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Moyen Orient et Monde - Reportage

Douma douce le jour, Douma rebelle la nuit

La journée, la ville est une cité paisible avec ses magasins achalandés, mais le soir, la violence enflamme la ville lors de manifestations hostiles au régime.
À la veille de l’Aïd el-Fitr, la fête de la fin du jeûne de ramadan, sur l’avenue Kowaitly, principale artère de Douma, dans la banlieue de Damas, les femmes font des emplettes, achètent des douceurs, et les commerçants servent avec entrain leur clientèle. La circulation est dense, les voitures avancent à coups de klaxon. « Il y avait des problèmes, mais c’est fini. Les gens vont à leur travail et les magasins sont ouverts », assure Maged Aslane, 26 ans, employé dans une compagnie de téléphonie, qui fait l’éloge de l’armée, « composée de nos (...) frères et dont la mission est de préserver la stabilité face aux organisations armées ». « Nous sommes tristes pour chaque personne tuée, soit les militaires, soit les civils. Nous sommes très tristes de ce qui se passe dans le pays », ajoute-t-il. Selon les habitants, au moins 300 civils, et 45 militaires et agents de sécurité ont péri ici depuis la mi-mars.
Voilà pour l’apparence. Mais il suffit de voir les points de contrôle à l’entrée de cette ville agricole à 30 km au nord de la capitale et regarder les murs pour apercevoir l’envers du décor. Des mots d’ordre hostiles au régime ont été badigeonnés en noir et des affichettes annoncent la mort le 12 août de quatre « martyrs », dont une femme de 22 ans. « Nous nous prosternons seulement devant Dieu », soulignent ces affichettes, qui invitent la population à venir féliciter les familles « pour ceux qui ont été tués par les criminels de la sécurité et les chabbiha ». Sur le trottoir d’en face, un homme adossé à la devanture lance entre ses dents aux journalistes de l’AFP : « Ce soir, nous allons tout brûler. » Il ne s’agit pas de menaces en l’air. Dimanche, le Palais de justice de la ville a été incendié pour la troisième fois depuis avril par des jets de cocktails Molotov. Les murs de ce bâtiment des années 1930 sont noircis par le feu, les faux plafonds sont effondrés, les fenêtres sont sorties de leurs gonds. Des employés sortent des cartons de dossiers en partie calcinés. « Ce sont des hommes masqués qui ont fait ça. Ils veulent détruire leur casier judiciaire. Ils se mêlent aux manifestants pacifiques qui réclament des reformes pour commettre des actes criminels », assure le greffier Naef Azzar, 35 ans. Le tribunal est la principale cible des contestataires car c’est ici que sont présentés une partie des manifestants arrêtés. « Depuis le début des événements, j’ai interrogé environ 500 suspects de 12 à plus de 60 ans. Tous ont nié avoir participé aux défilés et jurent avoir été arrêtés dans leur lit ou en faisant des courses dans les magasins », assure le procureur général Abdel Karim Khdeir, 45 ans.
Si beaucoup de gens à Douma avouent leur crainte de parler, un homme de 76 ans, portant une abaya grise et une barbe blanche, ne cache pas sa révolte. « Samedi, les chabbiha ont perquisitionné ma maison. On m’a tiré de mon lit devant ma femme. Je leur ai dis que j’avais 80 ans. “Où m’emmenez vous ?” L’un d’eux ma répondu : “Même si tu avais 100 ans, on t’arrêtera.” Je lui ai lancé : “Tire-moi dessus, je serai un martyr” », raconte cet homme, Omar Boudaini. « Ils ont pris mon argent alors que je leur ai dit qu’il appartenait à une association caritative », a-t-il ajouté.
Au siège de la municipalité de Douma, où sont apposées d’immenses affiches du président, le maire Ali Haibani, 30 ans, nommé par le chef de l’État à la mi-avril, reconnaît que sa tâche est ardue. « Si la ville à deux visages, moi je n’en ai qu’un devant mes interlocuteurs et j’essaie de les convaincre que le président Assad est décidé à mener des reformes. » Sans grand succès, si l’on en croit le nombre de manifestants qui descendent des les rues de Douma pour demander le départ du président.
(Source : AFP)
À la veille de l’Aïd el-Fitr, la fête de la fin du jeûne de ramadan, sur l’avenue Kowaitly, principale artère de Douma, dans la banlieue de Damas, les femmes font des emplettes, achètent des douceurs, et les commerçants servent avec entrain leur clientèle. La circulation est dense, les voitures avancent à coups de klaxon. « Il y avait des problèmes, mais c’est fini. Les gens vont à leur travail et les magasins sont ouverts », assure Maged Aslane, 26 ans, employé dans une compagnie de téléphonie, qui fait l’éloge de l’armée, « composée de nos (...) frères et dont la mission est de préserver la stabilité face aux organisations armées ». « Nous sommes tristes pour chaque personne tuée, soit les militaires, soit les civils. Nous sommes très tristes de ce qui se passe dans le pays », ajoute-t-il....
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