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Moyen Orient et Monde - Analyse

Damas peu enclin à céder à la pression internationale

Les chances de Bachar el-Assad de reprendre la situation en main s’amenuisent, estiment des experts.
Le régime syrien, dont la chute semble inévitable, va probablement accentuer sa répression des manifestants et ignorer le concert de condamnations, estiment des analystes. « Le régime a farouchement résisté à la pression internationale, et les prises de position des Saoudiens, du Conseil de coopération du Golfe ou de la Turquie n’auront certainement pas d’effet dans l’immédiat », a estimé Rami Khouri, spécialiste des affaires politiques et internationales à l’Université américaine de Beyrouth. Pour M. Khouri et d’autres analystes, la pression va s’accentuer à l’intérieur même de la Syrie qui sera de plus en plus isolée sur la scène internationale et fera que le président Bachar el-Assad n’aura d’autre choix que de chercher une porte de sortie. « Quand ils seront complètement isolés avec personne au monde pour les soutenir sauf les Iraniens, ils auront un problème réel et ils devront trouver une solution politique », a déclaré M. Khouri faisant référence aux dirigeants syriens. « Mais ce sera peut-être trop tard », a-t-il ajouté.
Un développement majeur s’est produit cette semaine, avec l’Arabie saoudite, poids lourd régional et puissance sunnite, qui a rompu un silence de cinq mois sur la Syrie et ajouté sa voix au concert des critiques contre Damas, d’où elle a rappelé son ambassadeur. Le Koweït et
Bahreïn lui ont emboîté le pas tandis que le Conseil de coopération du Golfe et la Ligue arabe ont condamné les violences. La Turquie, frontalière de la Syrie et avec une grande population sunnite, a exprimé, quant à elle, une impatience croissante face à la politique de la terre brûlée du président Assad. La Russie a fait de même.
« Le régime a franchi un nouveau seuil dans la violence, ce qui rend la complaisance plus difficile », a estimé Peter Harling, un analyste basé à Damas, de l’International Crisis Group. « Le monde est en train d’abandonner ce régime », a-t-il ajouté.
Les manifestations agitant la Syrie constituent la plus grave menace pour le pouvoir exercé depuis quatre décennies par la famille Assad. Le président syrien dénonce le rôle de « groupes terroristes » dans ces émeutes et propose de timides réformes tout en lançant son armée contre les opposants. La communauté internationale, d’abord hésitante à intervenir en raison de l’importance stratégique de la Syrie et de la crainte de la voir glisser dans une guerre civile, a progressivement durci le ton tout en espérant des réformes démocratiques. Mais les chances de Bachar el-Assad de reprendre la situation en main n’ont cessé de s’amenuiser avec un bilan des morts qui s’alourdit et une révolte qui continue, estiment des analystes. « Le régime évoque une conspiration mondiale contre lui, mais en réalité de nombreux pays, même ceux qui ont été hostiles à ce régime, auraient aimé le voir trouver de meilleurs moyens pour survivre », a estimé M. Harling. « La situation est mûre pour un effondrement spectaculaire (...) mais il est impossible de dire quand et qui déclenchera la dynamique », a-t-il ajouté.
Paul Salem, directeur au Carnegie Middle East Centre, basé à Beyrouth, a estimé de son côté que le régime va probablement poursuivre la répression mais que ses partisans à l’intérieur du pays finiront par se tourner contre lui. « Il y a trois groupes essentiels : la communauté alaouite, les forces armées avec les services de sécurité, et les élites commerciales d’Alep et de Damas », a-t-il expliqué. « Mais il est difficile de deviner lequel va lâcher le régime en premier. C’est un régime qui est contesté par son propre peuple et le reste du monde, et il n’est pas question qu’il perdure en l’état. Il va s’effondrer mais il est difficile de dire quand et comment », a-t-il conclu.

©AFP
Le régime syrien, dont la chute semble inévitable, va probablement accentuer sa répression des manifestants et ignorer le concert de condamnations, estiment des analystes. « Le régime a farouchement résisté à la pression internationale, et les prises de position des Saoudiens, du Conseil de coopération du Golfe ou de la Turquie n’auront certainement pas d’effet dans l’immédiat », a estimé Rami Khouri, spécialiste des affaires politiques et internationales à l’Université américaine de Beyrouth. Pour M. Khouri et d’autres analystes, la pression va s’accentuer à l’intérieur même de la Syrie qui sera de plus en plus isolée sur la scène internationale et fera que le président Bachar el-Assad n’aura d’autre choix que de chercher une porte de sortie. « Quand ils seront complètement isolés avec...
commentaires (3)

Tôt ou tard, c'est le résultat qui compte et celui-ci montre une défaite de toutes les dictatures et un nouveau "Moyen Orient" contre lequel certain se sont élever pour le faire échouer, au Liban, alors qu'en fait il avait tout juste commencer au Liban avec la résolution 1559 et la révolution des Cèdres! Ceux qui ont crié moult foi victoire vont enfin comprendre que les dites victoires n'en étaient que Pyrrhique! Elles l'ont toujours étaient depuis que Abd el Nasser en avait lancé la mode.

Petrossou

08 h 34, le 11 août 2011

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Commentaires (3)

  • Tôt ou tard, c'est le résultat qui compte et celui-ci montre une défaite de toutes les dictatures et un nouveau "Moyen Orient" contre lequel certain se sont élever pour le faire échouer, au Liban, alors qu'en fait il avait tout juste commencer au Liban avec la résolution 1559 et la révolution des Cèdres! Ceux qui ont crié moult foi victoire vont enfin comprendre que les dites victoires n'en étaient que Pyrrhique! Elles l'ont toujours étaient depuis que Abd el Nasser en avait lancé la mode.

    Petrossou

    08 h 34, le 11 août 2011

  • des paroles en or, pas la peine d'en rajouter:-)

    Michel Hitti

    07 h 58, le 11 août 2011

  • Si la chute du régime syrien est inéluctable, cela prendra sans doute beaucoup de temps. Au moins plusieurs mois, voire plus. Il est en effet hors de question, que Bachar el Assad cède aux pressions extérieures. Les insurges ne peuvent l'emporter sur le terrain. Et ils n'ont pas de leader. Dans tous les cas de figures l'affaiblissement actuel de la Syrie est appelé a perdurer, même en cas de changement de régime. Au lieu d'être un acteur géopolitique majeur, elle deviendra, comme le Liban, une arène de confrontations des rivalités des puissances régionales et internationales. Et, heureusement pour le Liban, cela se traduira aussi par un affaiblissement du Hezbollah.

    ibrahim tabet

    03 h 25, le 11 août 2011

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