Arrestation à Pimlico, à Londres. Anthony Devlin/Pool/
Les émeutes qui ont embrasé Londres et plusieurs autres villes anglaises il y a une semaine ne l’ont pas surpris. Ca n’a "pas été un choc, parce que là où je vis, c'est comme une zone de guerre de toute façon", explique Gavin McKenna, 21 ans. "Là où je vis, c'est dur. Des gens sont poignardés tous les jours, tués par balle tous les jours, il y a de la violence issue des gangs chaque jour".
Gavin a rejoint un gang d'adolescents de Newham, un quartier défavorisé de l'Est de Londres, à l'âge de 14 ans. "On volait des gens, on cambriolait des maisons, on avait des couteaux et des pistolets, je ne suis pas fier de tout ça", raconte-t-il.
L’enfance de Gavin fut pour le moins difficile. "Mon père battait ma mère sous mes yeux, il me battait et il m'a collé un pistolet sous la figure quand j'avais six ans, menaçant de me tuer", se souvient-il. Après plusieurs années passées de foyer en foyer avec sa mère et ses soeurs, il "pète un câble", commence à fumer de l'herbe, à sortir dans la rue. Il rejoint une bande d'adolescents qu’il considère comme sa "famille", d'anciens copains d'écoles de Newham pour la plupart. Bien qu'il décrive la bande comme moins méchante que d'autres gangs, c'est l'escalade : "J'avais toujours des couteaux, j'ai même tenu une fois un pistolet. Ca devenait sérieux. Des gens ont tenté de me poignarder devant ma mère, un gars est venu une fois à la maison avec un pistolet", dit-il. "Des amis ont été poignardés, l'ami d'un ami est mort, un de mes amis s'est pendu, sous l'effet de la drogue ... certains se sont retrouvés en prison, j'ai perdu pas mal d'amis", constate-t-il. "A chaque fois, je me disais, +ce n'est pas ce que tu veux+. J'avais peur, mais je ne savais pas comment m'en sortir".
Alors qu’il a 18 ans, Gavin entre un jour dans une église, entend un prêtre inciter à se concentrer sur l'aspect positif des choses plutôt que négatif. Le jeune homme s'effondre en larmes. "Le pasteur m'a dit qu'il y avait de l'espoir pour moi, j'ai fondu en larmes et j'ai dit que c'était de ça que j'avais besoin". A l'église, il fait la rencontre de Sheldon Thomas, lui-même ancien membre de gang qui aide les jeunes à s'en sortir via un programme de tutorat. "Il m'a dit que je n'étais plus le même garçon. Il m'a montré comment être un homme. C'est comme ça que j'ai changé, en travaillant avec Sheldon et en étant un chrétien, cela m'a éloigné de mon ancien mode de vie".
Gavin dit que ses anciens comparses respectent son choix. Il est aujourd'hui en deuxième année à l'Université, en techniques du sport, et a un fils de 3 ans. "Trois ans déjà, et il a déjà reçu plus d'amour que j'en ai jamais eu".
Lundi, le Premier ministre britannique David Cameron s’est engagé à mener une "guerre totale" contre les gangs. Pour ce faire, M. Cameron compte notamment sur les conseils de Bill Bratton, ex-chef de la police de New York, Boston et Los Angeles, appelé comme consultant pour Scotland Yard.
Gavin McKenna, lui, est en colère sur la réaction tardive du gouvernement: "Des gosses meurent tous les jours. Mais si on a une émeute qui met en danger au commerce et pourrait affecter le gouvernement, et là ils s'en occupent", dit-il, dégoûté. "Ils s'en fichent de nous", assure-t-il.
Gavin a rejoint un gang d'adolescents de Newham, un quartier défavorisé de l'Est de Londres, à l'âge de 14 ans. "On volait des gens, on cambriolait des maisons, on avait des couteaux et des pistolets, je ne suis pas fier de tout ça", raconte-t-il.
L’enfance de Gavin fut pour le moins difficile. "Mon père battait ma mère sous mes yeux, il me battait et il m'a collé un pistolet sous la figure quand j'avais six ans, menaçant de...


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