"Trois compagnies ont été retenues en juin pour la construction : Atmea (consortium Areva-Mitsubishi), la compagnie russe Atomstroyexport et la compagnie d'énergie atomique canadienne AECL. La compagnie qui emportera le contrat sera annoncée en novembre", a-t-il déclaré dans une interview à l'AFP.
"L'exploration de l'uranium et la phase précédant la construction d'une centrale nucléaire, notamment la sélection technique du site se poursuivent", a ajouté M. Toukan, précisant que les études sur le choix du site continuaient à al-Majdal, à 47 km au nord-est d'Amman.
La Jordanie, qui affirme disposer de 65.000 tonnes d'uranium ainsi que de 100.000 tonnes dans les mines de phosphate, a récemment découvert 20.000 tonnes d'uranium à Al-Hasa (sud) et envisage d'extraire de l'uranium pour alimenter le réacteur nucléaire.
"L'énergie nucléaire mettra fin à une dépendance externe des besoins énergétiques de la Jordanie mais il faudra surmonter la méfiance du public, à la suite de l'accident de la centrale de Fukushima" au Japon, a estimé le ministre.
La Jordanie importe 96% de ses besoins énergétiques et 80% de son électricité est fournie par l'importation de gaz d'Egypte. Des études montrent que les besoins en électricité vont doubler en 2020.
"Les pertes provoquées par l'interruption du gaz égyptien (après une série d'attaques contre le gazoduc) se chiffrent à un milliard de dollars", a affirmé M. Toukan.
"L'énergie nucléaire pourra satisfaire la future demande d'électricité et l'exigence de nouvelles centrales", a-t-il dit, soulignant que "plusieurs centrales électriques, anciennes, seront démantelées en 2020".
En Jordanie, l'un des pays les plus arides du monde avec 160 m3 d'eau par an et par personne -le seuil de pauvreté hydrique est de 500 m3-, "le dessalement nécessitera une quantité massive d'électricité que l'énergie nucléaire pourra fournir à un prix plus bas", a relevé le ministre.
Mais une coalition indépendante de 16 associations de défense de l'environnement a manifesté à Amman pour réclamer le remplacement de programme nucléaire par l'énergie solaire.
"La Jordanie a 320 jours de soleil par an et des panneaux photovoltaïques peuvent remplir le désert qui constitue 85% du territoire, en outre nous avons l'avantage du vent qui souffle de la Méditerranée", a affirmé le responsable des Amis Jordaniens de l'Environnement Bassel Burqan.
"L'extraction d'uranium est cancéreuse et plus dangereuse que tout autre type d'exploitation minière", a-t-il également estimé.
Mais pour M. Toukan, qui s'appuie sur une étude d'une compagnie internationale pour le gouvernement jordanien, "l'énergie nucléaire émet le même équivalent de carbone par kilowatt-heure que l'énergie éolienne et hydroélectrique".


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