Les rebelles sont positionnés de part et d'autre de Syrte et les renforts affluent. Filippo Monteforte/
« Le lancement de la bataille finale est imminent. Jusqu'ici nous n'avons reçu aucune proposition de reddition pacifique », a renchéri le porte-parole militaire de la rébellion, Ahmed Omar Bani. « Nous continuons à chercher une solution pacifique, mais samedi nous emploierons des moyens différents face à ces criminels », a-t-il lancé, en appelant les habitants de Syrte à « se soulever ».
Alger, critiqué par le gouvernement rebelle pour avoir accepté sur son sol une partie de la famille de Kadhafi, notamment l'épouse du « guide » libyen et trois de ses enfants, Mohamed, Hannibal et Aïcha, a invoqué mardi « des raisons strictement humanitaires » à cet accueil. « Sauver la famille de Kadhafi n'est pas un acte que nous saluons ni ne comprenons », avait déclaré le porte-parole du gouvernement rebelle Mahmoud Chammam. « Nous voudrions que ces personnes reviennent ».
Les insurgés ont également annoncé dans la nuit la mort de Khamis, un des fils de Mouammar Kadhafi âgé de 24 ans, tué selon eux à environ 80 km au sud-est de Tripoli et enterré. Cette annonce est toutefois à prendre avec beaucoup de précaution car son décès a été annoncé à plusieurs reprises depuis le début du conflit, sans jamais avoir été confirmé. Une télévision du régime libyen a ainsi démenti mardi sur son site Internet cette information. Abdallah Senoussi, le chef des services des renseignements de Mouammar Kadhafi, a également peut-être été tué par des rebelles, selon le colonel Bani.
De son côté, Mouammar Kadhafi est toujours introuvable et les rumeurs continuent à le donner comme s'étant réfugié dans la région de Syrte. Le dirigeant libyen conserve une capacité « à commander et contrôler des troupes, leurs mouvements, et celui des armes », a assuré mardi le porte-parole de l'opération « Protecteur unifié », le colonel Roland Lavoie. « Les (forces) pro-Kadhafi (...) ne sont pas en pleine débandade, elles cèdent du terrain de manière ordonnée et se retirent sur la moins mauvaise de leurs positions, compte tenu de leur armement », a-t-il souligné.
Dans ce contexte, l'OTAN a prévenu qu'elle poursuivrait ses bombardements jusqu'à ce que la population civile soit pleinement en sécurité, soulignant qu'elle concentrait pour le moment ses interventions sur Syrte. Les rebelles sont positionnés de part et d'autre de cette ville et les renforts affluent. Contrôler cette ville côtière de 120 000 habitants porterait un coup fatal à l'ex-régime libyen.
A l'ouest de Syrte, les rebelles attendaient le résultat des négociations sur une éventuelle reddition à Al-Sadaada (environ 150 km de Syrte), d'où ils effectuaient des opérations de reconnaissance, selon un journaliste de l'AFP sur place. Selon Ismaïl Chalouf, chef d'un groupe de combattants, les insurgés se sont rapprochés jusqu'à 70 km de la ville, avant d'être bombardés à l'arme lourde et de se replier. A l'est de Syrte, la ligne de front se situait au-delà du hameau de Umr Gandil, soit à moins d'une centaine de kilomètres du bastion de Kadhafi.
Par ailleurs, des cas d'exactions sont parvenus auprès d'une ONG médicale américaine, Physicians for Human Rights (Médecins pour les droits de l'homme). Selon elle, les forces loyalistes ont utilisé des civils comme boucliers humains, attaqué des ambulances et violé des adolescentes lors du siège de Misrata (200 km à l'est de Tripoli).
A Paris, la réunion du Groupe de contact sur la Libye se prépare. Une soixantaine de délégations sont attendues jeudi à la Conférence des amis de la Libye afin d'accompagner les autorités de transition libyennes, qui contrôlent désormais la quasi-totalité du pays, dans leur marche souhaitée vers la démocratie. Le Premier ministre polonais Donald Tusk, qui assure la présidence tournante de l'UE, a plaidé pour que la fin de la guerre soit décrétée à l'occasion de cette conférence. Le Zimbabwe, dont le président Robert Mugabe entretenait de bonnes relations avec Mouammar Kadhafi, a décidé de son côté d'expulser l'ambassadeur de Libye à Harare, qui avait annoncé son ralliement à la rébellion le 24 août.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi a invité pour sa part le chef du CNT, Moustapha Abdeljalil, à se rendre à Téhéran « à la première occasion ».
Enfin, selon le Wall Street Journal une filiale du groupe informatique français Bull, Amesys, a aidé le régime de Mouammar Kadhafi à espionner ses opposants en équipant fin 2009 le centre de surveillance d'Internet de Tripoli avec « un important paquet de technologie de contrôle ».
« Le lancement de la bataille finale est imminent. Jusqu'ici nous n'avons reçu aucune proposition de reddition pacifique », a renchéri le porte-parole militaire de la rébellion, Ahmed Omar Bani. « Nous continuons à chercher une solution pacifique, mais samedi nous emploierons des moyens différents face à ces criminels », a-t-il lancé, en...


