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Cinema- - Impressions Sur Images Ou Images Impressionnantes

L’escalier d’Odessa de Sergueï Eisenstein

L’escalier d’Odessa dans « Le cuirassé Potemkine ». (DR)

Placé parmi les plus grands chefs-d’œuvre du cinéma mondial, Le cuirassé Potemkine accorde à l’épisode de la mutinerie des marins du fameux navire de guerre une importance sociale et historique qu’il n’eut pas dans l’histoire. Il en est de même pour l’escalier d’Odessa et sa fusillade, où il ne s’est rien passé en 1905. Les incidents se sont passés en fait sur le port en flammes et dans les faubourgs de la ville. « La reconstitution cinématographique élève donc, dit Philippe Leclercq, professeur de lettres modernes, la seule réalité de la sauvage répression dont la Russie fut le théâtre au rang de mythe et s’inscrit résolument dans l’idéal révolutionnaire alors triomphant. »
Le cuirassé Potemkine est une commande faite par les autorités soviétiques à Sergueï Eisenstein à l’occasion du vingtième anniversaire de la révolution de 1905. La scène de l’escalier est devenue culte grâce au génie du cinéaste russe qui, par un mouvement de champ/contre-champ, plongée/contre-plongée, ruptures de rythme crescendo/décrescendo, réussit à construire la narration et l’action. La descente de l’armée sur l’escalier d’Odessa tirant sur tout le monde et la réponse du cuirassé ne nous renseignent pas sur la distance séparant le port de l’escalier. Mais cela importe peu. Car Eisenstein parvient à illustrer une unité de l’espace.
Quelques années plus tard, en 1987 plus précisément, Brian de Palma rend hommage au grand metteur en scène russe en signant The Untouchables et la bataille d’Elliott Ness contre les géants de la mafia et notamment Al Capone.
On a souvent reproché à de Palma d’être maniériste, dans ce sens où il filme souvent à la manière des grands maîtres, certains même iront à invoquer le mot plagiat. Si Brian de Palma s’inspire souvent de Hitchcock, il reconstitue dans The Untouchables la scène de l’escalier « eisensteinien » avec brio.
Il est minuit, gare centrale de Chicago. Ness, posté au haut de l’escalier, attend l’arrivée du comptable de Capone. Le hall est désert. Une femme s’apprête à gravir l’escalier monumental (en fait, l’escalier d’Odessa n’était pas si grand). Mais le landau qu’elle traîne est lourd. Ness va d’abord l’aider avant d’abandonner le landau pour s’affairer à une autre tâche. Pendant que le landau dégringole au ralenti, la succession de plans s’accélère. Une superbe séquence renforcée par la double musique de Morricone : la berceuse enfantine, secondée par une ambiance angoissante et suggérée par le ralenti hypnotisant de la mise en scène de de Palma. Le maniérisme a laissé ici la place à une véritable créativité moderne. Dans cette scène classique et sous la musique d’Ennio Morricone, Brian de Palma emprunte le souffle épique à un autre genre cinématographique : le western. À la manière de ... ? Peut-être, mais avec beaucoup d’innovation.

Placé parmi les plus grands chefs-d’œuvre du cinéma mondial, Le cuirassé Potemkine accorde à l’épisode de la mutinerie des marins du fameux navire de guerre une importance sociale et historique qu’il n’eut pas dans l’histoire. Il en est de même pour l’escalier d’Odessa et sa fusillade, où il ne s’est rien passé en 1905. Les incidents se sont passés en fait sur le port en flammes et dans les faubourgs de la ville. « La reconstitution cinématographique élève donc, dit Philippe Leclercq, professeur de lettres modernes, la seule réalité de la sauvage répression dont la Russie fut le théâtre au rang de mythe et s’inscrit résolument dans l’idéal révolutionnaire alors triomphant. » Le cuirassé Potemkine est une commande faite par les autorités soviétiques à Sergueï Eisenstein à l’occasion du...
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