Mouammar Kadhafi a durement réprimé l’opposition islamiste pendant ses 41 années au pouvoir, poussant cette dernière à s’allier avec les mouvements plus libéraux et pro-occidentaux qui tentent de le renverser. Mais dans une apparente tentative d’affaiblir les insurgés, Seif el-Islam affirme au New York Times qu’un retournement d’alliances sera annoncé dans les prochains jours. « Les libéraux devront fuir ou être tués », assène le fils Kadhafi au journal américain. « Nous allons travailler ensemble (avec les islamistes). La Libye va ressembler à l’Arabie saoudite, à l’Iran. Et alors ? » demande-t-il de manière provocatrice. « Je sais que ce sont des terroristes. Ils sont sanguinaires. Ils ne sont pas gentils. Mais il faut les accepter. » Le régime de Tripoli accuse régulièrement el-Qaëda d’être à l’origine du soulèvement en Libye. Seif el-Islam affirme dans son interview qu’il discute avec Ali Sallabi, qu’il décrit comme le « vrai chef » de la rébellion et le « guide spirituel » des islamistes libyens.
Or, M. Sallabi a démenti hier avoir conclu un pacte avec la famille du dirigeant libyen, estimant qu’il s’agissait d’ « un mensonge pour ébranler les rangs de la nation ». M. Sallabi a confirmé s’être entretenu avec Seif el- Islam mais pour réclamer le départ de Mouammar Kadhafi. Et d’ajouter : « Nous sommes pour le multipartisme et la justice. Nous n’excluons personne et nous croyons au droit des Libyens à un État démocratique, à des partis et à l’alternance du pouvoir. » « Les libéraux sont une partie de la Libye », déclare-t-il. « Je crois en leur droit à présenter leur projet politique et à essayer de convaincre les gens. » « Nous entretenons des relations fortes avec les laïcs. Nous nous trouvons dans la même tranchée », a encore dit le chef islamiste. Il a par ailleurs condamné l’assassinat du commandant militaire du Conseil national de transition (CNT), le général Abdel Fattah Younès, mort dans des circonstances opaques, et nié toute implication des islamistes dans le meurtre, tout en accusant « la cinquième colonne du régime de Kadhafi » d’en être responsable. M. Younès, ancien ministre de l’Intérieur du colonel Kadhafi, dont il était un vieux compagnon d’armes avant sa défection, avait gardé de nombreux ennemis chez les opposants, notamment dans les milieux islamistes.
Paris retire le Charles-de-Gaulle
Sur le terrain, la France a annoncé hier le retrait des opérations de l’OTAN en Libye de son porte-avions, le Charles-de-Gaulle, contraint de rentrer à son port d’attache pour maintenance, mais elle a affirmé qu’elle ne faiblirait pas dans son effort de guerre. Il s’agit du plus gros navire de guerre participant aux opérations militaires en Libye. Il a à son bord des avions-bombardiers Rafale et Super-Étendard, ainsi que des avions de surveillance aérienne Hawkeye.
Parallèlement, les rebelles ont réussi à détourner un pétrolier gouvernemental libyen, qui a fait son entrée hier matin dans le port de Benghazi, fief du CNT dans l’est de la Libye. Le pétrolier appartient à la société d’État libyenne General National Maritime Transport, qui serait contrôlée par un des fils de Mouammar Kadhafi, Hannibal. Selon le Petroleum Economist, une lettre d’informations de l’industrie pétrolière, le Cartagena a été saisi par des Libyens qui ont agi indépendamment du CNT. Les rebelles libyens avaient déjà détourné en mars un autre pétrolier appartenant à une compagnie publique libyenne.
(Source : agences)


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