Le Premier ministre, Nouri al-Maliki, s’est contenté en mai d’affirmer « l’intérêt de l’Irak pour la stabilité de la Syrie » et pour « la mise en œuvre de réformes ». Le président du Parlement irakien, Iyad al Oussama al-Noujaifi, a certes adopté cette semaine une position plus tranchée, qualifiant « d’inacceptable » la répression et appelant à ce que cessent les « effusions de sang ». Mais l’Irak reste très en retrait par rapport à nombre de pays arabes comme l’Arabie saoudite, le Koweït et Bahreïn, qui ont rappelé cette semaine leurs envoyés en Syrie. « Notre position (...) consiste à appeler le gouvernement syrien à faire des réformes répondant aux souhaits du peuple », explique le vice-ministre irakien des Affaires étrangères, Labid Abawi. « Nous désapprouvons le recours à la violence, que ce soit par les autorités ou par des groupes armés », dit-il. « Nous regrettons l’escalade des opérations militaires et souhaitons qu’elles cessent et que des réformes soient initiées », ajoute-t-il. Pour l’heure, « un rappel de l’ambassadeur irakien à Damas n’est pas à l’ordre du jour », dit-il encore.
Selon des analystes, la prudence de l’Irak sur ce dossier s’explique par ses liens avec son voisin l’Iran. « Cette attitude est liée au conflit politique qui oppose l’Iran aux pays arabes, surtout l’Arabie saoudite », estime l’analyste politique Ihsan al-Shammari. « L’Iran, qui soutient le régime syrien, est un acteur majeur en Irak, donc adopter une autre attitude sur les événements en Syrie pourrait peser sur beaucoup de dossiers communs à l’Irak et l’Iran », note-t-il. « Mais en même temps, l’Irak ne veut pas renoncer à ses relations avec les pays arabes, bien que ceux-ci aient commencé à dénoncer le régime du (président Bachar) el-Assad », relève-t-il. Aziz Jabr, professeur de sciences politiques à l’université de Bagdad, est du même avis : « Cette question est liée au soutien que l’Iran apporte au régime syrien. L’Irak va pencher davantage du côté iranien que de celui des pays arabes », estime-t-il.
Les relations irako-syriennes ont pourtant longtemps été tumultueuses. Bien que les deux pays aient en commun d’avoir été gouvernés à partir des années 1960 par des branches du parti panarabe Baas, ils se sont rapidement tourné le dos, rompant leurs relations diplomatiques en 1980. Pendant toute la période de Saddam Hussein, la Syrie a servi de refuge aux opposants irakiens. Les relations se sont améliorées après 2003, mais peinent à se normaliser. Un nouveau conflit a surgi lorsque Bagdad a accusé Damas d’avoir accueilli les militants responsables d’attentats à la bombe contre plusieurs ministères en août 2009, et les deux capitales ont rappelé leurs ambassadeurs pour un an.
« Les chiites irakiens ont souffert du fait du parti Baas (sous Saddam). Ils souhaitent voir un changement qui amène la démocratie en Syrie », explique M. Shammari. « Mais si Assad part et qu’un parti extrémiste ou salafiste apparaît, les chiites d’Irak s’opposeront à ce que des jihadistes prennent le pouvoir là-bas s’ils pensent que cela risque de grandement affecter l’équilibre des relations entre les deux pays », conclut-il.
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Ça devrait en dire long sur l'erreur que sont en train de perpétrer les occidentaux et leurs alliés régionaux en Syrie en appuyant et en armant des jeunes lignards des grandes stratégies, pour détruire leur pays à l'instar de ce qui s'est passé en Lybie. Je pense que les alliés Irakien et même Bahreinis des pouvoirs Syriens n'ont pas encore reçu des instructions car la situation est encore sous total control.
04 h 37, le 13 août 2011