La veille, l’avocat de Nafissatou Diallo, Kenneth Thompson, avait été dans le même sens, le procureur lui ayant demandé par courrier à revoir aujourd’hui sa cliente. « S’ils ne s’apprêtaient pas à abandonner les poursuites, ils n’auraient pas besoin de la rencontrer, a-t-il déclaré au New York Times. Ils iraient juste au tribunal le lendemain et diraient “Nous allons poursuivre l’affaire”. »
Le courrier du bureau du procureur se résume à deux paragraphes lapidaires : « Je voudrais inviter votre cliente à assister à une rencontre dans les bureaux du procureur (...) le 22 août à 15h00 afin de lui expliquer ce qui, je pense, va se passer au tribunal le jour suivant », écrit le procureur adjoint, John McConnell. Il précise que ni la date ni l’heure de cette rencontre ne peuvent être modifiées.
Depuis des semaines, le procureur ne cache en effet pas ses doutes sur la crédibilité de Mme Diallo, 32 ans. Il a fait savoir qu’elle avait menti à plusieurs reprises sous serment, notamment pour obtenir l’asile aux États-Unis en 2004. Dans le cadre de l’affaire DSK, elle aurait menti en relatant ce qu’elle avait fait après l’agression présumée.
Les relations sont extrêmement tendues entre le procureur et les avocats de la femme de chambre, qui ont, en parallèle à la procédure pénale, engagé une action civile le 8 août pour obtenir de DSK des dommages et intérêts. Pour tenter de restaurer sa crédibilité, la jeune femme illettrée avait donné fin juillet une longue interview télévisée, racontant, les larmes aux yeux, avec force détails et mimiques, la brutalité de ce qui se serait passé dans la suite 2806 du Sofitel. Mais vendredi, une nouvelle révélation avait encore ajouté au trouble : elle faisait était d’une rencontre secrète fin juin, à l’initiative des avocats de Mme Diallo, pour essayer de parvenir à un règlement financier à l’amiable avec les défenseurs de l’ancien ministre français, ce que les avocats de la femme de chambre ont démenti.
Les motions de recommandation de rejet sont généralement immédiatement acceptées par les juges, selon les experts, et si c’est le cas, Dominique Strauss-Kahn pourrait être libre de retourner en France immédiatement. L’ancien directeur général du Fonds monétaire international, 62 ans, est sous le coup de sept chefs d’accusation, dont agression sexuelle, tentative de viol et séquestration. Son passeport a été retenu par la justice afin d’éviter tout risque de fuite à l’étranger. Il a plaidé non coupable le 6 juin dernier, trois semaines après son arrestation spectaculaire dans un avion qui s’apprêtait à décoller pour la France.
(Source : AFP)

