Après une rencontre hier à Damas avec le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, le président syrien, Bachar el-Assad, a affirmé qu’il poursuivrait le combat contre « les groupes terroristes », accusés par son régime de semer le chaos dans le pays. Le ministre turc s’est rendu à Damas pour exhorter M. Assad à cesser sa répression, reflétant les demandes d’une grande partie de la communauté internationale. « Nous espérons que des mesures seront prises dans les prochains jour pour mettre fin aux effusions de sang et que la voie sera ouverte à un processus de réforme politique », a déclaré M. Davutoglu. « Nous avons eu l’occasion de parler de façon claire et nette des mesures à prendre pour que l’armée et le peuple ne se retrouvent pas face à face, que des événements comme ceux survenus à Hama ne se reproduisent pas », a-t-il ajouté, évoquant une discussion « ouverte » de six heures et demie avec le chef de l’État syrien, dont trois heures et demie en tête à tête. M. Davutoglu a indiqué avoir transmis à M. Assad un message écrit du président turc Abdullah Gül et un message oral du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Il s’est refusé cependant à fournir des détails sur la teneur de ces messages. « Les développements qui surviendront dans les prochains jours seront décisifs quant aux attentes de la Turquie et du peuple syrien. Nous continuerons de suivre ces développements », a-t-il souligné.
La Russie a aussi insisté auprès de Damas pour un arrêt des violences et la mise en œuvre de réformes politiques et sociales, a indiqué le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans un entretien téléphonique avec son homologue syrien, Walid Moallem. En outre, une initiative des pays de l’IBAS (Inde, Brésil et Afrique du Sud) va rencontrer aujourd’hui le gouvernement syrien.
Depuis le début du ramadan, le 1er août, des manifestations appelant à la chute du régime ont lieu tous les soirs en Syrie. « La situation est très dangereuse, le régime est menacé par la communauté internationale : soit il retire ses chars des villes et les sit-in se poursuivent jusqu’à la chute du régime, soit c’est la communauté internationale qui agira pour renverser le régime de M. Assad en lui retirant sa légitimité », a commenté un avocat des droits de l’homme.
Sur le terrain, les forces de sécurité ont poursuivi leurs opérations de ratissage et perquisitions dans plusieurs villes et le bilan des morts s’est alourdi, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Près de 50 civils ont été tués hier, dont 17 dans la ville de Deir ez-Zor, où 50 personnes ont été en outre blessées, certaines se trouvant dans un état grave. « Les cadavres sont dans les rues. Des chars se trouvent sur la place al-Hourriyya où d’énormes manifestations se sont déroulées » ces dernières semaines, selon l’OSDH qui fait état de « nombreuses arrestations » dans cette ville. Selon un habitant, au moins 65 civils ont été tués depuis le début de l’assaut lancé dimanche par les chars de l’armée. Quatre autres personnes ont été tuées, dont un enfant de 13 ans, à Binnech dans la région d’Idleb, proche de la Turquie, 26 dans la région de Hama et deux à Homs, ont indiqué des militants. Un homme de 35 ans est par ailleurs mort après avoir été torturé par les forces du régime, selon ses proches. Hama, théâtre de vastes opérations menées par l’armée, commence à souffrir d’une « pénurie aiguë de produits alimentaires », a indiqué l’un des militants, ajoutant : « La situation est insupportable, l’armée est à la périphérie de Hama et empêche toute entrée de produits alimentaires comme les légumes, le pain ou la farine. »
(Source : agences et rédaction)
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