Un développement majeur s’est produit cette semaine, avec l’Arabie saoudite, poids lourd régional et puissance sunnite, qui a rompu un silence de cinq mois sur la Syrie et ajouté sa voix au concert des critiques contre Damas, d’où elle a rappelé son ambassadeur. Le Koweït et
Bahreïn lui ont emboîté le pas tandis que le Conseil de coopération du Golfe et la Ligue arabe ont condamné les violences. La Turquie, frontalière de la Syrie et avec une grande population sunnite, a exprimé, quant à elle, une impatience croissante face à la politique de la terre brûlée du président Assad. La Russie a fait de même.
« Le régime a franchi un nouveau seuil dans la violence, ce qui rend la complaisance plus difficile », a estimé Peter Harling, un analyste basé à Damas, de l’International Crisis Group. « Le monde est en train d’abandonner ce régime », a-t-il ajouté.
Les manifestations agitant la Syrie constituent la plus grave menace pour le pouvoir exercé depuis quatre décennies par la famille Assad. Le président syrien dénonce le rôle de « groupes terroristes » dans ces émeutes et propose de timides réformes tout en lançant son armée contre les opposants. La communauté internationale, d’abord hésitante à intervenir en raison de l’importance stratégique de la Syrie et de la crainte de la voir glisser dans une guerre civile, a progressivement durci le ton tout en espérant des réformes démocratiques. Mais les chances de Bachar el-Assad de reprendre la situation en main n’ont cessé de s’amenuiser avec un bilan des morts qui s’alourdit et une révolte qui continue, estiment des analystes. « Le régime évoque une conspiration mondiale contre lui, mais en réalité de nombreux pays, même ceux qui ont été hostiles à ce régime, auraient aimé le voir trouver de meilleurs moyens pour survivre », a estimé M. Harling. « La situation est mûre pour un effondrement spectaculaire (...) mais il est impossible de dire quand et qui déclenchera la dynamique », a-t-il ajouté.
Paul Salem, directeur au Carnegie Middle East Centre, basé à Beyrouth, a estimé de son côté que le régime va probablement poursuivre la répression mais que ses partisans à l’intérieur du pays finiront par se tourner contre lui. « Il y a trois groupes essentiels : la communauté alaouite, les forces armées avec les services de sécurité, et les élites commerciales d’Alep et de Damas », a-t-il expliqué. « Mais il est difficile de deviner lequel va lâcher le régime en premier. C’est un régime qui est contesté par son propre peuple et le reste du monde, et il n’est pas question qu’il perdure en l’état. Il va s’effondrer mais il est difficile de dire quand et comment », a-t-il conclu.
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Tôt ou tard, c'est le résultat qui compte et celui-ci montre une défaite de toutes les dictatures et un nouveau "Moyen Orient" contre lequel certain se sont élever pour le faire échouer, au Liban, alors qu'en fait il avait tout juste commencer au Liban avec la résolution 1559 et la révolution des Cèdres! Ceux qui ont crié moult foi victoire vont enfin comprendre que les dites victoires n'en étaient que Pyrrhique! Elles l'ont toujours étaient depuis que Abd el Nasser en avait lancé la mode.
08 h 34, le 11 août 2011