L’Argentin l’a fait savoir très tôt : il ne souhaite pas rester à l’OM. Très marqué par le cambriolage dont il a été victime la saison dernière, privé de son compatriote Heinze parti à la Roma, l’ancien meneur de jeu de Porto estime être arrivé au bout de son aventure marseillaise après deux saisons.
Mais si les supporteurs pouvaient se consoler de ce départ apparemment inéluctable en se remémorant le Lucho laborieux et anonyme de la saison dernière, ils risquent de vivre son transfert comme un crève-cœur si l’Argentin réédite des prestations du genre de celle de samedi. Positionné en vrai meneur de jeu, très proche de l’avant-centre Loïc Rémy et très loin de son poste plus reculé de la saison dernière où il s’épuisait en courses et travail défensif, « el comandante » a été le meilleur olympien face à Sochaux.
Judicieux dans ses déplacements, à l’affût des appels de Rémy, passeur inspiré pour son avant-centre (3 et 23) ou André Ayew (35), et au-dessus du lot techniquement – comme sur un enchaînement de deux coups du sombrero en deuxième période – l’Argentin a surtout marqué un but superbe d’une volée du gauche, modèle de timing et d’équilibre : « Lucho, c’est la classe », comme disait Stéphane Mbia la semaine dernière. Déjà double passeur décisif lors du trophée des champions face à Lille (5-4), Lucho semble donc parti pour une saison d’un autre calibre que la précédente et plus proche de sa première à l’OM, quand il avait été décisif dans l’obtention du titre de champion.
Dans ces conditions, un départ du joueur le plus cher de l’histoire de l’OM (18 millions d’euros) est-il vraiment envisageable ?
En juin, Malaga était intéressé, mais le club espagnol ne voulait pas aller au-delà de 6 millions d’euros, très insuffisant pour Marseille, qui pourrait se mettre sur la piste d’un attaquant supplémentaire en cas de départ de l’Argentin.
Les pistes les plus sérieuses se situent en fait en Italie, notamment à la Roma. Mais « les choses n’ont pas bougé, on attend des nouvelles de ses agents », explique-t-on à la direction du club provençal.
Pragmatique, l’entraîneur Didier Deschamps continue en tout cas à aligner un joueur qu’il a lui-même choisi et qu’il a toujours défendu.
« À partir du moment où je le fais jouer, je ne me pose pas de question. Je sais ce qu’il peut faire, il aime le foot et je n’ai pas changé d’avis après ce que j’ai vu ce soir (samedi), bien au contraire », a-t-il déclaré après le match.
« Je ne veux pas parler encore de ce cas, sinon cela va être un débat permanent. Il est là, je l’utilise », a-t-il tranché. Quant à son nouveau coéquipier Alou Diarra, il ne s’y trompe pas. Lucho « est très important dans notre système », explique l’international. « L’avoir avec nous, c’est un point fort. »

