Selon des analystes confirmés, le général Aoun, en décrochant un panier de dix ministres dans le nouveau gouvernement, a pu penser qu’il devenait un pilier avancé du pouvoir exécutif, un décideur en somme. Ce qui n’était pas le cas sous les précédents cabinets. Il a sans doute cru qu’il pourrait avoir désormais le dernier mot pour ce qui est des décisions en Conseil des ministres. Et, par voie de conséquence, au niveau de l’approbation des projets soumis à la Chambre.
Mais il a eu la pénible surprise de se voir tourner le dos par certains de ses partenaires au sein de la nouvelle majorité. Dont le bloc joumblattiste, qui a soutenu le report du texte qu’il avait présenté. Walid Joumblatt a expliqué que sa position reste d’ordre purement juridico-technique, sans rien à voir avec les alignements ou les oppositions concernant la majorité et la minorité. Il a précisé qu’il ne faut pas donner à son attitude une signification exagérément politique.
De son côté, le président du Conseil, Nagib Mikati, a fini par convenir, publiquement, de la nécessité d’un délai pour complément d’étude par souci de parvenir à une entente en toute transparence.
Mais cette double justification n’a guère souri à Michel Aoun. Peut-être même qu’elle a contribué à l’exaspérer encore plus. Au point que, répétons-le, il a invité les Libanais à prendre d’assaut la place de l’Étoile. Dans une sorte de 18 brumaire bis, en référence à un autre général...
Le général, question justement de sortir de ses habits, a avancé qu’il se sent à l’étroit dans son costume de loyaliste. Dont le tissu pourrait se déchirer à tout moment « à cause des rapports avec des gens sans conscience », selon ses propres termes.
Principal concerné en tant que ministre de l’Énergie et de l’Eau, son gendre Gebran Bassil a déclaré qu’en cas de non-adoption du projet présenté, « la crise de l’électricité s’aggraverait de plus en plus ».
On en est là. Mais, après ses propos incendiaires, Michel Aoun irait-il jusqu’à menacer de retirer ses ministres du cabinet ? L’éventuelle adoption de son projet à la Chambre, une fois passé le délai de 15 jours, pourrait le calmer.
Sauf si le gouvernement ou le Parlement y introduisent des amendements qu’il n’admettrait pas, et qui se rapporteraient, en bonne logique, à un contrôle de l’État de la dépense du budget de 1,2 milliard de dollars réclamé par le ministère, qui pensait en disposer à sa seule guise.
En tout cas, si le chef du CPL a voulu tester la solidarité de ses partenaires de la nouvelle majorité, il est maintenant édifié. Selon les analystes cités, ce serait là où le bât blesse vraiment, plutôt que dans la déconvenue du report.
Car cela peut signifier que le général ne pourrait pas décrocher la timbale qu’il convoite en matière de désignations administratives, judiciaires ou sécuritaires, au niveau des postes de première catégorie. Il a en effet besoin que les centristes et les indépendants se tiennent à ses côtés pour les noms qu’il proposerait, en vue d’étendre son influence au sein de la machine d’État. Et de paver la voie à une rafle de sièges parlementaires, au Mont-Liban ou ailleurs, lors des législatives de 2013.
Il convient de rappeler dans ce cadre qu’il existe déjà pour lui un obstacle au départ, sans lien avec les développements relationnels relatifs à l’électricité. C’est-à-dire que ses partenaires de la nouvelle majorité ne conviennent pas du tout avec lui qu’il est nécessaire de faire le procès de grands commis de l’État, administratifs ou sécuritaires, qu’il accuse de servir le 14 Mars. Il demande qu’ils soient traduits devant les organismes disciplinaires, révoqués ou mutés.
Mais il n’a pas du tout l’appui des centristes, qui répètent que le gouvernement doit éviter toute vindicte. Il convient d’indiquer cependant que ce thème du règlement de comptes peut servir de carte de négociation à Michel Aoun. Il y renoncera, si on lui donne ce qu’il veut, en matière de désignations administratives, diplomatiques, judiciaires ou sécuritaires.


Notice: Meme en ne voyant pas plus loin que leur nez, les Chretiens du 14 Mars ont quelques bonnes longeurs d'avance sur le general puisqu'il ne voit rien du tout! En 1989, il s'etait allie a Sadam Hussain et ouvert une guerre au Liban sans voir que se dernier signait ses dernier jours, en 1990 il s'en est pris aux forces Libanaises sans voir qu'elles ne se laisserait pas faire et qu'il ne pouvait les eliminer juste parce qu'il l'avait decide sur un coup de tete et sans raisons. Apres 2005 il s'est allie au Hezbollah croyant qu'il les Libanisera et le voila lui meme Iraniser, Syrianiser et ridiculiser sans voir que ces regime, par une logique mathematique historique, finissent par tomber. Alors qui des deux voit ou ne voit pas et combien leur sens geopolitiques est developpe plus ou moins que leurs nez, les conclusions ne penchent malheureusement pas du cote du General.
08 h 28, le 13 août 2011