelques bastions. « Nous avons commencé la création d'une nouvelle armée nationale pour protéger la démocratie, les institutions et les civils innocents », a affirmé le responsable des affaires militaires au sein du CNT, Omar al-Hariri. « Nous voulons prouver au monde (...) que nous sommes très capables de reconstruire notre pays », a indiqué un autre responsable Abdel Razaq Moukhtar.

Les nouvelles autorités ont aussi créé une commission chargée de la sécurité dans la capitale, sous la direction d'Ali Tarhouni. Ses 17 membres se sont accordés pour dire que la sécurité de la capitale dépendait du ministère de l'Intérieur. Mais dans l'immédiat, des unités de combattants pro-CNT vont cependant aider la police pour assurer la sécurité dans les rues de la capitale. Elles quitteront la capitale dès que la police de la ville, qui assure compter 7 000 hommes, sera en mesure de prendre le relais, a expliqué M. Tarhouni. Des policiers ont recommencé samedi à patrouiller dans la capitale. Autre signe de normalisation, la circulation a repris, avec de nombreux embouteillages, et certains barrages ont été démantelés. Des banques et certains commerces ont rouvert, et les queues s'allongeaient devant les boulangeries.

 

Plusieurs sites épargnés par les combats pourraient reprendre leurs activités dans les prochains jours. Selon le « ministre » des Finances et du Pétrole, Ali Tarhouni, les champs de Misra et Sarir devraient ainsi redémarrer à la mi-septembre.

Par ailleurs, un émissaire spécial du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, Ian Martin, est arrivé samedi à Tripoli pour s'enquérir des besoins du Conseil national de transition (CNT), afin de l'aider à rétablir la stabilité et la sécurité en Libye. L'ONU accueillera d'ailleurs le 20 septembre à New York la prochaine conférence des « amis de la Libye », a annoncé samedi le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé. Le chef du CNT vient aussi d'être invité samedi à Moscou par le gouvernement russe qui a finalement lâché son allié de longue date Mouammar Khadafi. Ils doivent parler d'énergie alors que la Libye, principale réserve de pétrole d'Afrique et quatrième producteur du continent, s'emploie à retrouver sa capacité de production, d'environ 1,7 million de barils par jour avant le conflit déclenché le 15 février par une révolte contre le pouvoir de Kadhafi.

Sur le plan politique, le représentant du CNT au Royaume-Uni, Guma al-Gamaty, a évoqué un calendrier pour la transition prévoyant des élections générales dans 20 mois. « Durant huit mois, le CNT dirigera la Libye avant qu'une assemblée élue par le peuple » ne prenne les commandes du pays pour rédiger une Constitution, et « au bout d'un an, des élections seront organisées », a-t-il dit à la BBC. La transition peut commencer parce que Mouammar Kadhafi « se cache, il est isolé ». C'est « seulement une question de temps avant qu'il ne soit arrêté, à moins qu'il ne soit tué s'il résiste », selon lui.

La communauté internationale et le nouveau régime qui contrôle la majeure partie de Libye estiment que le conflit sera vraiment terminé avec la capture de l'ex-homme fort du pays, qui reste introuvable et veut toujours se battre. Paris, Londres et l'Otan ont affirmé que les opérations militaires internationales se poursuivraient tant que Mouammar Kadhafi représenterait une menace.

Mais dans la capitale, l'heure est à la joie. Des dizaines de milliers de personnes, dont un très grand nombre de femmes, se sont rassemblées vendredi soir sur la Place Verte à Tripoli, symbole de l'ère Kadhafi rebaptisée Place des martyrs, pour célébrer la chute du régime.

Ailleurs dans le pays, sur le front ouest de Syrte, bastion de Kadhafi et objectif essentiel pour l'état-major du CNT à 360 km à l'est de Tripoli, aucun mouvement n'avait lieu, alors que les forces du CNT sont positionnées autour de Sadada, à environ 150 km à l'ouest de Syrte, selon des sources du CNT.

Par contre, les forces pro-CNT ont entamé un mouvement samedi en provenance de Misrata (à 200 km à l'est de Tripoli) vers la région de Bani Walid, plus au sud ou pourraient se cacher Mouammar Kadhafi et certains de ses fils. Elles se regroupent autour de Bir Doufan, à mi-chemin entre Misrata et Bani Walid. « Il y a une base militaire près de Bani Walid tenue par la 32e brigade de Khamis Kadhafi », un des fils de l'ex-dirigeant, « nous voulons en prendre le contrôle », a affirmé Ahmed Belhaj, chef d'un groupe de combattants. D'après M. Belhaj, environ 600 hommes sont mobilisés pour l'opération.

Reconnu comme représentant légitime du peuple libyen par plus d'une soixantaine de pays, le Conseil national de transition (CNT), issu de la rébellion, doit recevoir 15 milliards de dollars débloqués par les grandes puissances.
Les nouveaux dirigeants de la Libye, cherchant à asseoir leur pouvoir, à rétablir l'ordre et à reconstruire le pays ravagé par la guerre civile, ont annoncé qu'ils s'installeraient « la semaine prochaine » à Tripoli, après avoir siégé à Benghazi (est). Ils ont également annoncé la formation d'une armée nationale, même si le leader déchu Mouammar Kadhafi reste en fuite et ses forces continuent de résister dans quelques bastions. « Nous avons commencé la création d'une nouvelle armée nationale pour protéger la démocratie, les institutions et les civils innocents », a affirmé le...
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