"L’objectif est de saper la Résistance et d’entrainer la communauté chiite dans un conflit confessionnel " accuse Nasrallah
Quelques heures après la publication par le Tribunal spécial pour le Liban de l’acte d’accusation sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé, lors d'un discours retransmis en direct, que le document présenté par le TSL ne contient « aucune preuve directe » contre le parti chiite. Hassan Nasrallah a estimé que l’analyse des communications à travers un réseau de téléphones portables constitue une « preuve indirecte » qui ne démontre pas l’implication des quatre membres du parti dans l'assassinat.
Selon l'acte d'accusation rendu public mercredi après six années d'enquête, des enregistrements téléphoniques démontrent l'implication de quatre membres du Hezbollah dans l'attentat de février 2005. Le secrétaire général du Parti de Dieu a de nouveau dénoncé la « partialité et le manque de transparence » du Tribunal international, soulignant que le document publié n’est que le résultat de « fuites médiatiques ».
Le chef du Hezbollah a par ailleurs affirmé qu’il existe un complot fomenté contre la Résistance visant à l’entraîner dans une guerre civile et un conflit intérieur. « L’objectif est de saper la Résistance et d’entraîner la communauté chiite dans une situation de conflit avec les autres confessions. (…) Le but est de détruire le tissu social et confessionnel au Liban », a-t-il souligné.
Hassan Nasrallah a enfin accusé les forces 14 Mars de participer à ce complot contre le Hezbollah. « Il existe une partie qui participe à un grand projet » a-t-il avancé, évoquant l’affaire de Lassa qui a pris une tournure confessionnelle entre chiites et chrétiens. « L’affaire de Lassa, un ancien conflit qui date de plus 80 ans », a-t-il dit.
Saad Hariri appelle le Hezbollah à livrer les suspects
Un peu plus tôt ,l'ex-Premier ministre Saad Hariri a exprimé sa reconnaissance pour tous les efforts des membres de la commission d’enquête internationale. « Quel cerveau diabolique aurait-il pu planifier et donner l’ordre (aux accusés) de commettre ce crime ? », a-t-il poursuivi, avant de d'ajouter que « la publication de l’acte d’accusation est un pas crucial vers la justice et la découverte de la vérité ».
« Le soleil de la vérité et de la justice se lève sur le Liban et rien ne pourra empêcher cette nouvelle aube », a-t-il encore affirmé. « J'espère (...) que le commandement du Hezbollah et en particulier Hassan Nasrallah (chef du parti chiite) va prendre une décision historique (...) et annoncer une coopération totale avec le tribunal international pour que les accusés soient livrés et que soit entamé un procès équitable », a encore dit le fils de Rafic Hariri.
Hamadé : « nous ne pouvons pas supporter longtemps un gouvernement qui protège des accusés »
Le député Marwan Hamadé a déclaré, quant à lui, à la chaîne panarabe al-Arabiya, que l’ère du crime organisé doit prendre fin aussi bien au Liban qu'en Syrie. « Clamer son innocence est une chose évidente ; Sayed Hassan Nasrallah devrait clamer l’innocence (des suspects) et désigner des avocats pour défendre les suspects devant le TSL afin que l’affrontement devienne juridique et que l’on évite les tensions politiques, déclaré M. Hamadé. « Nous ne pouvons pas supporter longtemps un gouvernement qui protège des accusés, de même que nous ne pouvons pas cohabiter politiquement avec un parti qui considère que des accusés de meurtre sont des saints », a-t-il ajouté, avant d'appeler le gouvernement à « cesser de se soumettre aux ordres du Hezbollah ». Quant au Premier ministre Nagib Mikati, « il doit mettre un terme à ce jeu avec la justice internationale et avec l’opinion publique libanaise », a poursuivi M. Hamadé.
Le député du Chouf a également affirmé que le TSL l’a informé, ainsi que l’ex-ministre Elias Murr, que les tentatives de meurtre dont ils ont été victimes sont liées à l’assassinat de Rafic Hariri et à celui du leader communiste Georges Hawi.
Allouche : le Hezbollah impliqué au sens moral
Plus tôt, deux responsables du Courant du Futur, Moustapha Allouche et le député Mohammad Kabbani, s'étaient déjà exprimés sur le sujet.
M. Allouche a regretté, dans une déclaration à la télévision Future news, que l'acte d'accusation de vise que quelques individus. « Le Hezbollah est impliqué dans le vrai sens du terme dans l’assassinat de Rafic Hariri, du moins au niveau moral », a-t-il souligné. « Le Hezbollah va continuer à défendre les accusés mais nous ne devons pas ignorer ce qui a été publié dans le magazine allemand Der Spiegel il y a deux jours sur l’implication de l’Iran dans l’assassinat », a-t-il encore déclaré. En réponse à une question, M. Allouche a affirmé qu’« il n’y aura pas de grands changements aux niveaux régional et international après la publication de l’acte d’accusation mais que sa publication va entraîner un flux de réactions ».
Kabbani : « un pas en avant »
Le député du courant du Futur Mohammad Kabbani a, de son côté, déclaré à la chaîne LBC que « le « timing » de la publication de l’acte d’accusation n’était pas surprenant » et que cela fait plusieurs jours que tout le monde s’y attendait. « Seuls des fragments de l’acte d’accusation ont été publiés », a relevé le député. Mais ceci est « un pas en avant, car ce qui va suivre sera le début des procès par contumace », a-t-il ajouté. « Je ne crois pas que la majorité des gens s’attendait à ce que les accusés soient arrêtés », a-t-il encore déclaré. « Une affaire de cette envergure ne peut être liée à quatre personnes uniquement et il se peut, bien sûr, que d’autres personnes soient impliquées », même si nous n’avons pas d’information sur cela à ce jour, a-t-il ajouté.
« Il n’y aura pas de réaction (populaire) à la publication de certaines parties de l’acte d’accusation puisque le sujet est suivi dans les médias depuis un moment et que le Hezbollah a lui-même affirmé que les accusés sont des membres du parti », a par ailleurs déclaré le député Kabbani. Il s’est attendu néanmoins à ce que « la polémique se poursuive dans les médias ».
Le secrétariat du 14 Mars a, lui aussi, réagi à la publication de l’acte d’accusation du TSL en affirmant que cela constitue une victoire des principes qu’il a toujours soutenus et qu’il est nécessaire que le Hezbollah remette les quatre suspects à la justice internationale.
Selon l'acte d'accusation rendu public mercredi après six années d'enquête, des enregistrements téléphoniques démontrent l'implication de quatre membres du Hezbollah dans l'attentat de février 2005. Le secrétaire général du...

