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À La Une - Violences Conjugales

Au Liban, les femmes battues, victimes aussi du code pénal

Le projet de loi visant à criminaliser les violences domestiques et le viol conjugal sera-t-il voté par le Parlement ?

Les organisations de défense des droits des femmes redoutent désormais que le texte sur les violences domestiques ne devienne un casus belli entre partis politiques déjà à couteaux tirés.

Quelques mois seulement après leur mariage, le mari de Souha a donné les premiers coups d'une longue série qui durera huit ans. Comme nombre de Libanaises, cette jeune femme a tout connu, les contusions, les blessures, mais jamais l'abattement.
Il y a deux ans, elle a décidé de prendre les choses - et ses trois enfants - en main, dans un pays qui rechigne à criminaliser les violences domestiques et le viol conjugal et où les mères ne peuvent pas transmettre leur nationalité.
"Pendant des années, j'étais prise au piège et je pensais n'avoir aucun choix sinon celui de souffrir en silence", explique-t-elle à l'AFP. "Je ne pouvais pas retourner chez mes parents. Pour eux, le divorce jette la honte sur toute la famille et ils ne pouvaient m'accueillir avec trois enfants", ajoute cette femme de 31 ans.
Sunnite mariée à un musulman chiite, elle a fourni des rapports médicaux prouvant ses blessures au clergé chiite, qui a finalement prononcé son divorce.
Son cas est loin d'être unique au Liban, où un projet de loi visant à criminaliser les violences domestiques et le viol conjugal a provoqué la colère des autorités religieuses.
Dans un pays souvent considéré comme le plus libéral d'un monde arabe conservateur, le Parlement vient seulement de supprimer les circonstances atténuantes du "crime d'honneur", l'assassinat, souvent par un proche, de femmes ayant "déshonoré" leur famille.
Les organisations de défense des droits des femmes redoutent désormais que le texte sur les violences domestiques ne devienne un casus belli entre partis politiques déjà à couteaux tirés.
Prévu en juin, le vote a été renvoyé à la suite de pressions de dignitaires religieux. Il doit intervenir en août selon Samir Jisr, chef de la commission chargée de l'étude du texte, qui reconnaît attendre "quelques amendements".
Cheikh Naïm Kassem, du Hezbollah, reproche au texte d'"interférer dans les relations entre le mari et sa femme".
"Copier les lois occidentales qui détruisent la famille et ne conviennent pas à nos sociétés aura un impact négatif sur les enfants musulmans qui verront leur mère, défiant l'autorité patriarcale, menacer leur père de prison", estime pour sa part Dar al-Fatwa, plus haute autorité sunnite du pays.
Pour les militants, la coutume est également responsable du silence entourant les femmes maltraitées.
"La grande majorité des femmes battues n'a pas recours à la justice à cause des traditions, mais aussi parce qu'elles ne pensent pas qu'un tribunal les protègera", explique l'avocate Ghada Ibrahim. "On soupçonne à peine l'étendue du problème" au Liban, assure-t-elle.
Les violences conjugales ne sont l'apanage d'aucune communauté dans un pays où coexistent 18 confessions. Mona, chrétienne de 40 ans, a ainsi subi pendant des années les coups d'un mari de 20 ans son aîné. Sa famille préférait sauver les apparences plutôt que leur fille.
Comme Souha, elle a été poussée à se marier à 20 ans, et a été battue après la naissance de sa première fille.
"Autour de moi, tout le monde me disait d'être patiente, même le prêtre de notre paroisse. Ils disaient que mon mari aurait une révélation, qu'il changerait", se rappelle-t-elle.
"Eh bien, ça n'est pas arrivé. Au bout d'un moment, mes parents ont dit +Assez!+ et m'ont reprise avec mes deux filles", explique Mona, qui recourt comme Souha à un prénom d'emprunt.
Et si le Parlement rejette le projet de loi contre les violences conjugales, les militants ne comptent pas baisser les bras. "Si le texte n'est pas voté, nous allons passer à la vitesse supérieure et faire descendre notre combat dans la rue", affirme Faten Abou Chakra, de l'association Kafa.
Quelques mois seulement après leur mariage, le mari de Souha a donné les premiers coups d'une longue série qui durera huit ans. Comme nombre de Libanaises, cette jeune femme a tout connu, les contusions, les blessures, mais jamais l'abattement.Il y a deux ans, elle a décidé de prendre les choses - et ses trois enfants - en main, dans un pays qui rechigne à criminaliser les violences domestiques et le viol conjugal et où les mères ne peuvent pas transmettre leur nationalité."Pendant des années, j'étais prise au piège et je pensais n'avoir aucun choix sinon celui de souffrir en silence", explique-t-elle à l'AFP. "Je ne pouvais pas retourner chez mes parents. Pour eux, le divorce jette la honte sur toute la famille et ils ne pouvaient m'accueillir avec trois enfants", ajoute cette femme de 31 ans.Sunnite mariée à un musulman...
commentaires (16)

J'ai moi-même été, pendant de longues années, victime d'un mari qui s'est octroyé le droit de m"'éduquer". J'ai depuis quitté le domicile conjugal avec mes deux filles et intenté un procés qui, j'espère, ne trainera pas pendant de longues années. Les hommes de foi et de loi qui tergiversent avant de donner á la femme son droit le plus élémentaire á la dignité doivent trancher plus rapidement et enfaveur des femmes battues. Comme on dit en "libanais" : "yalle 3am bi3ed el osse mech metel yalle 3am byekela"... Un jour, le Liban sera -fonds et forme- á l'image moderne qu'il donne. et , je pourrai rentrer au Liban et revoir ma famille. Myrna Aouad

Myrna Aouad

17 h 04, le 15 août 2011

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Commentaires (16)

  • J'ai moi-même été, pendant de longues années, victime d'un mari qui s'est octroyé le droit de m"'éduquer". J'ai depuis quitté le domicile conjugal avec mes deux filles et intenté un procés qui, j'espère, ne trainera pas pendant de longues années. Les hommes de foi et de loi qui tergiversent avant de donner á la femme son droit le plus élémentaire á la dignité doivent trancher plus rapidement et enfaveur des femmes battues. Comme on dit en "libanais" : "yalle 3am bi3ed el osse mech metel yalle 3am byekela"... Un jour, le Liban sera -fonds et forme- á l'image moderne qu'il donne. et , je pourrai rentrer au Liban et revoir ma famille. Myrna Aouad

    Myrna Aouad

    17 h 04, le 15 août 2011

  • Monsieur Eid Gabriel je regrette mais je ne suis pas d'accord avec votre commentaire,contrairement à vous , je pense que la religion n'a rien à voir. Il y a des femmes battues chez les chrétiens autant que chez nos frères musulmans, c'est une question d'éducation , de principes, la femme mère, la femme épouse est soit respectée et aimée soit battue et deshonnoree dans toutes les sociétés et partout au monde quelque soit sa religion. Si la femme accepte d'être battue une seul fois elle sera battue pour toujours donc c'est à elle de se faire respecter elle doit savoir dire NON NON et NON je ne serai pas battue. Marie Jose Malha.

    Marie Jose Malha

    03 h 24, le 15 août 2011

  • Quand je lis les commentaires sectaires de certains internautes, j'ai honte pour eux. Et dire qu'ils prétendent être "chrétiens". S'ils n'ont rien compris à leur religion, comment veut-on qu'ils comprennent quelque chose à celle des autres. Messieurs-Dames, la violence de vos propos est de loin plus pernicieuse et destructrice que la violence physique.

    Tina Chamoun

    02 h 21, le 15 août 2011

  • tres cheres amies,femmes mariees combattues reveillees vous,le temps est arrive,d,ouvrir bien vos yeux,et de se defendre;je pense que le SAINT CORAN ET LE NOUVEAU TESTAMENTet tous livres saints,n,expliquent que la femme doit etre battue,etc........ alors que ses imans et pretes arretent de creer certaines lois contre nous femme,meres au foyer,je suis pretes manifester contre les agressions conjugales,car chez nous la femme est toujous en tord??????respecter vos epouses ? nous n,allions jamais evoluer au liban, il est temps de protester

    RESLAN CHADYA

    17 h 06, le 14 août 2011

  • @ Eid Gabriel vous insinuez que les musulmans sont violents envers leurs femmes et les chretiens sont de doux agneaux? les violences sont faites par des chretiens et musulmans et vos citations du Saint Coran sont en dehors de leur contexte, merci de vous occuper de votre Bible

    Amine Hassan

    17 h 03, le 14 août 2011

  • WOW! Il y a vraiment des commentaires instructifs, inspirants! MERCI!!!

    rosa Zacharie

    12 h 46, le 14 août 2011

  • Toute loi digne de l’homme et de la femme ainsi que toute application de cette loi ne peuvent passer que par la séparation des églises et de l’état. Aucune dignité de la femme n’est à attendre des textes religieux quel qu’ils soient. Ceux-ci sont parfois généreux, parfois atroces, mais toujours en fin de compte en faveur de l’homme. Chacun a droit à ses croyances, des plus stupides aux plus merveilleuses, mais ne doit pas pouvoir les imposer à l'ensemble. Une loi pour tous voila le minimum acceptable. Cela passe en autre par : le Mariage civil, le divorce possible à la demande de chacun des époux, des textes de succession non sexués et l’égalité devant la transmission de la nationalité.

    Raphael Toriel

    10 h 43, le 14 août 2011

  • Avec tout le respect que je dois aux Livres sacres(Coran, Nouveau testament etc... ) et aux autorites religieuses de toutes les confessions, je ne pense pas que Dieu prone la de violence conjugale!!! Il ne suffit pas que la religion nous pourrisse la vie politique au Liban, il faut en plus que les Sheikh, les Dar el Fatwa, les pretres et je ne sais quel autre rabin osent se prononcer sur les questions humanitaires, qu'ils sont censes defendre d'ailleurs, pour nous dire qu'emettre une loi contre la violences conjugales c'est s'immiscer dans la vie de couple!Alors s'immiscer dans la vie de couple pour interdire le divorce, y'a pas de probleme, mais si c'est pour proteger un des conjoints alors la SURTOUT PAS! Non mais on croit rever! Visiblement, si l'on ne peut pas compter sur un Etat digne (a la merci des autorites religieuses) pour proteger les femmes au Liban, on ne pourra surement pas compter sur les autorites religieuses omnipresentes pour le faire! D'ailleurs, le sort de ces femmes est tellement condamne que meme leurs familles pour certaines ne sont pas pretes a les proteger de peur du "qu'en dira-t-on"et du "3eb"!! les religieux, les politiciens, les mentalites d'il y a 70 ans, A LA POUBELLE!!! On a desesperement besoin d'un vent frais de renouveau!!! Cheres femmes libanaises, meres de notre brillant avenir libanais, haussez la voix et revendiquez vos droits les plus fondamentaux!!! Nous sommes de toutes ensemble dans cette bataille, et on la gagnera!

    Margot EL KHOURY

    08 h 30, le 14 août 2011

  • Des lois occidentales qui detruisent la famille? Ou ca? Quand ca? Est-ce que les familles orientales se portent mieux? S'il y a moins de divorce ces dernieres n'en demeurent pas moins malades. Et de grace arretons de paraphraser des versets et des sourates... Toutes les religions sont retrogrades. Elles le sont parce qu'elles sont archaiques. Arretons de les citer, ou pire encore, de faire dire a Dieu ce qu'il (ou elle) n'a pas dit. Modernisons nos codes civils, voila tout. Et referrons-nous a des textes civils et modernes! Quant au droit divin, gardons cela pour le jour du jugement dernier.

    HADDAD Jacques

    18 h 13, le 13 août 2011

  • Madame Josette Mikhael, Vous adressez l'enseignement de Jésus à une faction de la population, je présume non seulement libanaise mais mondiale. C'est pour cela qu'il faut discriminer et comparer avec les versets du saint livre d'Allah. Sourate nr.2 Al Baquara, Verset nr.223 qui dit: Vos femmes sont un "harass" un champ de culture pour vous, allez sur vos harass comme bon vous semble. Sourate nr.4 Les Femmes Verset nr.34 qui dit: Les hommes sont Quawwamoun sur les femmes et qui signifie, les hiommes sont les Seigneurs des femmes et ils se comportent comme tels. Il est impératif de discerner quelle faction de la société use de la violence envrs leurs femmes?

    Eid Gabriel

    10 h 46, le 13 août 2011

  • Faites sortir le LIBAN de sous la "gérance arabe musulmane" et tout ira bien:le reste se développera.

    Marie Claude

    09 h 40, le 13 août 2011

  • «Cheikh Naïm Kassem, du Hezbollah, reproche au texte d'"interférer dans les relations entre le mari et sa femme". "Copier les lois occidentales qui détruisent la famille et ne conviennent pas à nos sociétés aura un impact négatif sur les enfants musulmans qui verront leur mère, défiant l'autorité patriarcale, menacer leur père de prison", estime pour sa part Dar al-Fatwa, plus haute autorité sunnite du pays.»BIEN SÛR, QU'ILS SERONT MENACÉS DE PRISON CES HOMMES QUI LÈVE LA MAIN SUR LA FEMME. ET ÇA FINIRA PAR ARRIVER. QUELLE SUPÉRIORITÉ CES HOMMES DÉTIENNENT-ILS SUR LA FEMME EN RÉALITÉ? L'UNIQUE: CELLE REPOSANT SUR LA FORCE PHYSIQUE. CULTURELLEMENT, ÉTRANGEMENT, SI ON TOLÈRE DES CLAQUES SUR LA GUEULE POUR NE PAS BRISER LA FAMILLE, ON FAVORISE, DU COUP, DE BANALISER L'INTÉGRITÉ DE L'INDIVIDU AU SEIN DE CETTE MÊME FAMILLE. ON PRÉSERVE UNE CELLULE FAMILIALE EN APPARENCE «SAINE» BIEN QU'EN SON CENTRE, UN CANCER. CONCLUSION : QUI PAIE LA FACTURE POUR LES CLAQUES DONNÉES? CELLE QUI LES A REÇUES.

    ROSA ZACHARIE

    08 h 11, le 13 août 2011

  • Ceux qui rejettent cette loi ont peur de perdre une partie de leur pouvoir. Invitons-les à faire acte de clairvoyance.

    Hobeïka Nabil

    07 h 47, le 13 août 2011

  • Enfin ,se serai faire justice ,car l'homme vient de la femme ,et la femme est celle qui eduque pour la vie ,c'est elle qui sait donner de l'amour ,et christ a dit dans l'evangile :hommes aimer vos femmes comme a vous meme,car dans le mariage les deux seront une seule personne,ici au Venezuela l'homme qui frappe sa femme va en prison.....

    josette mikhael

    07 h 00, le 13 août 2011

  • suite. Je vous souhaite beaucoup de courage dans ce combat.Toutes vos communautés devraient arriver, dans votre pays, à definir la notion de dignité de l'etre humain.A partir de là, vous continuerez à faire grandir votre pays que je fréquente chaque année quelque soit l'actualité politique du moment. f taisne de mullet Bourg en Bresse (france)

    franck taisne de mullet

    05 h 59, le 13 août 2011

  • Je suis magistrat en France et le ministere de la Justice nous invite depuis longtemps à prendre en compte les violences conjugales comme tres attentatoires à la dignité de la femme. Il n'y a aucune connotation religieuse ou culturelle, seulement le desir de considérer que le lien conjugal exclut radicalement et totalement la violence dans les rapports humains.Nous considérons qu'aucun bien ne peut sortir de l'usage de la violence, ni pour le couple, ni pour les enfants qui voient l'image de leur mere dégradée par leur pere .Nous pronons l'egalité des droits mais aussi l'egalité dans la dignité de l'homme et de la femme. Notre combat est il occidental ou est il celui d'une image de l'homme et de la femme et de la famille qui merite autre chose que le rapport parfois "culturel" avec la violence. Nous sommes confrontés à tous les milieux sociaux et meme aux explications religieuses parfois devant le tribunal. Notre combat se veut educatif et protecteur et capable d'emprisonner celui qui est violent .Nos associations d'aide aux victimes sont presentes pour recueillir la parole de la femme battue et l'aider, la soutenir et lui rappeler son eminente dignité de femme et de mere. Si nous sommes dans un choc de civilisation comme beaucoup le dise ,notre volonté ne peut s'arreter à la dimension culturelle qui serait un refuge facile pour les brutes au sein des couples.IL est vrai que ce type de loi peut faire grincer des dents les partisans de l'immobilisme en ce domaine.

    franck taisne de mullet

    05 h 55, le 13 août 2011

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