Le député Élie Keyrouz, membre du bloc parlementaire des Forces libanaises, a adressé hier une question écrite au ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour, sur ce qui est advenu « de l’étude détaillée relative au mécanisme de vote des émigrés à partir des ambassades et consulats, ainsi que des recommandations déjà émises par le ministère pour améliorer les outils logistiques et techniques prévus à cette fin ». Cette question semble d’autant plus pressante que le ministère « a dépassé le délai d’un an que la loi de 2008 sur les élections législatives a accordé au ministère pour effectuer cette étude détaillée », en vue de la mise en œuvre du vote des émigrés. « Où en est cette étude ? Et quelles recommandations le ministère des Affaires étrangères a-t-il émises concernant les outils logistiques et techniques nécessaires ? » a explicitement demandé M. Keyrouz à l’actuel ministre des Affaires étrangères, qui est tenu d’y répondre dans un délai légal de 15 jours, faute de quoi M. Keyrouz a prévenu qu’il transformera cette question écrite en interpellation, plus contraignante pour M. Mansour.
Le député Keyrouz avait adressé une note en août 2010 au chef de la diplomatie de l’époque, Ali Chami, sur les procédures du vote des émigrés aux élections législatives prévues en 2013. Le ministre de l’Intérieur Ziyad Baroud avait lui aussi adressé une note similaire au ministre Chami à la même période. Au lieu de fournir une réponse écrite dans le délai de 15 jours prévu par le statut interne du Parlement, le ministère des Affaires étrangères a publié un rapport « paru dans le journal al-Moustaqbal dans son édition du 10-10-2010 », selon M. Keyrouz. Ce rapport, « décevant pour les Libanais », affirmait « l’impossibilité de mener des statistiques précises sur le nombre de Libanais résidant à l’étranger, ce qui ôte toute possibilité pour ceux-ci de voter aux élections de 2013 à défaut d’outils logistiques et de moyens de communication efficaces », toujours selon le parlementaire. Le nouveau chef de la diplomatie devra, en réponse à la question parlementaire du député des Forces libanaises, « expliquer sa position sur la question, par rapport notamment à la déclaration de son prédécesseur », selon la note de M. Keyrouz.
L’appel de l’ULCM
Par ailleurs, le vote des émigrés a fait l’objet de l’allocution du président de l’Union libanaise culturelle mondiale, Eid Chedraoui, lors d’un iftar organisé par l’ULCM en l’honneur du mufti de Tripoli et du Nord, cheikh Malek Chaar. « Nous réalisons que ce que nous entreprenons en tant qu’émigrés fait partie des devoirs nationaux qui nous incombent, mais notre gouvernement devrait se préoccuper de la disapora libanaise (...). L’État a un devoir à l’égard des émigrés », a affirmé M. Chedraoui qui a appelé au « vote d’une loi spéciale permettant aux émigrés d’exercer ce droit », avant de prévenir que « nous ne nous tairons pas si la loi ne passe pas ». De son côté, cheikh Chaar a appelé à la création d’un ministère chargé des affaires des émigrés.
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